(ABC Bourse) - L’économie japonaise marque un coup d’arrêt brutal : au troisième trimestre 2025, le PIB recule et oblige le gouvernement à passer à la vitesse supérieure pour relancer la machine.

L’économie du Japon a enregistré une contraction inattendue au troisième trimestre : le produit intérieur brut (PIB) recule de 0,4 % en rythme trimestriel (‑1,8 % en rythme annualisé) par rapport au trimestre précédent. C’est la première fois en six trimestres que la quatrième économie mondiale affiche un tel recul. Face à ce coup de frein, la Première ministre Sanae Takaichi s’apprête à muscler un vaste plan de relance économique. Le recul s’explique notamment par une chute des exportations japonaises vers les États‑Unis, un recul des investissements résidentiels et une consommation privée qui stagne.
Pourquoi le PIB japonais est‑il en baisse au T3 2025 ?
Le recul de l’activité s’explique par plusieurs facteurs conjoncturels. D’abord, les exportations japonaises subissent un durcissement des droits de douane américains : bien que l’accord commercial ait fixé un tarif de base à 15 %, les expéditions vers les États‑Unis plongent de 13,3 % en glissement annuel pour le Japon. Selon les données officielles, les exportations totales ont reculé de 0,1 % en août sur un an, ce qui constitue leur quatrième mois de recul consécutif.
Ensuite, l’investissement résidentiel s’est effondré de 9,4 % par rapport au trimestre précédent : « C’est l’un des principaux facteurs de cette contraction : la chute de 9,4 % des investissements résidentiels par rapport au trimestre précédent, reflétant l’impact des modifications du code du bâtiment introduites en avril, qui ont divisé par deux les mises en chantier », explique l’analyste Marcel Thieliant de Capital Economics. Enfin, la consommation privée, qui représente plus de la moitié du PIB japonais, ne progresse que de 0,1 % au troisième trimestre, freinée par des prix élevés de l’énergie et de l’alimentation.
Quel est l’impact pour le gouvernement et la politique économique ?
Face à ce coup d’arrêt, le gouvernement Takaichi joue la carte du soutien budgétaire. La ministre des Finances Satsuki Katayama a déclaré que le montant du plan de relance serait « nettement supérieur » à 17 000 milliards de yens (soit environ 95 milliards d’euros). Ce plan, qui devrait être approuvé prochainement, vise à soutenir les ménages, relancer la consommation, et investir dans des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle ou les semi‑conducteurs.
Sur le front monétaire, la situation fragilise les perspectives d’une hausse immédiate des taux par la Bank of Japan (BoJ). Comme le rappelle un économiste du Credit Agricole : « il serait erroné pour la BoJ de décider de relever les taux d’intérêt en décembre ». Les tensions persistantes à l’exportation, la consommation faible et l’investissement résidentiel bloqué laissent à penser que la banque centrale privilégiera un chemin plus prudent.
© AbcBourse.com. Tous droits réservés
