
(ABC Bourse) - Dans le luxe, il suffit parfois d’un bijou très bien vendu pour faire oublier un marché qui cale. Richemont, propriétaire de Cartier, Van Cleef & Arpels, IWC ou Piaget, a publié ce vendredi 22 mai 2026 des ventes trimestrielles supérieures aux attentes, malgré un net ralentissement au Moyen-Orient.
Sur les trois mois clos fin mars, le groupe suisse a réalisé 5,40 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 13 % à taux de change constants. Les analystes tablaient plutôt sur 5,30 milliards d’euros. La demande aux États-Unis et en Asie a permis d’absorber la baisse de 3 % enregistrée au Moyen-Orient, une région qui pèse environ 8 % des ventes de Richemont.
Richemont a dépassé les attentes au quatrième trimestre grâce à la vigueur de Cartier, de Van Cleef & Arpels et de ses grandes maisons de joaillerie. Mais le recul au Moyen-Orient rappelle que le luxe reste exposé aux tensions géopolitiques.
Richemont dépasse les attentes grâce à Cartier et à l’Asie
Le moteur du trimestre reste la joaillerie. Les Maisons Jewellery de Richemont, qui regroupent Buccellati, Cartier, Van Cleef & Arpels et Vhernier, ont continué de tirer les ventes du groupe. Sur l’ensemble de l’exercice clos le 31 mars 2026, leurs ventes ont atteint 16,5 milliards d’euros, en hausse de 14 % à taux de change constants.
Cette dynamique a aussi soutenu les résultats annuels. Richemont a publié un chiffre d’affaires de 22,4 milliards d’euros sur l’exercice, en hausse de 11 % à taux de change constants et de 5 % en données publiées. Le bénéfice annuel atteint 3,5 milliards d’euros, contre 2,8 milliards un an plus tôt.
Dans le détail régional, l’Asie a joué un rôle clé au quatrième trimestre. Les ventes y ont progressé de 14 %, portées par Hong Kong et la Corée du Sud. Le Japon a aussi affiché une forte croissance de 28 % à taux de change constants. Une bouffée d’air bienvenue pour un secteur encore prudent après plusieurs années compliquées en Chine.
Le Moyen-Orient freine Richemont, mais le groupe garde son cap
Le contraste vient du Moyen-Orient. Après une croissance de 20 % au trimestre précédent, les ventes y ont reculé de 3 % au quatrième trimestre. Pour Richemont, la zone compte davantage que pour certains concurrents, puisqu’elle représente autour de 8 % de son activité.
Johann Rupert, président de Richemont, a clairement signalé que la prudence restait de mise : "L’incertitude devrait probablement persister, notamment en ce qui concerne l’évolution de la situation au Moyen-Orient".
Malgré ce frein, le groupe conserve une position financière solide. Sa trésorerie nette ressort à 8,5 milliards d’euros à fin mars 2026. Le conseil propose aussi un dividende ordinaire de 3,30 francs suisses par action A, accompagné d’un dividende spécial de 1 franc suisse.
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