
(ABC Bourse) - Le gouvernement du Portugal a officiellement retenu Air France-KLM et Lufthansa pour poursuivre le processus de privatisation de TAP Air Portugal. Les deux géants européens disposent désormais de trois mois pour soumettre des offres contraignantes afin de prendre une participation pouvant atteindre 49,9 % du capital.
Derrière cette décision annoncée jeudi à l’issue d’un conseil des ministres, Lisbonne joue gros. Renflouée à hauteur de 3,2 milliards d’euros pendant la crise du Covid-19, la compagnie cherche aujourd’hui un partenaire solide pour accélérer son développement. Comme l’a souligné le ministre des Finances Joaquim Miranda Sarmento, "Deux des trois plus grandes compagnies aériennes européennes sont en lice, ce qui montre la capacité d'attraction de l'entreprise, mais aussi du pays".
Une privatisation de TAP Air Portugal sous haute tension
Le processus s’accélère après une première phase marquée par des offres non contraignantes déposées début avril auprès de Parpublica. Seuls Air France-KLM et Lufthansa avaient répondu à l’appel, alors que le groupe IAG, pourtant intéressé, s’est finalement retiré.
Les candidats doivent désormais affiner leur proposition. L’État portugais envisage de céder jusqu’à 49,9 % du capital, avec une part de 5 % réservée aux salariés. Un calendrier précis est déjà fixé : les offres sont attendues dans un délai de trois mois, pour une décision finale envisagée entre fin août et début septembre, selon le ministre des Infrastructures Miguel Pinto Luz.
Air France-KLM et Lufthansa misent sur Lisbonne et le Brésil
Si l’intérêt des deux groupes est si marqué, c’est que TAP Air Portugal occupe une position stratégique. Lisbonne s’impose comme une porte d’entrée majeure vers l’Amérique du Sud, en particulier le Brésil, un marché clé pour les liaisons long-courriers.
Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 1,2 % à 4,3 milliards d’euros, porté par les ventes de billets et la maintenance, la compagnie a vu son bénéfice net chuter de plus de 92 % en un an, pour atteindre 4,1 millions d’euros. Une baisse que l’entreprise attribue en grande partie à un effet fiscal.
Avec environ 7.700 salariés, dont 1.200 pilotes, et une flotte d’une centaine d’avions Airbus, TAP reste un acteur incontournable du transport aérien européen. Le choix du futur partenaire pourrait redéfinir l’équilibre du secteur sur le continent.
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