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Actualité publiée le 10/03/26 07:52

Renault dévoile sa stratégie 2030, 36 nouveaux modèles et une offensive massive dans l'électrique

(ABC Bourse) - Renault a dévoilé ce mardi 10 mars 2026 son nouveau plan stratégique "futuREady". Le constructeur veut rester solidement ancré en Europe, accélérer dans l'électrique et lancer 36 nouveaux modèles d'ici à 2030.

 

François Provost, Directeur Général Renault

Renault remet le cap sur 2030 avec une promesse claire : rester européen jusqu'au bout du châssis, tout en faisant du véhicule électrique le cœur de sa prochaine étape. Présenté mardi 10 mars 2026, le nouveau plan stratégique "futuREady" doit guider le développement industriel, technologique et commercial du groupe au losange dans un marché automobile devenu plus nerveux, plus logiciel et plus concurrentiel.

Le constructeur, propriétaire des marques Renault, Dacia et Alpine, veut prolonger la dynamique enclenchée avec "Renaulution", sa feuille de route lancée en 2021. Cette première séquence s'est traduite par 32 nouveaux modèles en cinq ans et par un recentrage sur la création de valeur. Cette fois, l'ambition affichée va plus loin : produire en Europe, vendre davantage de véhicules électrifiés, améliorer la rentabilité et s'appuyer sur de nouveaux partenariats industriels.

Renault veut grandir en Europe et lancer 36 nouveaux modèles d'ici à 2030

Dans le communiqué relayant ce plan, François Provost, directeur général de Renault, résume l'objectif du groupe : "Devenir le constructeur européen de référence, c'est se fixer l'ambition de développer et produire en Europe des produits au meilleur niveau en termes de désirabilité, de technologies et de compétitivité". Il ajoute : "Dans un environnement plus compétitif que jamais, cela suppose de savoir conjuguer performance et innovation avec résilience et robustesse".

Sur le plan financier, Renault vise une hausse moyenne de son chiffre d'affaires comprise entre 4% et 6% par an entre 2026 et 2030. En 2025, les revenus du groupe ont progressé de 3% par rapport à 2024, à 57,92 milliards d'euros. Le constructeur prévoit aussi de maintenir sa marge opérationnelle entre 5% et 7% du chiffre d'affaires et de dégager un flux de trésorerie opérationnelle de l'automobile d'au moins 1,5 milliard d'euros par an en moyenne sur la durée du plan.

Les derniers chiffres servent de point d'appui à cette trajectoire. En 2025, la marge opérationnelle de Renault s'est établie à 3,63 milliards d'euros, soit 6,3% des ventes. Le flux de trésorerie opérationnelle de l'automobile est ressorti à 1,47 milliard d'euros. Le groupe part donc d'un niveau déjà solide, même si la concurrence internationale se durcit.

Le pilier "growth ready" concentre l'essentiel de l'offensive commerciale. Renault prévoit de lancer 22 nouveaux véhicules en Europe d'ici à 2030, dont 16 électriques, ainsi que 14 autres hors du continent, pour un total de 36 nouveaux modèles. Le constructeur entend couvrir 55% du marché automobile mondial, tout en laissant de côté les Etats-Unis, le Canada et la Chine. Il préfère concentrer ses efforts sur trois relais de croissance jugés plus porteurs : l'Amérique du Sud, l'Inde et la Corée du Sud. Au total, le marché visé représente environ 50 millions de véhicules par an.

Chaque marque du groupe reçoit sa feuille de route. Renault prévoit 12 nouveaux modèles en Europe et 14 à l'international, avec un objectif de plus de deux millions de véhicules vendus par an. Dacia doit continuer à miser sur des véhicules à coût maîtrisé et renforcer sa présence sur le segment C, celui des berlines et des SUV de grande taille. D'ici à 2030, les deux tiers de ses ventes devront reposer sur des modèles électrifiés. Alpine, de son côté, doit élargir sa gamme avec une nouvelle génération de l'A110 et s'appuyer sur les A290 et A390 pour aller chercher de nouveaux clients. Renault veut aussi pousser les services liés à ses véhicules avec un objectif de fidélisation de 80% sur un cycle de dix ans.

Nouvelle plateforme électrique, logiciel et partenaires : la colonne vertébrale de "futuREady"

Le deuxième pilier, "tech ready", met l'accent sur la future base technique du groupe. Renault annonce le développement d'une nouvelle plateforme de production de véhicules électriques, baptisée RGEV Medium 2.0, destinée aux modèles des segments C. Cette architecture doit permettre d'atteindre jusqu'à 750 kilomètres d'autonomie selon la norme WLTP, et jusqu'à 1.400 kilomètres pour des modèles électrifiés équipés d'un prolongateur d'autonomie. Développée principalement en France, elle doit aussi réduire d'environ 40% le coût des véhicules électriques par rapport à la génération actuelle.

Cette plateforme intégrera une architecture électrique de 800 volts, deux typologies de chimies de batterie et une architecture électronique centralisée de type Software Defined Vehicle, c'est-à-dire un véhicule conçu autour du logiciel. Renault précise que le système d'exploitation embarqué est développé en coopération avec Google. Le groupe prévoit d'ailleurs de devenir dès cette année, avec l'utilitaire Trafic E-Tech, le premier constructeur automobile européen à commercialiser un SDV sur le Vieux Continent.

Avec "excellence ready", Renault veut serrer les boulons sur les coûts, la vitesse de développement et l'efficacité industrielle pour tenir le rythme face aux constructeurs chinois. Le programme "Leap 100", déjà utilisé pour concevoir Twingo E-Tech, doit être étendu à tous les futurs modèles. L'objectif est de réduire de moitié les délais de développement des véhicules. Le groupe veut aussi baisser ses coûts variables d'environ 400 euros par véhicule et par an en moyenne.

Dans les usines, l'utilisation plus poussée des données industrielles et des outils d'intelligence artificielle doit permettre de réduire de moitié les interruptions de production, de diminuer la consommation d'énergie d'environ 25% et d'abaisser les coûts de production d'environ 20%. Dans la chaîne logistique, Renault vise aussi une réduction d'environ 30% de ses coûts.

Le dernier pilier, "trust ready", repose sur les partenaires industriels. L'alliance avec Nissan et Mitsubishi reste un axe central. En Europe, Renault met en avant l'intérêt de Volvo Trucks et Ford pour ses technologies et ses capacités industrielles. A l'international, l'Inde doit devenir un centre de production et d'approvisionnement destiné aux marchés locaux comme mondiaux. En Corée du Sud et en Amérique du Sud, le groupe continuera de s'appuyer sur Geely. A l'horizon 2030, Renault prévoit ainsi d'assembler plus de 300.000 véhicules par an pour cinq partenaires industriels répartis sur trois continents.

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