Pour apporter un peu d'eau au moulin du mécontentement général - suscité par l'annonce précédente -, voici un article qui concerne la dette, entre autres celle de la France, qui va bien nous réchauffer le cœur ! :
Les taux plombent les marchés boursiers
Publié le 01/10/2026 à 19:06
Paris (awp/afp) - L'envolée mondiale des taux d'intérêt a plombé les Bourses jeudi, nourrie par la hausse des prix du pétrole, le surendettement des Etats en compétition avec les géants de l'IA pour l'accès aux capitaux. Les places européennes, Bourse suisse comprise, ont terminé en fort repli, alors que Wall Street voyait ses trois principaux indices perdre du terrain.
"La hausse des prix de l'énergie et la progression continue des rendements obligataires poussent de plus en plus les investisseurs hors du marché actions", résume Andreas Lipkow de CMC Markets. En ce début octobre, les investisseurs ont en effet toutes les raisons de préférer les rendements des obligations qui battent des records, à celui plus risqué du marché des actions.
Vers 18h00, le taux à dix ans des États-Unis s'établissait à 5,24% après une pointe à 5,34%, un sommet depuis 2002. Autre record depuis 2002, le taux d'emprunt français à dix ans est monté dans la journée jusqu'à 4,96%, avant de redescendre à 4,91% en marge de la présentation du budget 2027 qui met en avant 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" des finances publiques.
Le taux d'emprunt de la dette du Royaume-Uni à 10 ans a grimpé jusqu'à 5,50%, un nouveau plus haut depuis 2007, et celui à 30 ans a dépassé pour la première fois le seuil des 6% depuis 1998. Les taux remontent d'abord face aux risques d'inflation alimentée par la hausse des prix de l'énergie avec la guerre au Moyen-Orient.
Vers 19h00, le Brent accélérait sa hausse et repassait le seuil des 100 dollars le baril (101,32 dollars, +3,28%). Le WTI américain s'échangeait à 92,11 dollars le baril (+1,81%).
"On a vraiment une relation entre le pétrole et les taux français, allemand, américain", selon Bastien Drut, responsable de la stratégie pour CPR Assset Management.
La France sur le grill
"Le deuxième élément, c'est la situation en général dégradée des finances publiques dans les pays développées", ajoute-t-il joint par l'AFP. Les marchés surveillent plus particulièrement la France qui cumule les signaux inquiétants: dette à 119% du PIB, 340 milliards d'emprunts de l'Etat annoncés pour 2027, gouvernement sans majorité parlementaire, campagne électorale qui creuse les clivages sur les questions économiques...
La "signature de la France est solide", a rappelé jeudi le ministre français de l'Économie Roland Lescure. "J'en veux pour preuve l'adjudication qui vient de se terminer ce matin : 12 milliards d'euros d'adjudication, une demande très importante".
Les Bourses subissent malgré la tech
La Bourse de Paris a terminé en nette baisse (-1,62%) comme les autres grands marchés européens malgré la forte progression de Cap Gemini (logiciels et services informatiques +7,38%) profitant des bons résultats d'Accenture aux Etats-Unis. Francfort a également reculé (-1,03%) de même que Londres (-1,68%) malgré la progression de ses deux grandes valeurs pétrolières (BP +1,40% et Shell +0,55%) annulée par le recul de Games Workshop, le célèbre fabricant de figurines (-6,25%).
Milan a également subi une sévère correction (-2,21%) avec un recul des banques et services financiers (Mediolanum -4,30%, Mediobanca -4,23%, Unicredit -4,07%). La Bourse suisse n'a pas non plus échappé à la curée, son indice phare SMI chutant de 1,50%.
Après une ouverture en hausse ou à l'équilibre, les trois indices de Wall évoluaient dans le rouge vers 18h20 (Dow Jones -0,23%, Nasdaq Composite -0,19%, S&P 500 -0,14%). Le Nasdaq avait pourtant été propulsée par un regain d'intérêt pour les valeurs liées à l'IA, après les bons résultats du spécialiste des puces Micron qui a annoncé des prévisions supérieures au consensus des analystes.
"Lorsqu'on regarde les grands indices américains fortement pondérés en valeurs technologiques comme le S&P 500 ou le Nasdaq 100, on n'a pas vraiment l'impression que le marché boursier soit particulièrement faible", poursuit Fawad Razaqzada. Mais "d'autres indices comme le Russell 2000, composé de petites capitalisations, et le Dow Jones commencent à refléter cette faiblesse".
L'euro au plus bas face au dollar
Sur le marché monétaire, l'euro était au plus bas face au dollar depuis près de 18 mois à 1,1229 dollar pour un euro contre 1,133 dollar la veille.
Cela s'explique "parce que les taux montent partout mais en particulier aux Etats-Unis" et "parce que la croissance économique est bien plus forte que prévu" aux Etats-Unis, d'après Bastien Drut.
afp/vj
le gel des pensions au-delà de 1.260 euros et une réduction du plafond de l'abattement fiscal de 10 % pour les retraités va coûter très cher sur le plan électoral pour la macronie et ses alliés.
(ABC Bourse) - Le gouvernement dévoile son projet de budget 2027 avec 43 milliards d'euros de nouvelles mesures de redressement. Retraites, fonctionnaires, prestations sociales, santé et entreprises sont concernés par une copie destinée à ramener le déficit public à 5 % du PIB.

Présenté ce jeudi 1er octobre en Conseil des ministres, le projet de budget 2027 prévoit 43 milliards d'euros de mesures nouvelles pour réduire le déficit public, attendu à 5 % du PIB l'an prochain contre 5,4 % cette année. En comptant les décisions déjà prises et leur montée en puissance, l'effort atteint 54 milliards d'euros.
La tension sur la dette donne le tempo. Les taux français à dix ans se rapprochent de 5 % et la charge des intérêts doit bondir de 12 milliards d'euros en 2027 pour dépasser 91 milliards. "On ne peut pas attendre", a lancé le ministre de l'Economie Roland Lescure. Le gouvernement table dans le même temps sur une croissance de 1 % en 2027.
Budget 2027, retraites et fonctionnaires au coeur des économies
L'Etat doit dégager 9 milliards d'euros d'économies sur ses dépenses, hors défense. Les crédits militaires augmentent de 6,4 milliards d'euros. Malgré ce tour de vis, les effectifs de fonctionnaires progresseraient de 6.816 postes si l'on intègre les créations liées à la Défense et à la réforme de la formation des enseignants. La Justice gagnerait 1.301 postes et l'Intérieur 1.381, tandis que les opérateurs de l'Etat en perdraient 1.200.
Le point d'indice des fonctionnaires doit rester gelé. David Amiel, ministre des Comptes publics, défend la trajectoire retenue : "Nous ne faisons pas un budget électoraliste". L'effort structurel de réduction du déficit est chiffré à 1,2 %, tandis que les dépenses dites pilotables progresseraient de 0,7 %.
Les retraités figurent eux aussi parmi les catégories sollicitées. Le gouvernement prévoit 5,5 milliards d'euros d'économies les concernant, avec un gel des pensions au-delà de 1.260 euros et une réduction du plafond de l'abattement fiscal de 10 %. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, défend cette orientation : "il serait curieux que les retraités ne participent pas à l'effort, je trouve ça proportionné". Le projet soumis au Parlement prévoit une désindexation des pensions au-delà de ce seuil.
La Sécurité sociale concentre une autre partie de l'effort. Son déficit doit passer de 21,8 milliards d'euros en 2026 à 12,7 milliards en 2027. Quatre milliards d'euros d'économies sont recherchés dans l'assurance-maladie, entre les arrêts maladie et la baisse du prix des médicaments.
Les prestations sociales ne sont pas épargnées. APL, allocations familiales et prime d'activité doivent rester au même niveau, tout comme la plupart des retraites concernées par le gel. Le RSA et le minimum vieillesse échappent à cette règle. David Amiel présente le gel comme "la règle sauf exceptions" et revendique un "frein d'urgence".
Impôts et entreprises, où le budget 2027 cherche de nouvelles recettes
Le projet ne repose pas seulement sur les dépenses. Les recettes fiscales de l'Etat doivent progresser de 18 milliards d'euros, grâce en particulier à la TVA et à l'impôt sur le revenu, alors que les recettes issues de l'impôt sur les sociétés sont attendues en baisse.
Les entreprises devront supporter une réduction de 3,7 milliards d'euros des allègements de charges, via l'intégration de l'épargne salariale dans leur base de calcul. Cette mesure vient s'ajouter au gel du barème décidé en juin, évalué à environ 5,5 milliards d'euros sur deux ans. Dans le même temps, le gouvernement maintient le crédit d'impôt recherche, le Pacte Dutreil et les aides à l'apprentissage, tandis que la surtaxe exceptionnelle sur l'impôt sur les sociétés doit être ramenée à 5 milliards d'euros.
Certains secteurs voient leur fiscalité augmenter. La taxe frappant les exploitants d'autoroutes et de grands aéroports doit plus que doubler, pour apporter 800 millions d'euros supplémentaires. David Amiel dit vouloir cibler "des rentes indues". Le texte prévoit aussi d'étendre la fiscalité sur les produits sucrés transformés et de porter à 20 % la TVA appliquée à la télévision payante, une mesure qui concerne Canal+.
Les armateurs doivent, eux, supporter une surtaxe exceptionnelle de 8 % sur leurs bénéfices. Le gouvernement prévoit également de modifier le régime de l'apport-cession afin de taxer certaines plus-values lors d'un décès ou d'une donation.
Malgré ces économies et ces recettes, le déficit de l'Etat atteindrait 156,4 milliards d'euros en 2027, contre 137,2 milliards en 2026. Roland Lescure présente les mesures comme "Un effort calibré pour rassurer" et destiné à "préserver les moteurs de la croissance". Face aux inquiétudes entourant la dette, le ministre répond : "J'entends les prophètes de malheur qui nous promettent le pire, mais la signature de la France est solide". Le retour à 3 % de déficit en 2029 "reste possible", assure-t-il, même si "ce ne sera pas facile".
Le gouvernement présente enfin plusieurs dispositions comme susceptibles d'être modifiées après l'élection présidentielle. David Amiel assure : "Le prochain gouvernement pourra revenir dessus dès la première semaine par décret, c'est inédit". Face à l'hypothèse d'un rejet du budget, il évoque "la paralysie. A l'heure où la situation des finances publiques est grave, on ne peut pas mettre la poussière sous le tapis, l'immobilisme ce serait le décrochage."