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Les banques françaises ont un effet de levier de 30 : le risque de faillite est permanent

Par Charles Dereeper, le 21/05/2010

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Voulez vous savoir pourquoi la France est lourdement intervenue pour sauver la Grèce ? Planquée derrière un pompeux plan de sauvetage de l'euro qui ne coûtera rien aux contribuables français, la réalité est tout autre.

BNP PARIBAS, SOCIETE GENERALE, CREDIT AGRICOLE... ces trois banques regroupent des dizaines de millions de clients en France. Dire qu'elles sont gérées est un grand mot... Disons qu'elles fonctionnent avec un niveau de risque supérieur à de très nombreux hedge funds, vous savez, les très méchants organismes qui abritent les supers vilains traders, 100% responsables de la crise...

Prenons les chiffres dans le détail, car mon entourage me regarde d'un air suspect quand j'en parle.

BNP a un total de dettes de 1940 milliards d'euros. Ses capitaux propres sont de 60 milliards environ. L'effet de levier est de 32. Il suffit de 3% de défauts de paiement avec aucun espoir de recouvrement pour que la BNP soit en faillite... super solide l'édifice, vous ne trouvez pas ?

SOC GEN a un total de dettes de 1054 milliards d'euros à comparer avec des capitaux propres de 43 milliards d'euros. L'effet de levier est de 24.

Le CREDIT AGRICOLE a 1620 milliards d'euros pour 53 milliards d'euros de capitaux propres et un effet de levier de 30.

L'engagement des banques françaises en Grèce est selon la BRI de 79 milliards.

En temps normal, la Grèce aurait du être mise en faillite. Les créanciers auraient du être sanctionnés pour leur erreur d'appréciation du risque. Du coup, les banques françaises auraient presque fait faillite. Ils auraient fallu les nationaliser et les recapitaliser.

Au lieu de cela, les fonctionnaires et politiciens français ont orchestré le vol de l'argent public, une constante depuis 30 ans, en prenant dans le pot commun pour garantir les erreurs de la Grèce et lui permettre de rembourser ses créanciers.

En langage basique : on a volé un gros paquet d'argent aux français pour le donner aux actionnaires des banques françaises qui auraient du normalement tout perdre.

Je ne sais pas quelle est la meilleure solution, mais le message lui est clair : les élites voleront la masse jusqu'au dernier sou pour sauvegarder leur jouet qui crache de l'argent fictif. Si vous ne cautionnez pas, comme moi, cette manière de procéder, cela ne sert plus à rien de voter. Il faut changer de pays et arrêter de contribuer avec votre force de travail et l'argent de vos impôts au maintien de ce système mafieux en place. Celui-ci ne peut avoir lieu que pour une seule raison : la grande majorité des habitants n'y comprend presque rien et n'est donc pas en mesure d'argumenter et de râler comme il faut. Il est totalement inadmissible que la BCE et toutes les autres formes de pouvoir laissent les banques françaises ou Deutsche Bank en Allemagne avec un effet de levier de 30.

Le plus risible, c'est que les hommes politiques expliquent qu'une législation européenne est en cours d'adoption pour mieux contrôler les hedge funds. Une fois qu'elle sera passée, tout ira mieux. Je l'ai vu dans la bouche de ministres français récemment. Ou alors, ils nous disent que l'union monétaire est possible sans l'union économique et budgétaire... Cela revient à dire qu'il y a égalité entre le peuple allemand, très travailleur, structuré et performant et les glandeurs latins... En fait, permettre l'ajustement entre les nations revient à admettre publiquement que les francais, les espagnols, les grecs ou les italiens sont inférieurs aux allemands. Ce serait une sacrée brèche dans le dogme SOLIDARITE et EGALITE...

Cela me rappelle le gouvernement de l'Allemagne de l'Est dans les mois précédents la tombée du mur de Berlin. L'aveuglement était tellement énorme qu'on se demandait comment il pouvait exister.

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