
La Bourse de New York a clôturé en net repli mercredi après l'annonce d'une inflation plus élevée que prévu aux Etats-Unis. Le S&P 500 et le Nasdaq ont essuyé leur plus forte baisse depuis le mois de juillet sous l'effet des inquiétudes au sujet de la valorisation des champions de l'IA.
L'indice Dow Jones a cédé 0,1%, à 51.621,48 points, et le S&P 500 s'est replié de 1,1%, à 7.718,94 points. Le Nasdaq Composite a chuté de 1,9%, à 26.692,87 points. Du côté des géants des semi-conducteurs, l'action Intel a perdu 4,6%, AMD a abandonné 5,7% et Nvidia a concédé 3,2%.
L'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,7% au cours des 12 derniers mois, selon les chiffres publiés mercredi. Cette hausse est supérieure à celle de 3,4% mesurée à fin août, ainsi qu'au consensus des économistes, qui était de 3,6%. L'inflation de base, qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, a également dépassé les attentes et s'établit à 2,6% sur un an à fin septembre.
Sur le marché obligataire, les taux se sont initialement tendus en réaction à cette publication. Mais ce mouvement s'est inversé à mesure que Wall Street s'enfonçait dans le rouge, certains investisseurs se repliant sur les placements sans risque.
Après s'être approché des 5,32% en séance, le rendement de l'emprunt américain à 10 ans perdait 2 points de base dans la soirée, à 5,20%. Le taux du titre à 2 ans, plus sensible aux variations de politique monétaire, s'est également éloigné de ses points hauts mais gagnait toujours 2 points de base, à 4,82%.
La persistance d'une inflation élevée conduit les investisseurs à réévaluer les chances d'un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) dès la fin octobre. Selon l'outil FedWatch du CME, la probabilité d'une hausse des taux d'un quart de point en octobre est à présent estimée à 33% sur les marchés à terme, contre seulement 22% mardi.
En deuxième partie de séance, les investisseurs ont également pris connaissance du Livre beige de la Fed, son rapport sur l'état de l'économie américaine destinée à préparer la prochaine réunion de politique monétaire. La croissance s'est poursuivie à un rythme léger à modéré dans la plupart des régions américaines ces dernières semaines, tandis que les pressions sur les prix se sont accrues dans certains districts de la banque centrale, a indiqué la Fed.
Alors que l'inflation reste supérieure à l'objectif des 2% par an, les responsables de la Fed cherchent à évaluer la capacité des entreprises à répercuter la hausse de leurs coûts sur les consommateurs. Le Livre beige indique que les marges bénéficiaires des détaillants s'étaient réduites, leurs clients continuant de résister aux hausses de prix.
La publication des résultats des banques américaines continue par ailleurs d'animer la cote. Bank of America (-4,8%) a dévoilé une performance décevante et le groupe a écopé d'une amende de 1,2 milliard de dollars aux Etats-Unis pour des manquements à ses obligations de lutte contre le blanchiment. L'action Morgan Stanley a reculé de 2,8% malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.
Le plus important gestionnaire d'actifs mondial, BlackRock (+0,7%), a présenté des résultats meilleurs que prévu.
Sur le marché pétrolier, les cours progressent à la suite des affrontements entre l'Arabie saoudite et les rebelles yéménites houthis. Des frappes ont également visé des pétroliers autour du détroit d'Ormuz. Le contrat de novembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex a fini en hausse de 1%, à 95,09 dollars le baril.
Sur le marché des changes, l'indice DXY, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de devises, gagnait 0,3%, à 102,52 points.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
