(ABC Bourse) - Le groupe minier Eramet encaisse un choc brutal en Bourse. Après des résultats 2025 marqués par une lourde perte et un cash-flow très négatif, le titre dévisse de plus de 20 %. Une augmentation de capital n’est plus exclue.

Le décrochage est brutal. Ce jeudi 19 février 2026, l’action Eramet dévisse de plus de 20 % dès ses premières cotations, après une courte réservation à la baisse. Un plongeon d’une ampleur inédite depuis octobre 2022, voire décembre 2018. En quelques minutes, le titre efface le reste de progression accumulé depuis le début de l’année et affiche désormais un recul d’environ 15 % sur 2026.
Surtout, l’action évolue à 45 % de son pic annuel inscrit le 26 janvier à 88,20 euros. Cette sanction intervient après la publication de comptes annuels particulièrement dégradés, dans un contexte sectoriel jugé très défavorable.
Nouvelle présidente-directrice générale du groupe, Christel Bories reconnaît la gravité de la situation : "Le contexte macroéconomique défavorable et un bas de cycle des matières premières conjugué à la baisse du dollar ont pesé sur la rentabilité et la génération de cash du groupe, tandis que notre performance opérationnelle n'a pas été partout à la hauteur de nos objectifs".
Pour 2025, le chiffre d’affaires recule de 7 % à 3,15 milliards d’euros. L’Ebitda ajusté est divisé par plus de moitié, à 372 millions d’euros. Le résultat net plonge à -477 millions d’euros, contre un bénéfice de 14 millions en 2024. Hors SLN, la filiale calédonienne qui ne contribue plus aux performances économiques, la perte atteint 370 millions d’euros.
Le cash-flow se révèle lui aussi très négatif, à -723 millions d’euros après -669 millions l’année précédente. En données ajustées, il ressort à -481 millions contre -308 millions. À fin décembre, la dette nette dépasse 1,9 milliard d’euros, à comparer à 711 millions un an plus tôt et à 1,5 milliard d’euros de capitaux propres.
Dette, waiver bancaire et possible augmentation de capital pour Eramet
Cette dégradation financière place le groupe sous forte tension. Les analystes du cabinet Portzamparc soulignent : "La mauvaise surprise découle directement de cette situation, décryptent les analystes du cabinet Portzamparc, car si nous comprenons qu'Eramet a obtenu un waiver de covenants de la part de ses partenaires bancaires, celui-ci a été arraché au prix d'une revue stratégique des actifs devant mener à des opérations de cession(s) totale(s) et/ou partielle(s) en 2026, mais surtout d'un financement Equity de 500 millions d'euros (contre une capitalisation boursière de 1.737 millions d'euros au close d'hier soir). Si les modalités de ce financement ne sont pas arrêtées (augmentation de capital ou instrument(s) de quasi-fonds propres), il transparaît que les actionnaires historiques longtemps ‘hostiles' à une augmentation de capital seraient finalement enclins à réviser leur position…".
En clair, le groupe devra engager une revue stratégique susceptible d’aboutir à des cessions d’actifs dès cette année. Un financement en fonds propres de 500 millions d’euros est également évoqué, dans un contexte où la capitalisation boursière atteignait 1,737 milliard d’euros à la clôture de la veille.
Pour préserver ses liquidités, Eramet maintient l’accès à des facilités de crédit revolving pour 935 millions d’euros. Ce montant a été entièrement tiré en début d’année, précise le groupe, "à titre de précaution". Un nouveau waiver sera demandé pour 2026 et le recours au marché obligataire reste envisagé si les conditions s’y prêtent.
Le groupe, actionnaire minoritaire indirect de Weda Bay Nickel en Indonésie, se retrouve ainsi à un moment charnière, entre pression des marchés, contraintes bancaires et nécessité de restaurer sa capacité à générer du cash.
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