(ABC Bourse) - François Bayrou engage la France sur un virage budgétaire majeur : hausse d’impôts pour les plus riches, gel des prestations, et suppression du 8 mai et du lundi de Pâques. Objectif : 43,8 milliards d’économies.

C’est un pari à double tranchant. Ce mardi 15 juillet à Matignon, François Bayrou a présenté les grandes lignes du budget 2026, dans une conférence de presse où chaque mot pèse politiquement. Face à une dette publique record et une exigence de réduction du déficit à 4,6 % du PIB l’an prochain, le Premier ministre a révélé une série de mesures drastiques : gel des barèmes, efforts demandés aux retraités aisés, mais surtout, la suppression de deux jours fériés le 8 mai et le lundi de Pâques.
Pourquoi deux jours fériés vont disparaître
« Toute la nation doit produire et travailler plus », a justifié François Bayrou en évoquant la suppression du 8 mai et du lundi de Pâques. Ces deux jours seront désormais travaillés, sans majoration salariale ni récupération, ce qui devrait rapporter plusieurs milliards d’euros à l’État. Le dispositif s’inspire de la journée de solidarité instaurée en 2004 sur le lundi de Pentecôte, qui génère chaque année environ 3,5 milliards d’euros.
Selon les projections gouvernementales, chaque jour férié travaillé pourrait rapporter entre 2 et 4 milliards d’euros, une contribution décisive dans le plan de redressement des finances publiques. Bayrou a toutefois laissé la porte ouverte à d'autres options, soulignant que cette décision pourrait évoluer selon les discussions à venir avec les partenaires sociaux.
Budget 2026 : une équation à 43,8 milliards d’économies
Le gouvernement vise 43,8 milliards d’euros d’économies, un objectif encore plus ambitieux que les 40 milliards initialement évoqués. La raison ? Une enveloppe de 3,5 milliards d’euros supplémentaire allouée à la Défense en 2026, comme l’a confirmé Emmanuel Macron le 13 juillet. D’autres hausses suivront : +3 milliards en 2027.
Voici les principales mesures annoncées :
• Suppression du 8 mai et du lundi de Pâques comme jours fériés
• Gel complet des prestations sociales, pensions et barèmes fiscaux (année blanche) : économie estimée à 7 milliards
• Réduction de 3 000 postes dans la fonction publique
• Contribution exceptionnelle des retraités aux revenus élevés
• Hausse des impôts pour les foyers les plus riches
• Création d’une nouvelle “contribution de solidarité”
• Renforcement des contrôles d’arrêts maladie, jugés non justifiés dans 50 % des cas
• Lutte accrue contre la fraude sociale et fiscale
Ce plan repose aussi sur un gel quasi total des dépenses publiques, à l’exception des budgets de la dette et des armées.
Bayrou fragilisé, l’automne sous tension
Cette annonce pourrait coûter cher politiquement au Premier ministre. Dans son entourage, certains redoutent une « mise à mort politique » dès l’automne, si les mesures venaient à cristalliser trop d’oppositions. L’accueil des syndicats s’annonce glacial, et les critiques montent déjà du côté de l’opposition.
Jean‑Philippe Tanguy (RN) parle de « toujours les mêmes erreurs », tandis qu’Éric Coquerel (LFI) accuse Bayrou de « cibler les classes populaires au profit des plus riches ». Les concertations avec les partenaires sociaux s’annoncent décisives, notamment sur la nouvelle journée de solidarité et les réformes fiscales.
Bayrou recevra les présidents de groupes parlementaires dès ce soir. Un projet de loi pourrait être présenté à l’automne. La suite du calendrier budgétaire sera cruciale, tout comme le soutien de l’Élysée.
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