
(Agefi-Dow Jones)--L'action du spécialiste de la robotique civile et militaire Exail Technologies bondit mercredi à la Bourse de Paris, alors que le groupe tricolore pourrait se retrouver en première ligne en cas d'opérations de déminage du détroit d'Ormuz.
Selon la chaîne américaine CNN, qui cite des sources au sein des services de renseignement américains, l'Iran a commencé à poser des mines dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitaient 20% de la consommation mondiale de pétrole avant le déclenchement de l'offensive israélo-américaine il y a douze jours. Selon ces sources, le nombre de mines reste pour l'heure limité mais Téhéran dispose des moyens de piéger entièrement la zone et de bloquer durablement le commerce mondial de brut, s'il le décide.
"Dans ce cas de figure, cela pourrait avoir un fort impact indirect sur l'offre d'Exail, qui deviendrait subitement hautement stratégique pour un ensemble de pays avec lesquels le groupe travaille déjà (Émirats arabes unis, Qatar...)", souligne Julien Thomas, analyste chez TP Icap Midcap.
L'ex-Groupe Gorgé réalise environ 50% de son chiffre d'affaires dans la conception et la construction de drones sous-marins antimines, selon l'analyste, et dispose d'un carnet de commandes de plus de 1.000 drones autonomes.
"Si jamais les pays du Golfe étaient en charge du nettoyage du détroit, cela pourrait accélérer les phases II de plusieurs programmes de déminage déjà signés auprès du groupe, ainsi que générer de nouvelles commandes de consommables KSTER ou de DriX pour assurer la surveillance de la zone. Par ailleurs, de nouveaux pays tels qu'Oman, le Qatar ou le Koweït pourraient se tourner vers la solution d'Exail", indique Julien Thomas.
L'analyste avait relevé lundi son objectif de cours sur le titre de 116 à 128 euros afin de prendre en compte cette hypothèse. L'action Exail Technologies, qui s'est déjà envolée de 350% en un an, prenait encore 4,1% mercredi en fin de matinée, à 133 euros.
"Bien sûr, il est aussi possible que l'US Navy ou le programme BENL, sous l'égide de l'Otan, soient chargés de cette mission", précise Julien Thomas. L'armée américaine dispose de sa propre technologie de déminage mais cette dernière est plus coûteuse que celle d'Exail, selon l'analyste.
Dans un message posté sur son réseau Truth Social, le président américain, Donald Trump, a ordonné mardi à l'Iran de retirer immédiatement les mines du détroit d'Ormuz, le cas échéant. Donald Trump a toutefois indiqué n'avoir aucune confirmation de la présence de mines.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
