Longtemps considéré comme une valeur défensive de grande qualité, EssilorLuxottica démontre qu'il est également capable de maintenir un rythme de croissance soutenu grâce à son positionnement unique, qui combine verres correcteurs, montures, distribution et innovations dans les lunettes connectées. Le groupe bénéficie de tendances structurelles favorables, portées par le vieillissement de la population, la progression des troubles de la vision et l'essor des technologies embarquées.
Les résultats semestriels publiés le 28 juillet confirment cette dynamique. Le chiffre d'affaires a progressé de 9,7 % à taux de change constants pour atteindre 14,8 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net a bondi de 12,9 % à 1,57 milliard d'euros. Le résultat opérationnel ajusté s'est établi à 2,75 milliards d'euros, au-dessus des attentes du marché, avec une marge portée à 18,9 % à taux de change constants. Le cash-flow libre continue lui aussi de progresser, illustrant la capacité du groupe à transformer sa croissance en génération de trésorerie.
Le deuxième trimestre marque toutefois un léger ralentissement de la croissance organique, à 8,7 % contre plus de 10 % attendu par les analystes. Cette modération intervient néanmoins après plusieurs trimestres exceptionnels et ne remet pas en cause la trajectoire de fond. Les lunettes intelligentes demeurent l'un des principaux moteurs de développement, avec un chiffre d'affaires ayant quasiment doublé sur ce segment au deuxième trimestre.
La direction a d'ailleurs confirmé l'ensemble de ses objectifs de long terme, visant une croissance durable du chiffre d'affaires et du résultat opérationnel. Les principaux défis restent liés aux effets de change, à la capacité de maintenir un rythme d'innovation élevé dans les lunettes connectées et à préserver des marges déjà proches de leurs plus hauts niveaux.
Au final, avec une valorisation autour de 22 fois les profits attendus cette année, le groupe parait à son prix dans l'ambiance actuelle. Techniquement, le titre a revenu tester son support des 162 euros dans le sillage de sa publication semestrielle. A ce stade on ne peut pas trouver de signal acheteur alors que les prises de bénéfices dominent et que le support nous apparait fragile. On restera à l'écart dans l'attente d'une tendance plus affirmée.
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