Le ministère de la Santé confirme que les "données administratives" de 15 millions de Français ont fuité, au lendemain des révélations de France Télévisions
Les équipes de "L'Œil du 20 heures" de France 2 ont pu consulter une base de données en libre accès, issue d'un piratage d'un logiciel édité par la société Cogedim. Des "données sensibles" de 169 000 patients, comme des maladies graves, l'orientation sexuelle ou religieuse figurent dans la fuite de données.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
Publié le 27/02/2026 12:35
Dans les zones obscures du web, le secret médical est désormais un secret de polichinelle pour des millions de patients. Les "données administratives" telles que le "nom, prénom, numéro de téléphone et/ou adresse postale" de quelque 15 millions de Français ont fait l'objet d'une fuite massive, a annoncé le ministère de la Santé, vendredi 27 janvier, lors d'une cyberattaque fin 2025 qui a visé 1 500 médecins utilisateurs d'un logiciel de la société Cegedim Santé. Cette annonce confirme les révélations de France Télévisions, jeudi, sur la cyberattaque menée fin 2025 contre 1 500 médecins utilisateurs d'un logiciel de la Cegedim Santé.
Les équipes de "L'Œil du 20 heures" de France 2 ont pu consulter une base de données en libre accès, issue d'un piratage d'un logiciel édité par la société Cogedim. Des personnalités politiques de premier plan sont également présentes dans cette base, à l'image de potentiels candidats à l'élection présidentielle, de députés, de hauts fonctionnaires et de responsables de la sécurité nationale.
Des "données sensibles" dans "1% des cas"
Des informations très précises sont accessibles sur l'état de santé des patients concernés par la fuite de données : porteur du "SIDA", "tendance suicidaire grave", ou encore"addictions". Pour 169 000 patients, ces données sont assorties d'annotations libres saisies par les médecins, "dont certaines peuvent être des données sensibles", soit "1% des cas", a précisé le ministère lors d'un point presse organisé vendredi, au lendemain des révélations de France 2 sur cette affaire. Dans les commentaires des médecins figurent effectivement des détails intimes : infidélité conjugale, "fils en prison", victime de "viol" ou "d'inceste", mais également l'orientation sexuelle ou encore religieuse. France 2 a appelé certaines personnes dont les informations ont fuité, et toutes confirment ces données. Contacté par "L'Œil du 20 heures", le hackeur qui dit être à l'origine de ce vol assure n'avoir publié qu'une partie de la base.