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Actualité publiée le 03/10/24 10:47

Retraites : pourquoi la hausse tant attendue est repoussée de six mois

(ABC Bourse) - Les retraités devront prendre leur mal en patience. La traditionnelle revalorisation des retraites de base, prévue chaque année au 1er janvier, ne sera finalement appliquée qu'au 1er juillet 2025, soit un retard de six mois. Une mesure qui va directement impacter les portefeuilles de millions de retraités, et qui s'inscrit dans un plan gouvernemental pour réaliser des économies significatives sur le budget de l'État.

Une technique déjà éprouvée

Ce report n’est pas une première en soi. Le gouvernement a déjà utilisé cette méthode pour repousser les revalorisations par le passé, dans le but de contenir les dépenses publiques. En effet, avant 2009, les pensions étaient revalorisées chaque 1er janvier. Puis, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la date de revalorisation a été déplacée au 1er avril. François Hollande, en 2014, a repoussé cette date encore plus loin, au 1er octobre. Emmanuel Macron, quant à lui, a également fait usage de cette technique en décalant la hausse de 2018 au 1er janvier 2019.

Cette décision de décaler une nouvelle fois la hausse des retraites permettra au gouvernement de réaliser des économies considérables. Bien que le montant précis de ces économies ne soit pas encore confirmé par Bercy, les estimations initiales suggèrent un gain de plusieurs milliards d’euros. À titre de comparaison, le report de trois mois en 2018 avait permis d'économiser environ 380 millions d'euros. Pour 2025, avec une hausse prévue autour de 1,8 %, les économies devraient être encore plus conséquentes.

Un report qui fait grincer des dents

Si le gouvernement justifie cette décision comme un effort nécessaire pour redresser les finances publiques, elle n'est pas sans conséquences pour les retraités. En effet, le coût de la vie continue d'augmenter avec une inflation persistante, et ce décalage de six mois représente un manque à gagner non négligeable pour les bénéficiaires de pensions. Bercy assure que la hausse suivra l’inflation, estimée à 1,8 %, mais cela n’entrera en vigueur qu’à partir de juillet 2025.

Seule consolation pour certains retraités : ce report ne concerne que les retraites de base. Du côté des complémentaires, comme l'Agirc-Arrco, aucune modification du calendrier n’a été annoncée. Les 13 millions de retraités du privé peuvent donc s’attendre à une revalorisation à partir du 1er novembre 2024, bien que celle-ci devrait être modérée, estimée entre 1,5 % et 1,9 %.

Les précédents reports et leurs impacts

Il est important de noter que l'impact des reports passés a été significatif. En 2018, aucune revalorisation n’avait été appliquée, les retraités devant patienter jusqu'en janvier 2019. Cette stratégie, bien qu'efficace pour le gouvernement, n’est pas sans provoquer des mécontentements croissants chez les retraités, qui voient leurs revenus diminuer en termes réels face à une inflation galopante.

Pour conclure, ce nouveau report marque un ralentissement des hausses de pensions, qui, au cours des 18 mois à venir, n'auront lieu qu’à deux reprises, au lieu de trois sur la même période comme en 2022-2023. Le gouvernement devra désormais gérer les réactions des syndicats et des retraités, qui pourraient bien ne pas rester silencieux face à ces ajustements budgétaires. 

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