
(ABC Bourse) - Après des mois de disette, les compteurs repartent à la hausse. Selon la Banque de France, 10,7 milliards d’euros de crédits immobiliers ont été accordés en février 2025, hors renégociations. C’est non seulement plus qu’en janvier (9,9 milliards), mais surtout bien au-dessus du creux historique de février 2024 (6,9 milliards). Depuis mai 2023, seule la parenthèse de décembre 2024 avait affiché de meilleurs chiffres.
Cette embellie intervient alors que le marché du crédit semblait à l’arrêt l’an dernier, retombant à son plus bas niveau depuis 2014. Désormais, un vent de reprise souffle timidement. La moyenne des taux d’intérêt hors frais s’est stabilisée à 3,27 %, et les taux tous frais compris pour un prêt de 20 ans ou plus atteignent 3,98 % au premier trimestre. Des conditions qui, sans être idéales, sont moins dissuasives que lors du pic début 2024.
Pourquoi les crédits repartent à la hausse malgré des prix toujours élevés
Les signaux d’un rééquilibrage se multiplient, mais l’équation reste complexe pour les acheteurs. Pour un crédit de 100.000 euros sur 20 ans, il faut désormais tabler sur 45.000 euros de coût de crédit, en comptant les intérêts cumulés. Cette charge reste lourde, surtout dans un contexte où les prix de l’immobilier n’ont que faiblement reculé. La baisse tant attendue n’a pas encore suffi à compenser la flambée des taux initiée début 2022.
Ce désalignement entre le coût de l’emprunt et la valeur des biens freine encore de nombreux projets. Malgré cela, les établissements bancaires semblent avoir retrouvé une certaine appétence au financement. L’offre repart, les dossiers se débloquent, et les emprunteurs reprennent confiance.
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François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ne cache pas son optimisme prudent : « Il y a beaucoup de signes positifs aujourd’hui pour les acteurs du crédit immobilier, notamment avec la baisse des taux par la BCE », déclarait-il début mars sur Radio Classique.
Une reprise fragile mais encouragée par des perspectives plus favorables
Même si le rebond reste modeste, les professionnels de l’immobilier y voient un signal clair : le marché du crédit reprend vie. Février 2025 n’est peut-être qu’un jalon, mais il rappelle que l’accès à la propriété pourrait redevenir envisageable pour certains ménages.
Le mouvement pourrait s’amplifier dans les mois à venir, soutenu par la détente progressive de la politique monétaire européenne. Si la BCE poursuit sa stratégie de baisse des taux, le coût des emprunts devrait continuer à reculer doucement. Cela pourrait inciter les candidats à l’achat à se positionner, même si les conditions restent encore éloignées de celles de la période 2018-2021, époque bénie des taux ultra-bas.
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