La Banque de France recommande de le fixer à 1,5 %, contre 1,7 % actuellement, sur fond de ralentissement de l’inflation et de nouvelle donne monétaire.

Le placement préféré des Français est sur le point de connaître un nouveau tournant. La Banque de France propose de fixer le taux du Livret A à 1,5 %, contre 1,7 % jusqu’ici, avec une application prévue au 1er février. Une décision très attendue par les épargnants, alors que 57 millions de Français détiennent un Livret A.
Cette proposition découle du calcul réglementaire opéré par la Banque de France, une fois connues les données définitives de l’inflation de décembre, publiées ce jeudi matin par l’Insee. Le ministre de l’Économie dispose toutefois de la possibilité d’avaliser ou non cette recommandation du gouverneur.
Un taux du Livret A tiré vers le bas par la formule de calcul
Dès la veille, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait préparé les esprits. Sur France Inter, il a évoqué une baisse "légère" du rendement, tout en assurant qu’il resterait "significativement supérieur" à l’inflation, retombée à 0,8 % sur un an lors du dernier pointage.
Plusieurs économistes anticipaient ainsi un taux autour de 1,4 %, bien loin des 3 % encore appliqués en janvier 2025. Le taux du Livret A, également applicable au Livret de développement durable et solidaire, est révisé deux fois par an, en janvier et en juillet, pour une application respectivement au 1er février et au 1er août. Il avait déjà été abaissé en 2023 de 3 % à 2,4 %, puis à 1,7 %.
Cette évolution s’explique par la formule légale de calcul, qui combine deux paramètres. D’un côté, un taux lié à la politique monétaire de la Banque centrale européenne. De l’autre, l’inflation hors tabac du second semestre 2025. Le ralentissement des prix en France, favorable au pouvoir d’achat, pèse mécaniquement sur la rémunération du Livret A.
Assurance-vie, logement social et LEP, les effets de la baisse
Le gouverneur de la Banque de France dispose néanmoins d’un pouvoir de dérogation, qui lui permet d’atténuer ou non la baisse issue de la formule. Cette nouvelle diminution intervient alors que le Livret A traverse une période plus délicate.
En 2025, de nombreux épargnants lui ont préféré l’assurance-vie, dont les rendements se montrent plus stables, voire orientés à la hausse en ce début d’année 2026. À l’inverse, la baisse du taux constitue une bonne nouvelle pour le logement social, dont les conditions de financement sont indexées sur le Livret A, ainsi que pour les banques, qui bénéficient d’un allègement du coût de l’épargne réglementée.
Les autorités devraient en revanche mettre en avant le Livret d’épargne populaire, destiné aux ménages modestes. Actuellement rémunéré à 2,7 %, la Banque de France recommande de le fixer à 2,5 %, un niveau qui resterait supérieur à celui du Livret A.
Roland Lescure a déjà insisté sur la nécessité de préserver l’attractivité de ce produit, encore largement sous-utilisé. Aujourd’hui, 12 millions de LEP sont ouverts, alors que 31 millions de Français y seraient éligibles.
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