
Le groupe Bolloré, principal actionnaire d'Universal Music Group (UMG), a rejeté mercredi l'offre du milliardaire américain Bill Ackman sur la maison de disques, qu'il juge sous-évaluée et hasardeuse sur les plans stratégique et financier.
Le fonds Pershing Square contrôlé par Bill Ackman avait dévoilé début avril une proposition de rachat d'UMG évaluée à 55 milliards d'euros, ou 30,4 euros par action, selon ses propres calculs, et à 22 euros par action selon Bolloré.
L'essentiel de la transaction reposerait sur une fusion d'UMG avec un véhicule d'investissement ad hoc (un "Sparc") créé par Pershing Square. Le fonds n'injecterait que 2,5 milliards d'euros d'argent frais dans cette société, le reste reposant sur des cessions d'actifs et de nouvelles dettes.
"Bill Ackman et Pershing Square ne font pas une offre avec leur argent [...] et en plus, ils veulent la majorité des administrateurs et définir toute la stratégie", a souligné Cyrille Bolloré, le président-directeur général de Bolloré SE, lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe diversifié. "Je ne sais pas si lui-même y croit", a-t-il ajouté.
La famille Bolloré détient au total environ 28% d'UMG via ses participations dans Vivendi et Bolloré SE. Bill Ackman contrôle quant à lui 4,7% de la maison de disques via son fonds Pershing Square.
S'il reconnaît que le financier américain "pose des questions intéressantes" sur l'utilisation de la trésorerie d'UMG et sur la façon dont UMG peut tirer parti de l'essor de l'intelligence artificielle, Cyrille Bolloré émet des réserves sur la conduite des affaires en cas de prise de contrôle par le milliardaire américain.
"Je ne sais pas s'il est compatible avec le management de cette société. Il est plus abrupt, plus rapide", a-t-il souligné.
Pour toutes ces raisons, "je pense que cette offre n'est pas bénéfique et n'a rien de formidable pour [UMG]. Et j'encourage le management à la rejeter", a insisté Cyrille Bolloré.
Vers 15h20, l'action UMG cède 2,4% à la Bourse d'Amsterdam, à 19,7 euros.
Le dirigeant a aussi indiqué que Bolloré pourrait céder "quelques pourcents" d'UMG si le cours remontait autour de 27-28 euros.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
