Pernod Ricard continue de traverser une phase délicate. Le groupe a publié fin août un chiffre d’affaires annuel 2025/26 de 9,4 milliards d’euros, en recul organique de 3,9 %, tandis que le résultat opérationnel courant a baissé de 5,2 %. La faiblesse persistante des États-Unis et de la Chine reste le principal frein, même si la tendance s’est améliorée au second semestre, avec un recul organique limité à 1,3 %. Hors États-Unis et Chine, l’activité a même progressé de 0,5 %.
Le nouvel exercice devrait rester sans véritable moteur de croissance. Pernod Ricard table sur un chiffre d’affaires organique globalement stable en 2026/27, avec toujours des reculs attendus aux États-Unis et en Chine, compensés notamment par la vigueur de l’Inde et du reste du monde. Le groupe mise surtout sur son programme d’économies de 1 milliard d’euros et sur une stricte maîtrise des coûts pour préserver sa marge. Le dividende proposé reste stable à 4,70 euros par action.
La chute du titre a toutefois fortement comprimé sa valorisation. Autour de 59 euros, Pernod Ricard se négocie sur la base d’environ 11 fois les bénéfices attendus en 2027, contre près de 13,5 fois pour Diageo et plus de 24 fois pour Rémy Cointreau. La décote est donc devenue significative, mais elle traduit également des anticipations de croissance particulièrement faibles.
Techniquement, le graphique reste nettement dégradé. Le titre évolue dans un canal baissier et revient tester l’importante zone de support des 58,60 euros, l'ultime niveau de soutien sur le dossier. Le RSI proche de 32 traduit une situation presque survendue sans encore délivrer de signal clair de retournement.
Une rupture durable de 58,60 euros ouvrirait la voie vers la borne basse du canal, autour de 55 euros. À l’inverse, la préservation de ce support pourrait provoquer un rebond technique, mais il faudrait désormais reconquérir la zone des 64-65 euros, puis sortir du canal baissier, pour commencer à inverser la tendance. Il est cependant prématuré de se précipiter à l'achat alors que la tendance baissière reste lourde et ne montre pour l'instant aucune velléité de s'arrêter.
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