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Actualité publiée le 03/07/26 17:40

Téléphonie, Teams, mobile : Antony Derbes alerte sur les nouveaux risques MiFID

(ABC Bourse) - La conformité MiFID ne se joue plus uniquement dans les salles de marché. Téléphone fixe, mobile, Microsoft Teams, Zoom et plateformes collaboratives ont profondément transformé les échanges professionnels des établissements financiers, créant de nouvelles zones de vulnérabilité. Antony Derbes, Président d’Open Lake Technology, alerte sur un basculement majeur : le principal risque n’est plus seulement réglementaire, il est désormais technique.

Dans une tribune consacrée à ces évolutions, il explique pourquoi les directions des systèmes d’information se retrouvent en première ligne pour démontrer la conformité des communications face aux régulateurs. À mesure que les usages numériques se multiplient, les architectures héritées peinent à suivre, exposant les institutions financières à des angles morts inattendus.

Une architecture empilée qui fragilise la conformité

Pendant longtemps, la conformité MiFID était « un sujet relativement circonscrit ». Les obligations d’enregistrement concernaient essentiellement les salles de marché. Cette approche appartient désormais au passé.

« Aujourd'hui, les échanges professionnels se déroulent partout : sur téléphone fixe, téléphone mobile, Microsoft Teams, Zoom, ou encore via des plateformes de communication unifiée qui se sont imposées dans le quotidien des collaborateurs. Les usages ont évolué beaucoup plus vite que les architectures qui étaient censées les encadrer. »

Au fil des années, les établissements ont superposé les outils. Téléphonie fixe, smartphones professionnels, solutions collaboratives accélérées par le télétravail, puis couches successives d’outils d’enregistrement pour répondre aux exigences réglementaires. « Chaque nouvelle couche répondait à un besoin immédiat. Aucune n'a réellement été pensée en cohérence avec les précédentes. »

Cette accumulation a produit des environnements hétérogènes, mêlant fournisseurs multiples, contrats distincts et cycles de maintenance indépendants. Une complexité souvent invisible jusqu’au moment où l’établissement doit prouver que l’ensemble fonctionne sans rupture.

Le DSI, garant de la preuve face au régulateur

La directive MiFID II impose aux entreprises d'investissement de prendre toutes les mesures raisonnables afin d'enregistrer les communications pertinentes réalisées dans le cadre de leurs activités professionnelles. Sur le principe, la règle paraît claire. Dans les faits, « son application est devenue beaucoup plus délicate ».

Chaque nouveau canal autorisé crée un périmètre supplémentaire à contrôler. « Autrement dit, la conformité d'hier n'est pas automatiquement celle d'aujourd'hui. » Un outil d’enregistrement installé il y a plusieurs années peut continuer à fonctionner sans que sa compatibilité avec les nouvelles versions logicielles, les nouveaux terminaux ou les usages mobiles ne soit réellement vérifiée.

Historiquement pilotée par le RCCI, la conformité implique désormais directement la DSI. Lorsqu’un régulateur exige la reconstitution d’une piste d’audit complète, l’établissement doit démontrer que chaque communication pertinente, quel que soit le canal utilisé, a été captée, conservée et peut être restituée. « Le DSI ne fournit plus uniquement des outils. Il devient l'un des acteurs de la capacité de l'établissement à apporter cette preuve. »

Antony Derbes invite ainsi les responsables informatiques à s’interroger concrètement : un conseiller qui poursuit une conversation client sur son mobile bénéficie-t-il du même niveau d’enregistrement que depuis son poste fixe ? Les outils déployés offrent-ils une couverture homogène ? Une mise à jour logicielle déclenche-t-elle une vérification immédiate de la continuité d’enregistrement ?

Selon lui, « La conformité ne peut plus être une succession de surcouches ». À mesure que l’intelligence artificielle conversationnelle et les nouveaux environnements collaboratifs transforment les échanges, la conformité devient un enjeu d’architecture à part entière. Elle ne peut plus être ajoutée a posteriori, mais intégrée au cœur même des infrastructures numériques des établissements financiers.

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