«La goutte d'eau qui fait déborder le vase»... Après un plongeon de 48% cette année, Bernstein voit l'action Stellantis encore chuter de près de 20% et conseille désormais de la vendre
Aujourd'hui à 11:07
Stellantis n'en finit plus de chuter en Bourse
(BFM Bourse) - L'intermédiaire financier est passé de "performance de marché" à "sous-performance", équivalent de vendre, sur le titre, au regard des derniers résultats de la société. Bernstein redoute notamment que les niveaux de stocks élevés précipitent des baisses de production au second semestre.
Stellantis semble aller de Charybde en Scylla. Le constructeur automobile né de la fusion entre Peugeot SA et Fiat Chrysler en 2021 a vu son destin dramatiquement basculer à partir du printemps 2024.
Carlos Tavares, qui avait porté la société à des niveaux de marges stratosphériques (14,5% au premier semestre 2022), a été rattrapé par les limites de sa méthode établissant comme religion le "pricing power" et la réduction des coûts.
Les conflits entre les parties prenantes (salariés, concessionnaires, état italien) se sont multipliés et, surtout, les stocks se sont dangereusement accumulés aux États-Unis, le pays le plus important du groupe. Les ventes ont plongé, les résultats ont fondu (10 milliards d'euros de cash ont été brûlés en cumulé en 2025-2026).
En outre, Stellantis a passé 22 milliards d'euros de dépréciations dues à la remise à plat de sa stratégie dans l'électrique, ce qui l'a conduit à accuser une perte de 22,3 milliards d'euros l'an passé, un niveau quasi historique pour un groupe du CAC 40.
Depuis ses sommets atteints en mars 2024, l'action Stellantis s'effondre de 82,5%.
Carlos Tavares a quitté le groupe par la petite porte fin 2024. Son successeur, Antonio Filosa, tente de relancer le constructeur et a présenté dans cette optique son plan stratégique "FaSTLAne 2030", qui prévoit le recentrage sur quatre marques et une meilleure couverture du marché aux États-Unis, pays sur lequel les efforts du directeur général sont concentrés.
À bout de patience
Mais la mayonnaise ne prend pas. Le titre chute encore de 48,2% sur l'ensemble de 2026 à la clôture de jeudi soir. Les derniers résultats trimestriels publiés par le groupe, la semaine dernière, ont encore fait grincer des dents les investisseurs.
La rentabilité en Amérique du Nord, sa région clef, a ainsi déçu. Le taux de marge opérationnelle courante s'est inscrit à 1,8% quand les analystes espéraient un chiffre plus proche de 2,4%.
"Les progrès sont lents, le chemin à parcourir est encore long et on attend toujours des preuves plus solides…", a déploré Oddo BHF.
UBS, un des rares bureaux d'études à avoir un conseil à l'achat sur le groupe, a jeté l'éponge lundi, passant à "neutre". La banque suisse déplorait que la société n'ait accompli que "très peu" de progrès aux États-Unis.
Ce vendredi 7 août, Bernstein a enfoncé (durement) le clou. L'intermédiaire financier a révisé à la baisse son opinion sur le titre, à "sous-performance", équivalent de "vendre", contre "performance de marché" ("neutre") tout en réduisant son objectif de cours à 4 euros, contre 6,2 euros précédemment. Ce qui revient à tabler sur une baisse du titre de 18%, à la clôture de jeudi soir.
À la Bourse de Paris, l'action Stellantis souffre à la suite de ce changement d'opinion et perd encore vers 10h50 ce vendredi 7 août, accusant la plus forte baisse du CAC 40.
Bernstein explique que le message positif envoyé par Antonio Filosa fin 2025 l'avait empêché de se montrer trop négatif sur l'action. De même, la colossale dépréciation de 22 milliards d'euros passée début 2026, bien que douloureuse, restait exceptionnelle et permettait de tout remettre à plat.
Mais "les résultats du deuxième trimestre publiés le 31 juillet ont constitué un sérieux retour à la réalité et ont été la goutte qui a fait déborder le vase", écrit Bernstein, qui a donc perdu patience.
"Si ce n’est pas maintenant, alors quand?"
Comme d'autres bureaux d'études, l'intermédiaire financier déplore le faible levier opérationnel du groupe, c'est-à-dire sa capacité à translater le bond de ses revenus en amélioration de ses bénéfices.
Malgré une hausse de 38% de ses livraisons facturées aux concessionnaires en Amérique du Nord, la marge opérationnelle courante a stagné à un faible niveau de 1,6%.
"Les résultats de Stellantis ont nettement déçu, montrant une conversion limitée de la hausse de ses revenus en résultats, avec une amélioration de 17% de son résultat opérationnel courant à partir d'une hausse de 31% de ses revenus", cingle Bernstein.
"De plus, cela s’est produit malgré un contexte dans lequel ses concurrents de Detroit, GM et Ford, profitent clairement de la conjoncture favorable. GM a annoncé une marge d’exploitation de 8,6% en Amérique du Nord au deuxième trimestre 2026, après avoir augmenté son résultat opérationnel ajusté de 42%, soit 1 milliard de dollars, en glissement annuel, sur la base d’une très modeste hausse de 0,4 milliard de dollars de son chiffre d’affaires. Ford ne publie pas de résultats régionaux, mais les messages concernant l’Amérique du Nord étaient très positifs", assène encore le bureau d'études.
"Ce qui soulève la question pour Stellantis : si ce n’est pas maintenant, alors quand ?", s'interroge-t-il.
Bernstein redoute également que le Ram 1500 de Stellantis, qui a connu des ventes robustes cette année, souffre de l'intensification de la concurrence, avec un retour à la normale de la production du F-150 de Ford et l'arrivée sur le marché à la fin de l'année du Chevrolet Silverado et du pickup GMC Sierra de General Motors.
Le bureau d'études se montre sceptique, aussi, sur la volonté de la direction d'étendre sa couverture de marché aux États-Unis.
"Nous estimons que l'hypothèse selon laquelle une exposition accrue au marché se traduirait automatiquement par une croissance significative des volumes est erronée. Bon nombre des segments dans lesquels Stellantis estime pouvoir générer des ventes supplémentaires sont déjà dominés par des concurrents bien établis, comme nous l'avons constaté avec la nouvelle Jeep Cherokee sur le segment américain des SUV compacts et sur le marché des pick-up de taille moyenne, sur lequel RAM a l'intention de revenir avec le Dakota en 2028", prévient l'intermédiaire financier.
Les stocks angoissent
Un autre point inquiète Bernstein : les stocks. Stellantis a recommencé à fournir davantage de véhicules à ses concessionnaires que ceux-ci n'en vendent aux clients finaux. À fin juin, les niveaux de stocks représentaient 94 jours de ventes contre 69 à fin mars.
Bernstein explique que la direction de Stellantis a minimisé ce sujet lors de la conférence téléphonique suivant les résultats trimestriels, expliquant que ces stocks permettaient de préparer la réduction de la production habituelle durant l'été, et déclineraient ensuite en juillet.
Selon les données auxquels a accédé Bernstein, les stocks en juillet ont effectivement baissé par rapport à juin. Mais en juillet 2025, ils étaient 28% plus bas qu'actuellement, relate Bernstein.
"Cela contredit quelque peu le discours sur la préparation aux arrêts estivaux", objecte le bureau d'études.
"De plus, nous ne voyons pas la nécessité d'une accumulation similaire des stocks chez les concessionnaires de Ford (les stocks absolus à la fin juin 2026 étaient inférieurs de 12% à ceux de juin 2025) et de GM (stocks en baisse de 1% en glissement annuel), qui, à l'instar de Stellantis, ont également prévu leurs propres arrêts estivaux d'usine", glisse encore l'intermédiaire financier.
Bernstein souligne au passage qu'en juin 2026, les stocks de Stellantis n'étaient que 11% inférieurs à leur niveau maximum de juin 2024 (440.000 unités), qui avaient alors "précipité l'abandon du plan ambitieux de conquête de parts de marché de l'ancien directeur général de Stellantis, Carlos Tavares".
Ce point critique sur les stocks a déjà été mis en avant par nombre de bureaux d'études. "Nous voyons des risques pour Stellantis à cause de l'accumulation de stocks chez ses concessionnaires, ce qui pourrait entraîner des arrêts prolongés des usines et des baisses de prix (comme au second semestre 2024)", prévenait HSBC dans une note publiée le 23 juillet.
"Il sera essentiel pour Stellantis de démontrer qu'il est possible de réduire ses stocks au cours des prochains mois sans que les prix ne baissent", notait la semaine dernière Deutsche Bank. UBS estime aussi que ces niveaux de stocks obligeront Stellantis à réduire sa production et augmenter les promotions/rabais pour écouler ses modèles, au second semestre 2026.
Je note :
Stellantis débute la séance en repli de plus de 2% à 4,7 euros.
Bernstein a dégradé le constructeur à 'sous-performer' tout en réduisant sa cible de 6,2 à 4 euros. Le broker estime qu'il existe encore une marge importante pour une révision à la baisse des prévisions, plus d'un an après la nomination du nouveau DG. Il réduit ses propres estimations du résultat opérationnel ajusté pour 2026, 2027 et 2028 de respectivement 19%, 39% et 31%, les situant bien en deçà du consensus. Cité par 'Bloomberg', il juge les prévisions du consensus concernant les volumes de livraisons en Amérique du Nord pour le second semestre trop optimistes, compte tenu de la nécessité de maîtriser les stocks des concessionnaires et de la probable nécessité de réduire le rythme de production.
Le courtier souligne que la forte hausse des livraisons au deuxième trimestre avait laissé espérer des résultats et un flux de trésorerie disponible dépassant le consensus, mais que les chiffres annoncés sont restés "bien en deçà" des attentes. "Pour Stellantis, il semblait toujours y avoir une certaine marge de manoeuvre qui nous incitait finalement à maintenir une recommandation "performance de marché" assortie de nombreuses réserves, jusqu'à présent", écrit l'équipe. "Les résultats du deuxième trimestre, publiés le 31 juillet, ont constitué un retour à la réalité brutal et ont donc été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase".
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En gros, ça s'appelle une incitation pour la VAD à en remettre une couche…
Il conviendra de savoir qui prête et loue ses titres…
: (
La VAD sur Stellantis
https://finaristo.com/fr/short-selling/shorted-companies/stellantis-nv
Contrairement à ce que certains peuvent penser en suivant leurs portefeuilles sur ABCBourse, il existe bien de la VAD sur Stellantis , mais comme Stellantis est une société de droit néerlandais, ses positions VAD ne font pas l'objet de déclaratif en france.
La VAD sur Stellantis est actuellement à 4,26 %, ce qui beaucoup compte tenu du nombre de titre de la société et on est en forte progression depuis le 1er janvier 2026, où on était à "Zéro" en déclaratif…
Stellantis prévient que son redressement prendra du temps après un T2 accueilli froidement
Publié le 30/07/2026 à 16h25
MILAN, 30 juillet (Reuters) - Antonio Filosa, directeur général de Stellantis , a prévenu jeudi que la refonte stratégique du groupe ne porterait pas ses fruits du jour au lendemain, après la publication par le quatrième constructeur automobile mondial d'un bénéfice opérationnel inférieur aux attentes au deuxième trimestre, sanctionné en Bourse.
En mai, le groupe né de la fusion entre PSA et FCA a présenté un plan stratégique de 60 milliards d'euros dans le cadre duquel il prévoit de lancer 60 nouveaux modèles d'ici 2030 et de regagner les parts de marché perdues aux Etats-Unis sous la houlette de Carlos Tavares, une dégradation qui avait précipité le départ du prédécesseur d'Antonio Filosa fin 2024.
"Nous avons besoin de temps (...) ce ne sont pas des défis que l'on règle en une nuit", a dit Antonio Filosa au cours d'une téléconférence de presse. "Nous sommes sur la bonne voie (...) nous exécutons le plan correctement et aussi vite que possible."
A la Bourse de Milan, l'action perdait 5,62% à 4,99 euros vers 14h15 GMT, après avoir plongé de jusqu'à 8% dans les premiers échanges.
Le groupe a annoncé jeudi une hausse de 13% de son chiffre d'affaires au deuxième trimestre à 43,5 milliards d'euros, en ligne avec un consensus d'analystes établi par Reuters qui donnait 43,4 milliards, grâce notamment au redressement de ses activités en Amérique du Nord (+32%).
Mais si son bénéfice opérationnel ajusté est ressorti à 773 millions d'euros, presque quatre fois la performance du même trimestre de 2025, il est inférieur cette fois au consensus de 914 millions d'euros.
Les analystes de Citi ont indiqué que la marge d'exploitation ajustée de Stellantis restait faible, à 1,8%, et "déconcertante" compte tenu de la forte croissance du chiffre d'affaires d'un trimestre à l'autre.
Ils ont cité comme facteurs défavorables une évolution des prix fortement négative en Europe, la hausse des coûts administratifs et de recherche et développement, des fluctuations monétaires défavorables et les droits de douane.
En Amérique du Nord, la performance de Stellantis a été soutenue par la demande pour les pick-ups Ram et les modèles Jeep à plus forte marge, priorité d'Antonio Filosa pour regagner les clients partis à la concurrence.
Fabio Caldato, gérant de fonds chez AcomeA Sgr, actionnaire de Stellantis, a toutefois souligné que cette bonne performance était aussi due au stockage par les concessionnaires, et il a préconisé un "nettoyage" avant que Stellantis puisse vraiment monter à nouveau en gamme.
En Europe, le chiffre d'affaires a revanche stagné parce que le groupe a baissé ses prix et augmenté ses ventes sur des canaux à fort volume pour accroître ses ventes unitaires et contrer la concurrence des nouvelles marques chinoises.
PRÉVISIONS CONFIRMÉES
Le constructeur automobile franco-italo-américain, qui avait déjà renoué au premier trimestre avec un bénéfice après de lourdes pertes imputables à des charges exceptionnelles liées au remaniement de sa stratégie, a confirmé ses objectifs de redressement pour 2026 et 2027.
Le groupe, dont les free cash flow industriels sont redevenus positifs d'un trimestre sur l'autre, à hauteur d'un milliard d'euros - après une hémorragie de 1,9 milliard au premier trimestre - vise toujours cette année une croissance dans le milieu d'une fourchette à un chiffre de son chiffre d'affaires.
Il table aussi sur une marge opérationnelle dans le bas d'une fourchette à un chiffre et sur une amélioration en 2026 de ses free cash flow industriels, attendus positifs en 2027.
Antonio Filosa s'est attaché à rétablir les volumes de vente et à regagner des parts de marché, pariant sur le fait qu'une reprise des ventes jetterait les bases d'un redressement plus large du groupe.
Stellantis a par ailleurs dit s'attendre à ce que les coûts liés aux droits de douane américains s'élèvent à un total de 1 à 1,2 milliard d'euros en 2026, et a averti que ses résultats du second semestre seraient concentrés sur le quatrième trimestre en raison d'un arrêt de production prévu pendant l'été.
Volkswagen et BMW ont eux aussi publiés des résultats trimestriels décevants à cause de la concurrence chinoise, des droits de douane et de la hausse des coûts, tandis que Renault a fait état de résultats semestriels supérieurs aux attentes.
La future Citroën 2CV électrique ne sera pas fabriquée en France, mais en Italie, dans l’usine Stellantis de Pomigliano d’Arco.
Dans la situation actuelle, c'est la meilleure solution pour Stellantis et une excellente décision qu'il convient de mettre en oeuvre dix fois plus vite que Notre Dame...
Renault aurait tout intérêt à en faire autant et très vite avant d'être submergé par le raz de marée qui va arriver et d'être relégué au rayon des Antiquités.
Deux goals, ça marche aussi, mais ne servirait pas beaucoup à arrêter la déferlante qui se profile...
Poissy ? Boire le calice jusqu’à la lie.
Il y quelques décennies les constructeurs automobiles français déclaraient vouloir construire des usines en Chine pour s’ouvrir un marché dans ce pays.
Quelques années plus tard nous voilà pour sauver une usine, non pas en Chine mais en France, à accepter de construire des voitures chinoises à Poissy, lieu emblématique de l’automobile, à destination de la clientèle française.
La honte pour nous ?
Non, l’essentiel c’est le retour de la retraite en 2027 à 62 ans et surtout de ne pas gâcher nos jolies vacances estivales.
La quasi totalité de nos politique font référence au général de Gaule mais on peut imaginer la colère de ce dernier en voyant la France sombrer sans gloire.
Message complété le 20/05/2026 19:48:01 par son auteur.
de Gaulle… la colère ne devrait pas empêcher de se relire,
Message complété le 20/05/2026 19:48:05 par son auteur.
de Gaulle… la colère ne devrait pas empêcher de se relire,
Redressement des ventes aux Etats-Unis, l'importance de la Chine... Comment Stellantis va avec sa nouvelle feuille de route tenter de séduire les marchés (et relancer son cours de Bourse, qui perd plus de 30% en 2026)
Aujourd'hui à 14:44
Stellantis va présenter son plan stratégique jeudi 21 mai
(BFM Bourse) - Le groupe tiendra jeudi 21 mai une journée dédiée à sa stratégie durant laquelle le directeur général, Antonio Filosa, présentera les ambitions de la société pour les prochaines années.
Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, présentera jeudi 21 mai aux investisseurs sa nouvelle stratégie pour le long terme axée sur un redressement des ventes aux États-Unis, marché crucial pour le constructeur automobile franco-italo-américain, un recentrage des investissements pour les nombreuses marques du groupe et un pari sur les synergies avec la Chine.
La présentation à Auburn Hills, dans le Michigan, est très attendue après les revers commerciaux et qualité qu'a connus le constructeur né de la fusion entre PSA et FCA et sera un test majeur pour Antonio Filosa, nommé un an plus tôt pour succéder à Carlos Tavares, emporté fin 2024 par les déboires du groupe.
En mars, l'action Stellantis a touché un plus bas historique.
Reuters a rapporté que le quatrième groupe automobile mondial par les ventes entend conserver l'intégralité des 14 marques de son vaste portefeuille, mais en recentrant les investissements sur un petit groupe de quatre marques clé.
Stellantis entend aussi étendre ses co-entreprises et partenariats avec des constructeurs automobiles chinois afin d'optimiser l'utilisation de ses capacités de production et réduire les coûts.
"Ils ont surtout besoin que leurs activités nord-américaines fonctionnent, ça redonnera immédiatement de la valeur à leur cours de Bourse", commente Massimo Baggiani, de Niche Asset Management, investisseur basé à Londres qui a acheté deux tranches d'actions Stellantis depuis mars.
Selon lui, Stellantis doit aussi régler son problème de surcapacités en Europe, remanier sa stratégie marques et contrer la concurrence croissante des nouveaux venus chinois en Europe, mais aussi en Amérique du Sud et en Afrique, s'il veut préserver sa profitabilité.
"La bonne nouvelle, c'est que Filosa semble être conscient de ces challenges et avoir des idées sur la manière d'y faire face", poursuit Massimo Baggiani. "Il va falloir le tester sur une période de temps plus longue."
"Beaucoup de Chine dedans"
Le directeur général de Stellantis mettra aussi probablement l'accent sur les partenariats avec des constructeurs chinois, après avoir déjà annoncé ce mois-ci l'extension de sa co-entreprise en Europe avec Leapmotor et la relance de ses projets avec Dongfeng pour produire des véhicules en Chine.
Ce que le directeur général de Stellantis va tenter de vendre aux investisseurs "aura beaucoup de Chine dedans", a dit une source proche du dossier.
Confronté comme beaucoup de ses concurrents historiques à des excès de capacités de production en Europe, Antonio Filosa, comme son concurrent Volkswagen, s'est dit ouvert à l'idée de partager des surfaces d'usines avec d'autres constructeurs chinois, au-delà de Leapmotor.
Le groupe a également laissé entendre la semaine dernière que sa coopération industrielle avec Dongfeng pourrait bientôt s'étendre hors des frontières chinoises.
Les investisseurs ont hâte de voir si le nouveau plan stratégique peut permettre un redressement durable des ventes et des profits tout en traitant la complexité des marques du groupe, ses problèmes industriels et la gestion des plateformes électriques et électrifiées, après les charges massives prises par Stellantis pour avoir surestimé la vitesse de passage aux véhicules électriques.
Les accords avec les Chinois aideraient le groupe à améliorer sa propre technologie électrique grâce au savoir-faire acquis par la Chine: plateformes compétitives, chaînes d'approvisionnement complètes, coûts et temps de développement très inférieurs.
Un coup de volant inédit
Dans une note, les analystes de Citi soulignent qu'Antonio Filosa s'est aussi attelé à combler des trous dans l'offre américaine du groupe, avec le nouveau Jeep Cherokee et des pick-ups compacts ou de taille moyenne.
Les investisseurs attendent également une plus grande clarté sur sa vision pour les 14 marques du groupe, le plus large portefeuille du secteur.
Concentrer les investissements sur Jeep, Ram, Peugeot et Fiat constituerait un coup de volant par rapport à la politique traditionnelle d'allocation des ressources de manière plus égale entre les différents badges.
Cette nouvelle stratégie refléterait la nécessité de concentrer les efforts sur les marques à plus fort volume et à plus forte marge.
"Si vous décidez de manière trop drastique d'abandonner l'une ou l'autre, alors vous abandonnez la base de clients à quelqu'un d'autre", a précisé Antonio Filosa la semaine dernière.
"Le vrai sujet n'est pas de sélectionner une, deux, trois ou quatre marques", a-t-il ajouté. "Le vrai sujet est de combiner une allocation du capital efficiente avec des stratégies de marques spécifiques", a-t-il ajouté.
Stellantis et le constructeur Dongfeng investissent un milliard d’euros pour construire des Peugeot et des Jeep en Chine
Le groupe automobile renforce sa présence en Asie avec l’annonce ce vendredi 15 mai d’un accord avec son partenaire historique Dongfeng. En parallèle, plusieurs usines européennes de Stellantis sont convoitées par des constructeurs chinois.
Le Vieux Continent n’a jamais aussi bien porté son nom dans le domaine de l’industrie automobile qu’actuellement. Concernant les véhicules électriques, l’Europe accuse un retard considérable vis-à-vis des marques chinoises. Tant dans les technologies que dans les coûts de production. Plutôt que de se renfermer sur lui-même, le géant de l’automobile Stellantis vient de conforter un peu plus ses partenariats orientaux. Issu de la fusion entre PSA, Chrysler et Fiat, le groupe franco-italo-américain est à ce jour le seul occidental à adopter une stratégie d’ouverture vers la Chine.
D’une part avec un renforcement de sa présence en Asie, avec l’annonce ce vendredi 15 mai d’un accord avec son partenaire historique Dongfeng pour produire de nouveaux modèles Peugeot et Jeep en Chine. Un investissement chiffré à un milliard d’euros. D’autre part, avec l’ouverture un peu plus franche du groupe à des marques asiatiques, dont Leapmotor, jeune marque chinoise dont Stellantis est actionnaire majoritaire depuis 2023.
À Saragosse, on produira Opel et Leapmotor dans la même usine
D’ici quelques mois, l’usine de Saragosse (Espagne) produira ses habituels SUV Opel mais également des SUV de Leapmotor (B10). Pour Stellantis, l’intérêt est double : permettre de faire tourner à plein régime une usine surdimensionnée par rapport à la demande, et « mutualiser la technologie chinoise et ainsi faire baisser le prix des SUV Opel », indique un communiqué.
L’usine de Madrid accueillera la fabrication des prochains modèles Europe et Monde de Leapmotor. Ou comment la Chine donne du travail aux ouvriers européens tout en évitant les droits de douane.
Et les sites de l’est de la France ?
En France, l’avenir de l’usine rennaise de Stellantis, où sont assemblés les C5 Air Cross, devrait également s’écrire avec des sinogrammes. Bastion historique de Citroën, le site qui tourne à bas régime (65 000 véhicules en 2025) devrait produire au moins un modèle de Dongfeng. Dongfeng qui serait également intéressé par une usine italienne et une allemande. Sous forme de rachat ou de coentreprise. Des informations que Stellantis ne confirme pas.
Dans l’Hexagone, seul le site breton serait concerné par ces manœuvres. Les places fortes de Peugeot, Mulhouse (Peugeot 308, 408 et DS7) et Sochaux (Peugeot 3008 et 5008), ainsi que les sites de Vesoul et de Metz, ne figureraient dans aucun plan de mutualisation. Tout le monde devrait voir plus clair jeudi 21 mai lorsqu’ Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, dévoilera le nouveau plan stratégique du groupe.
Depuis Février on accumule pour jouer la neutralité...
Pour le moment, on ne peut pas être optimiste vu qu'on est sous la Mm200 descendante et sous l'oblique long terme bleue.
Tant qu'on tiendra le gap vers les 6€, on pourra espérer une percée haussière..
en tous les cas, c'est le moment d'en prendre le pari 
Stellantis grimpe après l'intérêt affiché de BYD pour ses capacités industrielles
Aujourd'hui à 11:54
(Zonebourse.com) - Le constructeur automobile caracole en tête du CAC 40 jeudi, avec un gain de plus de 3%, porté par des informations faisant état de discussions avec le chinois BYD, intéressé par la reprise de sites industriels en Europe
"Nous discutons non seulement avec Stellantis mais aussi avec d'autres entreprises", a déclaré Stella Li, vice-présidente du constructeur chinois BYD, à l'agence Bloomberg en marge de la conférence Future of the Car organisée hier par le Financial Times. "Nous recherchons toute usine disponible en Europe, car nous voulons utiliser ce type de capacités excédentaires."
Le géant chinois des véhicules électriques, déjà engagé dans la construction d'une usine en Hongrie, a indiqué être en discussions avec plusieurs constructeurs automobiles afin d'exploiter des sites sous-utilisés en Europe. BYD étudie également le rachat de marques historiques en difficulté afin de renforcer sa présence sur le marché européen.
Vendredi dernier, Stellantis et son partenaire chinois Leapmotor avaient déjà annoncé que plusieurs modèles électriques de la marque chinoise seraient produits dans deux usines espagnoles du groupe. L'usine de Madrid doit même être cédée à la coentreprise formée par les deux constructeurs.
Stellantis n'a pas commenté les déclarations de Stella Li. Son directeur général Antonio Filosa avait toutefois indiqué le 12 mai être ouvert à des partenariats avec d'autres constructeurs que Leapmotor.
Selon Bloomberg, Stellantis envisagerait également de céder plusieurs sites industriels à son partenaire historique chinois Dongfeng, notamment l'usine Citroën de La Janais, près de Rennes, celle de Cassino en Italie, ainsi qu'un site en Allemagne.
Ces perspectives alimentent les anticipations d'une restructuration accélérée de l'appareil industriel européen du groupe, sur fond de montée en puissance des constructeurs chinois dans l'automobile électrique.
Stellantis va concentrer ses investissements sur 4 marques phares-sources
Publié le 24/04/2026 à 11h54
MILAN, 24 avril (Reuters) - Stellantis entend consacrer la majorité de ses investissements futurs à ses marques Peugeot, Fiat, Jeep et Ram dans le cadre du plan stratégique que doit présenter en mai le directeur général Antonio Filosa, ont indiqué cinq sources, qui évoquent une "hausse significative" des financements alloués à ces quatre blasons phares.
Le quatrième groupe automobile mondial en termes de ventes dévoilera le 21 mai, lors d'un événement à Détroit, sa stratégie à long terme qui entend mettre l'accent sur ses marques internationales les plus populaires et les plus rentables.
Les autres marques de Stellantis, dont Citroën, Opel et Alfa Romeo, bénéficieront de financements pour développer des modèles sur la base de la technologie utilisée pour les quatre marques phares, ont précisé les sources.
Les marques avec les plus faibles volumes, qui bénéficiaient auparavant d'une part plus égale des investissements internes, deviendront des entités régionales ou nationales sur des marchés spécifiques où elles sont déjà bien implantées, ou bien où elles présentent un fort potentiel, ont ajouté les sources.
Depuis la fusion en 2021 entre PSA et FCA, Stellantis dispose du plus important portefeuille de l'industrie automobile, avec pas moins de 14 marques. Le groupe, qui tente de regagner des parts de marché aux Etats-Unis et en Europe, fait aussi face à la concurrence des acteurs chinois sur le continent européen et sur les marchés émergents.
Il a accusé en 2025 une perte nette de 22,3 milliards d'euros, liée à des charges exceptionnelles de 25,4 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année pour avoir notamment surestimé la vitesse de transition vers l'électrique.
La refonte stratégique de Stellantis est soutenue par les actionnaires principaux du groupe, dont la société d'investissement Exor, ont indiqué trois sources.
Auprès de Reuters, Stellantis a affirmé que ses marques constituaient sa force et souligné son alliance entre "envergure mondiale et ancrage local", sans commenter directement le projet de réorganisation.
NE SE PRIVER D'UN POTENTIEL
Plombée par les difficultés du groupe, la valorisation boursière de Stellantis a chuté pour s'établir à 21 milliards d'euros, soit à peine plus que la capitalisation de la start-up Rivian spécialisée dans l'électrique et moitié moins que celle de Volkswagen.
Certains analystes et investisseurs ont suggéré que Stellantis supprime certaines marques, qui ont tendance à se cannibaliser notamment en Europe, afin de réduire les coûts et d'accroître l'efficacité opérationnelle. Des noms comme Lancia, DS, Citroën ou Opel ont été évoqués.
Mais Antonio Filosa, qui a repris les rênes du groupe l'an dernier après le départ fracassant de Carlos Tavares, ne souhaite pas supprimer des marques pour lesquelles il perçoit un potentiel sur certains marchés régionaux ou nationaux importants, ont indiqué quatre sources.
"Certaines de ces marques pourraient s'avérer utiles au groupe à l'avenir, si les conditions de marché évoluent", pointe Marco Santino, associé du cabinet de conseil Oliver Wyman.
Il souligne que l'histoire de l'automobile montre qu'une fois une marque de voiture interrompue, il est "très difficile de la relancer".
L'ancien directeur général Carlos Tavares, l'un des architectes de la création de Stellantis, a toujours refusé d'envisager publiquement l'abandon de certaines marques, voulant donner à chacune d'entre elle le temps de faire ses preuves.
Mais après son départ en décembre 2024, le président du groupe John Elkann s'est attelé à la question de savoir quel blason aurait un avenir viable.
PAS ENCORE DE "BAISSER DE RIDEAU"
Le projet d'Antonio Filosa vise à concentrer les investissements sur Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, vu le niveau élevé de volume et de marge de ces marques, a dit une des sources, ajoutant que son prédécesseur à la tête de Stellantis insistait pour un partage plus équilibré des investissements à travers tout le portefeuille.
Avec la nouvelle stratégie marques, Stellantis utilisera par exemple Citroën, Opel ou Alfa Romeo de manière plus tactique dans des pays donnés ou sur des segments de marché spécifiques, selon quatre sources.
Les marques plus régionales pourraient ainsi utiliser des plateformes et des technologies développées par les marques principales, avec l'ajout d'options design intérieur ou extérieur pour les distinguer des autres, a précisé une des sources.
Une logique de "rebadging" - changer cette fois uniquement le badge de la marque sur un modèle sinon en tout point identique - est aussi à l'étude pour certains marchés spécifiques, ont ajouté deux des sources.
Reuters a par exemple rapporté ce mois-ci que Stellantis était en discussions avancées avec Leapmotor pour co-développer un SUV électrique de marque et de design Opel sur une plateforme et avec la technologie de son partenaire chinois.
D'après un haut dirigeant de Stellantis, le succès du plan à long terme dépendra moins d'une compression du portefeuille de marques que de l'utilisation stratégique de chacune d'entre elles selon les géographies afin de gagner des parts de marché.
Stellantis a longtemps projeté de baser la plupart de ses modèles sur un nombre limité de plateformes dites "multi-énergies", permettant de produire à la fois des voitures en version électrique, hybride ou thermique pur.
De telles architectures sont ultra-polyvalentes, mais du coup plus complexes, plus lourdes et plus chères.
Cette stratégie était conçue en prévision d'une transition rapide vers le 100% électrique, mais ce scénario ne s'est pas matérialisé comme prévu, a souligné un ancien haut dirigeant du groupe.
Stellantis pourrait encore à terme se débarrasser de certaines marques, selon les analystes, mais l'histoire de l'automobile, bien que jonchée de noms disparus, montre que les constructeurs ne prennent généralement cette décision qu'en dernier recours, comme General Motors a dû s'y résoudre avec Saturn et Pontiac lors de sa faillite de 2008.
Sur le court terme, la direction de Stellantis "devra se concentrer sur les marques qui comptent", a dit Larry Dominique, consultant et ancien dirigeant de la marque Alfa Romeo en Amérique du Nord.
"Stellantis pourrait décider, à un moment donné, de baisser le rideau sur certaines marques. Mais cette décision devra être prise sur la base de la performance future des marques principales", a-t-il ajouté.
Il est temps de couper ma position et d’accepter la perte.
Je reste convaincu que l’entreprise finira par se redresser, mais à court terme, il y a selon moi de meilleures opportunités ailleurs. J’attendais un rebond vers 7,20 €, mais le titre est trop travaillé et le moindre prétexte suffit à le faire plier.
C’est ma plus grosse perte boursière à ce jour : –10 K€, après être entré 24 heures avant l’annonce. Un bel échec.
À bientôt.
Sur ces niveaux ce sont uniquement des positions de vente à découvert. Il faut en avoir pour shorter sur ces niveaux. Incroyable, mais ca me rappelle alstom et son annonce de FCF... Plus personne n'en voulait jusqu'au jour ou..
le 21/02 :
"à la vue des indicateurs, je ne suis pas très optimiste sur le fait que la barrière historique des 5.60 tienne le coup "
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Le verdict est proche 
6€ en fort support ( volumes échangés à ce niveau) et gap 6,94€ à fermer. Neutre entre ces deux niveaux 🤔
« Automobile : les ventes de voiture neuves en baisse de 14,7% en février
Selon les données publiées par la Plateforme automobile, les chiffres du mois de février confirment une année difficile pour le marché. Depuis le début de l’année, les ventes sont en repli de 11,1%.
Les ventes de voitures neuves en France ont chuté de 14,7% en février sur un an, confirmant un début d'année difficile pour le marché automobile, selon les données publiées dimanche par la Plateforme automobile (PFA), qui défend les intérêts du secteur.
…
Pour l’ensemble des voitures particulières, le groupe Stellantis (Citroën, Peugeot, Fiat, Opel...) limite la casse en février, avec des ventes en baisse de 7,3%. La chute est marquée, en revanche, pour le groupe Renault (-23,5%) et Toyota (-19,2%) »
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