il faudrait que la baisse s' accentue pour montrer le mécontentement général lié à la rentabilité de ce "placement" si on peut parler de placement ... de même il faudrait que les actionnaires aient le courage de liquider leur portefeuille/PEA pour extérioriser le ras de bol accumulé depuis des années et des années, marre des coups de boutoir répétés ...
(ABC Bourse) - Pour la première fois depuis 2015, le Livret A a enregistré une décollecte nette. Malgré ses 57 millions de détenteurs, le placement préféré des Français perd du terrain face à une concurrence mieux rémunérée.

En 2025, les Français ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé sur leurs Livrets A : une décollecte nette de 2,12 milliards d’euros, comme l’a révélé jeudi la Caisse des dépôts. Ce phénomène ne s’était pas produit depuis 2015, alors même que le Livret A reste l’un des placements les plus massivement détenus en France, avec 57 millions de titulaires et près de 450 milliards d’euros.
Cette situation s’explique par un enchaînement de baisses de taux : de 3 % en début d’année à 1,7 % en août, avant une nouvelle chute annoncée à 1,5 % dès février. En parallèle, d’autres produits d’épargne comme les fonds euros de l’assurance vie offrent un rendement moyen de 2,65 %, bien qu’ils soient soumis à une fiscalité pouvant atteindre 30 %. Pour Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d’épargne de la Caisse des dépôts, "C'est un retour de balancier qui est tout à fait logique", après plusieurs années de collecte exceptionnelle durant la pandémie.
Taux en baisse, assurance vie en hausse
Ce retournement marque la fin d’un cycle favorable entamé en 2020, au moment où la crise sanitaire poussait les Français à épargner massivement. Avec près d’un euro sur cinq encore mis de côté selon l’Insee, la capacité d’épargne des ménages reste élevée, mais les arbitrages changent. Le taux du Livret A, en recul constant, ne fait plus le poids face à des placements bancaires plus attractifs, même si fiscalement moins avantageux.
La concurrence est féroce. L’assurance vie aurait enregistré une collecte nette de 50 milliards d’euros en 2025. De quoi illustrer un vrai changement de cap chez les épargnants, d’autant que les établissements bancaires eux-mêmes ne font plus la promotion active du Livret A, jugé peu rentable pour leurs intérêts.
Marc Campi, associé du cabinet Square Management, estime que la baisse à venir du taux à 1,5 % "ne devrait pas permettre d'inverser la tendance". L’érosion progressive du rendement, conjuguée à une communication institutionnelle favorisant les placements financiers destinés à soutenir les entreprises, réduit mécaniquement l’attrait du petit livret rouge.
LDDS et LEP, autres victimes collatérales
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), proche cousin du Livret A, a légèrement mieux résisté avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. En cumul, les deux produits atteignent 615,2 milliards d’euros à la fin décembre, pour un total de 12,64 milliards d’euros d’intérêts versés en 2025.
Mais le Livret d’épargne populaire (LEP), pourtant affiché comme la meilleure solution pour les ménages modestes, a lui aussi connu une décollecte nette de 840 millions d’euros. Un paradoxe, quand on sait que son taux va grimper à 2,5 % dès février. En cause, la radiation massive des titulaires dont les revenus ont dépassé les seuils d’éligibilité. Aujourd’hui, seuls 12 millions de Français possèdent un LEP, contre 31 millions de personnes potentiellement concernées. Un écart que reconnaît la CDC, dont le directeur financier Stéphane Magnan admet : "Les chiffres d'ouvertures de LEP sont un peu décevants".