
North Atlantic Energies repasse dans le vert opérationnel au S1 2026 malgré une perte nette
North Atlantic Energies a publié ses résultats consolidés du premier semestre 2026, marqués par un résultat opérationnel redevenu positif à 214 millions d’euros et un EBITDA ajusté de 178 millions d’euros, tandis que le groupe affiche encore une perte nette de 30 millions d’euros, pénalisée par un résultat financier fortement négatif.
Le raffineur indépendant, propriétaire de la raffinerie de Gravenchon en Normandie, met en avant une hausse de 28% du pétrole brut traité à 4,8 millions de tonnes sur la période, dans un environnement décrit comme très volatil, avec un effet direct sur les coûts de portage des inventaires et la réévaluation de la dette associée.
« Au cours du premier semestre 2026, nos équipes ont mené avec succès le grand arrêt pour maintenance programmée d’une partie de notre raffinerie de Gravenchon, en Normandie, dans un contexte de transformation accélérée de notre organisation et de nos processus. Nous avons réalisé une très bonne performance opérationnelle avec une hausse de notre production et de notre EBITDA ajusté, qui reflète la création de valeur du groupe.
En revanche, nous avons évolué dans un environnement géopolitique particulièrement tendu, marqué par une contraction de l’offre en provenance du Moyen-Orient, une forte volatilité des marchés, des structures de prix atypiques, et une baisse de la demande. Compte tenu de notre modèle de raffineur indépendant, cela a particulièrement affecté notre résultat net avec un surcoût financier important.
Dans ce contexte exigeant, North Atlantic Energies a confirmé son rôle de partenaire de confiance de ses clients et d’acteur essentiel de la souveraineté industrielle française. Cette reconnaissance s’est notamment traduite par l’autorisation accordée par les autorités d’augmenter de 10 % la production de gazole et de kérosène de notre raffinerie afin de contribuer à la sécurité d’approvisionnement du marché national. »
Activité : hausse du brut traité, baisse des volumes vendus en France
Au premier semestre 2026, North Atlantic Energies a traité 4,8 millions de tonnes de pétrole brut, contre 3,7 millions de tonnes un an plus tôt. Le groupe précise que cette progression intervient malgré un grand arrêt de maintenance programmé, avec des arrêts d’unités à compter du 3 mars et un redémarrage progressif à partir du 11 avril 2026.
Les ventes totales de produits raffinés s’établissent à 7.174 milliers de m3, contre 7.596 milliers de m3 au premier semestre 2025, soit une baisse de 6%. Les ventes en France reculent à 4.631 milliers de m3, après 5.895 milliers de m3 un an plus tôt, soit une baisse de 21,4%, dans « un marché en baisse de 5,3 % sur les 5 premiers mois de 2026 » selon le Comité Professionnel du Pétrole cité par l’entreprise. Le groupe attribue ce repli à « la baisse des volumes sous contrat dans le sud de la France » et à « une érosion des parts de marché dans une situation concurrentielle accrue ».
Le chiffre d’affaires atteint 5.884 millions d’euros au premier semestre 2026, contre 5.844 millions d’euros au premier semestre 2025, soit une hausse de 1%, « reflétant principalement la hausse des cours malgré la baisse des volumes vendus ».
Résultats : EBITDA ajusté en hausse, surcoût financier et perte nette
Le résultat opérationnel ressort en profit de 214 millions d’euros au premier semestre 2026, après prise en compte d’effets stocks positifs de 148 millions d’euros. À titre de comparaison, le premier semestre 2025 affichait une perte opérationnelle de 158 millions d’euros, avec des effets stocks négatifs de 123 millions d’euros.
L’EBITDA publié atteint 313 millions d’euros, contre (62) millions d’euros un an plus tôt. Les effets stocks s’élèvent à 148 millions d’euros (contre (123) millions d’euros), et les autres éléments d’ajustement à (13) millions d’euros (contre (21) millions d’euros). L’EBITDA ajusté s’établit à 178 millions d’euros, contre 82 millions d’euros au premier semestre 2025, soit une amélioration de 96 millions d’euros.
Le groupe indique avoir comptabilisé, « en application de la norme IAS36 », une dépréciation d’actifs de 77 millions d’euros, liée « principalement » à l’impact sur les besoins de financement de la révision « à la hausse des hypothèses de prix du baril à long terme à 75 dollars », dans un contexte où « la base d'actifs à tester est en hausse de 36 M€ ».
Le résultat financier plonge à (267) millions d’euros, contre 39 millions d’euros au premier semestre 2025. Il comprend 33 millions d’euros de dividendes perçus de sociétés non consolidées, des frais financiers de 119 millions d’euros liés au portage des inventaires et une charge de 181 millions d’euros au titre de la réévaluation à la juste valeur du contrat de portage des inventaires, « reflétant la hausse des cours entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026 ». L’entreprise précise que ce montant est « à mettre en regard de l’effet stock positif de 148 M€ observé sur le semestre » et que les frais financiers intègrent aussi des coûts de couverture facturés par l’établissement bancaire, en hausse « dans les conditions de volatilité observées sur les marchés depuis le début du conflit au Moyen Orient ».
Après impôts courants et différés de 23 millions d’euros (contre 34 millions d’euros un an plus tôt), le résultat net part du groupe ressort à (30) millions d’euros, contre (85) millions d’euros au premier semestre 2025.
Bilan, environnement de marché et projet d’OPA simplifiée
Au 30 juin 2026, les capitaux propres s’établissent à 724 millions d’euros, contre 746 millions d’euros au 31 décembre 2025. L’endettement financier net atteint 690 millions d’euros, contre 623 millions d’euros fin 2025. Les engagements de retraite non préfinancés s’élèvent à 268 millions d’euros.
Sur l’environnement économique, le prix du Brent a atteint en moyenne 91,7 dollars par baril au premier semestre 2026, contre 71,9 dollars au premier semestre 2025 (source DGEC). La parité euro-dollar s’est établie en moyenne à 1,17 dollar pour 1 euro, contre 1,09 dollar pour 1 euro un an plus tôt. L’indicateur de marge brute de raffinage carburants et combustibles publié par la Direction Générale de l’Énergie et du Climat s’est établi en moyenne à 104 euros par tonne, contre 41 euros par tonne au premier semestre 2025.
North Atlantic Energies rappelle aussi l’existence d’un projet d’offre publique d’achat simplifiée sur ses actions. North Atlantic France, après avoir acquis en 2025 auprès d’ExxonMobil France Holding SAS l’intégralité de la participation d’ExxonMobil dans North Atlantic Energies représentant 82,89% du capital et des droits de vote, a indiqué son intention de déposer un projet d’offre sur les actions restantes, « sans solliciter la mise en œuvre d'un retrait obligatoire dans le cadre de l’Offre ». Le conseil d’administration a désigné Ledouble SAS comme expert indépendant, dont « les travaux [...] sont toujours en cours ».
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