L’action Bouygues a reculé de plus de 25 % depuis son sommet de début avril et son plus bas de fin octobre sous les 40 euros. Depuis juin, les investisseurs s’inquiètent surtout du coût de la reprise de SFR, menée avec Orange et Free sur la base d’une valeur d’entreprise de 20,35 milliards d’euros et pour laquelle Bouygues Telecom prévoit 3,5 à 4 milliards d’euros de frais d’intégration.
Les comptes publiés le 5 novembre ont toutefois légèrement dépassé les attentes, avec un résultat opérationnel courant des activités de 1,86 milliard d’euros sur neuf mois et une marge en hausse de 0,2 point, à 4,5 %. Le chiffre d’affaires reste stable à périmètre et change constants, à 41,6 milliards d’euros. Le groupe relève son objectif annuel et vise désormais une légère hausse de sa rentabilité opérationnelle, portée par Equans et Bouygues Construction.
Le résultat net a en revanche plongé de 55 %, à 306 millions d’euros, après une dépréciation de 569 millions d’euros sur TF1, qui n’a pas d’effet sur la trésorerie mais confirme les difficultés du marché publicitaire à la télévision. Bouygues Telecom voit son excédent brut d’exploitation reculer de 0,5 % sous la pression sur les prix. Colas et Bouygues Immobilier, pénalisés par une demande française atone, sont aussi en retrait.
Après avoir rebondi sur le seuil des 40 euros, le titre a buté sur la résistance des 43,80 euros le jour des résultats avant de reculer. La moyenne mobile à 20 jours s’est redressée sous les cours et le RSI, à 55, est sorti de la zone basse. Les volumes ont légèrement progressé lors de la publication, sans excès.
Valorisé autour de 12 fois les bénéfices attendus, avec un rendement proche de 5 %, Bouygues subit encore la décote de conglomérat liée à l’incertitude sur SFR. La tendance technique en amélioration redonne cependant une vision plus optimiste du dossier.
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