(ABC Bourse) - L'éventualité d'un rachat d'easyJet continue d'agiter le secteur aérien européen. Si Air France-KLM assure ne participer à aucune discussion à ce stade, le groupe dirigé par Ben Smith reconnaît suivre de très près l'évolution du dossier porté par Castlelake.

Depuis l'annonce de l'intérêt du fonds américain Castlelake pour la compagnie britannique à bas coûts, les acteurs majeurs du transport aérien européen observent attentivement la situation. Air France-KLM, qui travaille déjà avec Castlelake dans le cadre de la prise de contrôle de SAS, ne cache pas son intérêt pour les développements à venir.
Interrogé par Bloomberg TV en marge de l'assemblée générale de l'Iata organisée à Rio de Janeiro, Ben Smith a confirmé que le groupe franco-néerlandais ne participait actuellement à aucune opération. "Nous ne sommes pas impliqués", a-t-il déclaré.
Air France-KLM reste attentif au dossier easyJet
Si Air France-KLM n'est pas à la table des discussions, la porte reste ouverte. Ben Smith a rappelé les bonnes relations entretenues avec Castlelake dans le cadre du dossier SAS : "Cela s'est bien passé et cela se passe toujours bien avec eux concernant SAS".
Le dirigeant n'a d'ailleurs laissé aucun doute sur sa position en cas de proposition future. "Bien sûr. Oui. Et je m'attendrais à ce que tous nos concurrents fassent de même", a-t-il affirmé lorsqu'il a été interrogé sur une éventuelle participation à une offre.
Le directeur général du groupe voit dans easyJet un actif particulièrement attractif. Selon lui, "C'est une compagnie aérienne très impressionnante. Ils ont eu une histoire fantastique, je dirais, dans la façon qu'ils ont eue de se développer. Ils ont quelques positions intéressantes, comme vous savez, à Genève, Londres-Gatwick, etc."
Il a également ajouté : "Donc c'est très attrayant et leur capitalisation boursière est basse".
Castlelake face aux défis d'un rachat d'easyJet
Fin mai, Castlelake a indiqué étudier une éventuelle offre sur easyJet. Le fonds américain dispose jusqu'à la fin du mois de juin pour préciser ses intentions ou renoncer à son projet. Plusieurs obstacles demeurent toutefois.
La réglementation européenne interdit en effet à un investisseur non européen de détenir une participation majoritaire dans une compagnie aérienne du continent. Pour mener à bien une telle opération, Castlelake devrait donc s'appuyer sur un partenaire européen.
Selon plusieurs informations relayées ces derniers jours, le fonds étudierait notamment un rapprochement avec MSC Mediterranean afin de structurer une offre conforme aux exigences réglementaires.
Du côté d'easyJet, le conseil d'administration assure qu'il examinera toute proposition éventuelle. La compagnie a néanmoins qualifié l'intérêt de Castlelake de "très opportuniste", estimant que son cours de Bourse reste pénalisé par un contexte défavorable.
Même prudence chez IAG. Son directeur général Luis Gallego a indiqué ne pas envisager d'offre pour le moment, tout en glissant une formule qui résume l'incertitude entourant le dossier : "on ne sait jamais".
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