
La Bourse de New York peine à s'orienter vendredi, à l'issue d'une semaine marquée par les inquiétudes au sujet de l'endettement du secteur de l'intelligence artificielle (IA) dans un contexte de taux élevés.
L'indice Dow Jones prenait 0,4% en début de séance, à 52.361 points, mais le S&P 500 cédait 0,1%, à 7.735 points. Le Nasdaq Composite perdait 0,7%, à 26.624 points.
L'indice phare des valeurs technologiques s'achemine vers un recul de plus de 3% sur l'ensemble de la semaine, alors que les préoccupations sont montées d'un cran au sujet du financement et de la rentabilité des fournisseurs d'infrastructures pour l'IA, tels que les fabricants de puces.
Après son rebond de la veille, CoreWeave perdait près de 8% en début de séance. Malgré les déclarations jeudi du patron de Nvidia, Jensen Huang, sur la solidité financière de son partenaire, les investisseurs restent préoccupés par la capacité de la société d'informatique dématérialisée (cloud) à financer ses gigantesques investissements dans les centres de données alors que le coût de sa dette obligataire explose.
Ces craintes autour de l'IA ont provoqué cette semaine une fuite vers la qualité sur les marchés, malgré l'annonce d'une accélération de l'inflation aux Etats-Unis en septembre, susceptible d'éroder les rendements. "Les doutes quant à la capacité des investissements liés à l'intelligence artificielle à générer des rendements suffisamment rapidement pour assurer le service d'une dette croissante ont stimulé la demande d'obligations d'Etat", ce qui a pesé sur les taux du marché et sur le dollar, souligne dans une note le stratégiste d'Exness Christophe Tahir.
Vers 16h20, le taux de l'obligation du Trésor américain à dix ans gagnait 2 points de base, à 5,09%, tandis que celui de l'emprunt à 2 ans cédait 1 point de base, à 4,73%.
Cette semaine, la probabilité d'un statu quo sur les taux de la part de la Réserve fédérale (Fed) lors de sa prochaine réunion à la fin octobre a encore augmenté, à plus de 85%, selon l'outil FedWatch du CME. Lors d'un forum à Bangkok, en Thaïlande, vendredi, le président de la Fed, Kevin Warsh, ne s'est pas prononcé sur le sujet. "Je ne crois pas qu'il faille dévoiler dès maintenant ce que je pourrais décider lors des réunions qui auront lieu d'ici à la fin de l'année", a-t-il déclaré.
"Les banquiers centraux américains ont dans l'ensemble signalé récemment qu'ils attendaient d'avoir davantage de clarté sur la situation" avant de modifier les taux, souligne Christopher Tahir.
Principal indicateur du jour, la production industrielle américaine a enregistré une croissance plus forte que prévu en septembre, avec un gain de 0,7% sur un mois, a indiqué la Fed. La production manufacturier s'inscrit pour sa part en hausse de 0,3%.
Sur le marché pétrolier, les cours s'inscrivent en léger repli, dans un contexte d'incertitude toujours élevée au sujet de l'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient en raison des attaques contre des navires dans le golfe Persique et de l'escalade du conflit entre les houthis du Yémen et l'Arabie saoudite. Le contrat de novembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex reculait de 0,4%, à 97,59 dollars le baril.
Sur le marché des changes, l'indice DXY, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier de devises, perdait 0,4%, à 101,63 points.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
