Accueil / Marchés / Cotation Cac 40 / Actus Cac 40

Cac 40

Bourse France PX1 - FR0003500008
7 810,46 -0,46%
Actualité publiée le 17/04/25 10:09

Tensions commerciales, euro en hausse, récession en vue… Vers une nouvelle baisse des taux ce jeudi

(ABC Bourse) - Ce jeudi, la Banque centrale européenne devrait abaisser son taux de dépôt de 25 points de base, le ramenant à 2,25 %. Un geste symbolique, mais surtout stratégique : derrière cette décision attendue se cache un changement profond de posture. Car à Francfort, l’urgence n’est plus de contenir l’inflation, mais bien d’éviter une récession qui menace sérieusement la zone euro.

La dernière salve de données économiques a clairement rebattu les cartes. La croissance s’effrite, l’euro s’envole, les tensions commerciales s’intensifient, et la désinflation semble en bonne voie. À la tête de la BCE, Christine Lagarde et ses gouverneurs doivent désormais faire preuve de doigté : alléger la politique monétaire sans déclencher un emballement des anticipations ou une panique sur les marchés obligataires.

Pourquoi la BCE bascule vers une politique plus accommodante

L’objectif officiel de la BCE de ramener l’inflation à 2 % paraît désormais atteignable. Mieux : selon les dernières projections, l’indice des prix pourrait même passer sous ce seuil dès 2026. Cela donne à la BCE la marge nécessaire pour desserrer l’étau monétaire, en particulier après un cycle inédit de hausses rapides entre 2022 et 2024.

Mais c’est surtout la dégradation du PIB dans les prévisions de la BCE qui explique ce basculement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les menaces sur les exportations européennes, causées par les hausses de droits de douane imposées par Donald Trump, font planer l’ombre d’une récession. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, chiffre déjà la perte potentielle à un quart de point de croissance pour la zone euro.

Une baisse de taux dès cette semaine… et après ?

Les marchés ne s’y trompent pas : le scénario d’une baisse de taux dès cette semaine est désormais intégré dans les cours. Mais le vrai suspense concerne la suite. Jusqu’où la BCE est-elle prête à aller ? Certaines analyses évoquent un taux terminal aussi bas que 1,25 %, un scénario jugé trop pessimiste par plusieurs économistes, mais qui souligne l’ampleur du retournement en cours.

Lire aussi : Crédit immobilier, les taux baissent : qui peut renégocier son prêt et combien économiser ?

La fourchette « neutre », estimée entre 1,75 % et 2,25 %, devient le nouveau repère. Plus question de parler d’une politique « restrictive ». Les mots comptent : le Conseil des gouverneurs pourrait abandonner cette terminologie, et opter pour un discours plus nuancé, en soulignant sa dépendance aux données et la flexibilité de son action.

L’euro, de son côté, continue de grimper : il s’échange à 1,1373 dollar, son plus haut niveau depuis trois ans. Cette hausse freine mécaniquement l’inflation via le prix des matières premières importées, notamment les hydrocarbures. Mais elle menace aussi la compétitivité des entreprises européennes, déjà fragilisées par la chute de la demande mondiale.

Ce cocktail, désinflation, guerre commerciale, appréciation de l’euro, pousse la BCE à revoir en profondeur sa stratégie. Et cette inflexion monétaire pourrait bien s’intensifier si la dynamique économique ne s’améliore pas dans les prochains mois.

Les conséquences concrètes pour l’économie européenne

Derrière ce virage monétaire, ce sont des millions d’entreprises et de ménages qui attendent des signaux clairs. Une baisse de taux devrait alléger le coût du crédit, stimuler l’investissement et soutenir la consommation. Mais à court terme, l’impact dépendra de la transmission effective de cette politique dans les circuits financiers.

Les analystes de Barclays restent prudents : « Les risques de récession ont augmenté de manière significative depuis avril. Les effets des relances budgétaires, notamment en Allemagne, ne se feront sentir qu’en 2026 », écrivent-ils. Autrement dit, il faudra tenir bon encore plusieurs trimestres avant d’espérer un rebond solide.

Face à cette conjoncture instable, la BCE marche sur une ligne de crête. Trop de précipitation pourrait affaiblir sa crédibilité. Trop d’attentisme risquerait d’aggraver le ralentissement. Dans les couloirs feutrés de Francfort, chaque mot, chaque décision, est désormais scrutée à la loupe.

© AbcBourse.com. Tous droits réservés

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le avec vos amis avec les boutons ci-dessous.

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

VLuWbEwDiKrwTTEo35eTxLlHtngkMwc5xmTnCuMLk1ImRiMVFoUxFWBtW6_2dy59