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Actualité publiée le 02/09/26 15:43

Uber va licencier 10 % de ses effectifs, 3 300 emplois supprimés dans le monde

(ABC Bourse) - Uber va supprimer 3 300 emplois, soit 10 % de ses effectifs mondiaux. Le géant américain des VTC engage ainsi sa plus importante vague de licenciements depuis la pandémie de COVID-19, dans un marché où la progression des robotaxis commence à rebattre les cartes.

L'entreprise, qui comptait environ 34 000 salariés dans le monde à la fin de l'année dernière, a annoncé cette réorganisation mercredi 2 septembre 2026. Son objectif : réduire les niveaux hiérarchiques, regrouper certaines équipes et dégager des économies pour investir dans ses activités stratégiques, alors que Waymo et Tesla avancent dans les véhicules autonomes.

Uber taille dans ses effectifs et réduit les niveaux hiérarchiques

Dara Khosrowshahi ne présente pas l'intelligence artificielle comme la cause de ces licenciements. Le directeur général pointe plutôt la complexité accumulée par Uber au fil de sa croissance, devenue selon lui un frein à la prise de décision. Le mouvement tranche avec d'autres suppressions d'emplois dans la tech cette année, alors que le site layoffs.fyi en recense plus de 123 000 dans près de 390 entreprises.

"Une organisation allégée se traduira par une répartition plus claire des responsabilités, des décisions plus rapides et davantage de temps consacré à la création plutôt qu’à la coordination. Elle permettra également de réaliser des économies que nous avons l’intention de réinvestir dans la croissance, l’innovation et les capacités qui compteront le plus au cours des prochaines années", a déclaré Dara Khosrowshahi dans une note adressée aux salariés.

La réorganisation va toucher directement la structure interne du groupe. Uber prévoit de réduire de 20 % le nombre d'employés situés à sept niveaux hiérarchiques ou davantage sous le directeur général. Le nombre d'équipes comptant seulement un ou deux subordonnés directs doit, lui, être réduit de près de moitié. Certaines équipes seront regroupées et une plus grande partie des salariés sera concentrée autour de pôles clés.

Le travail à distance subira lui aussi un sérieux coup de rabot. Les emplois entièrement à distance seront limités à environ 1 % des effectifs, tandis qu'Uber conservera sa règle imposant trois jours de présence au bureau.

Uber mise plus de 10 milliards de dollars sur les robotaxis

Derrière cette réorganisation se profile un autre bouleversement pour Uber : la montée en puissance des véhicules autonomes. Waymo, présenté comme le plus grand opérateur américain de robotaxis, exploite déjà ses véhicules via l'application Uber à Austin et Atlanta. L'entreprise développe aussi son activité sur de nouveaux marchés sans passer par Uber. Tesla mise elle aussi fortement sur cette technologie.

Cette concurrence nourrit les inquiétudes autour du modèle d'Uber. Une flotte toujours plus importante de voitures sans conducteur pourrait réduire le rôle de l'entreprise comme intermédiaire entre véhicules et passagers. Le groupe entend défendre sa place en investissant plus de 10 milliards de dollars dans les robotaxis au cours des prochaines années, avec l'ambition de devenir une plateforme majeure pour les trajets sans conducteur.

"À mesure que la technologie des véhicules autonomes et les partenariats se développent et prennent de l’ampleur, ce type d’activité nécessite un profil d’employé différent de celui d’une entreprise articulée autour de chauffeurs humains et de tous les coûts de service que cela implique, y compris les niveaux hiérarchiques", a déclaré Adam Ballantyne, analyste chez Cambiar Investors, actionnaire d'Uber.

Les marchés ont accueilli l'annonce avec une hausse de plus de 2 % de l'action Uber avant l'ouverture de la Bourse. Le titre restait pourtant en baisse de près de 8 % depuis le début de l'année, sur fond d'inquiétudes concernant la concurrence.

Pour Uber, cette vague de 3 300 suppressions de postes est la plus importante depuis mai 2020. À l'époque, l'effondrement de la demande provoqué par la pandémie de COVID-19 avait conduit l'entreprise à supprimer 6 700 emplois, soit près d'un quart de ses effectifs.

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