(ABC Bourse) - Casino affiche un retour à la rentabilité opérationnelle en 2025, mais reste fragilisé par ses pertes et une dette de 1,4 milliard d’euros. Les négociations avec les créanciers deviennent cruciales.

Casino respire un peu mieux, mais reste sous perfusion. Le groupe de distribution a dévoilé le 30 mars 2026 ses résultats financiers pour 2025, marqués par un retour à la rentabilité opérationnelle après plusieurs années difficiles. Derrière cette amélioration, une stratégie de transformation accélérée et un recentrage sur les magasins de proximité.
Dans le détail, le groupe dirigé par Philippe Palazzi affiche un EBITDA ajusté après loyers en forte hausse et un résultat opérationnel courant repassé dans le vert. Mais dans le même temps, les pertes nettes se creusent et les négociations avec les créanciers restent décisives à quelques mois d’une échéance majeure sur la dette.
Casino améliore sa rentabilité en 2025 grâce à un virage stratégique
Le groupe enregistre une nette progression de ses indicateurs clés. L’EBITDA ajusté après loyers atteint 198 millions d’euros, en hausse de 77 %, tandis que le résultat opérationnel courant redevient positif à 64 millions d’euros, contre -49 millions un an plus tôt.
Cette amélioration repose sur plusieurs leviers activés depuis la restructuration engagée en 2024. Casino a profondément transformé son modèle, notamment en réduisant son parc de magasins avec 1.178 cessions ou fermetures en 2025, pour se concentrer sur des formats de proximité jugés plus rentables.
Philippe Palazzi insiste sur cette discipline retrouvée : "Notre structure de coûts est maîtrisée, nous avons rationnalisé nos marques distributeur, le Nouveau Casino est plus fort avec ses marques (enseignes) qui travaillent ensemble".
Dans le même esprit, le dirigeant souligne que "Nous entrons désormais dans une phase plus classique de gestion de notre parc, qui compte aujourd'hui 6.500 magasins".
Les enseignes du groupe tirent également la performance, avec un résultat opérationnel en forte hausse pour Monoprix et Franprix. Cette dynamique s’appuie aussi sur les synergies d’achats via l’alliance Aura Retail avec Auchan et Intermarché.
Pour Philippe Palazzi, cette évolution valide la stratégie engagée : "Pour la première fois, le Nouveau Casino enregistre un retour à la rentabilité opérationnelle, cela démontre la pertinence du repositionnement du groupe sur le commerce de proximité, et le succès des nouveaux concepts que nous avons déployés".
Des pertes toujours élevées et une dette sous pression
Malgré ces progrès opérationnels, la situation financière reste fragile. Le groupe affiche une perte nette de 402 millions d’euros en 2025, en hausse par rapport à 2024, en raison notamment des coûts liés à la restructuration et aux activités abandonnées.
Le cash-flow libre s’améliore nettement mais demeure négatif, à -120 millions d’euros. Philippe Palazzi se veut toutefois confiant sur la suite : "Il sera positif en 2026 comme annoncé dans le plan. Nous passons maintenant dans une gestion plus normale".
Le véritable point de tension reste la dette. Casino doit rembourser 1,4 milliard d’euros d’ici mars 2027, un montant que le groupe ne peut pas couvrir avec ses seules activités actuelles. Les discussions avec les créanciers, entamées depuis plusieurs mois, sont donc déterminantes.
Le directeur général se montre optimiste, affirmant être "pleinement serein" et précisant : "Les négociations se poursuivent et j'ai très bon espoir qu'elles se terminent comme prévu d'ici fin juin 2026 (au plus tard)".
Dans une autre prise de parole, il insiste également : "Les négociations se poursuivent. Nous avons bon espoir qu'elles aboutissent à un accord au plus tard d'ici à fin juin".
En parallèle, le groupe poursuit le déploiement de son plan Renouveau 2030, avec l’ambition d’atteindre 15,8 milliards d’euros de volume d’affaires et 644 millions d’euros d’EBITDA ajusté à horizon de la fin de la décennie.
Philippe Palazzi martèle la cohérence de la trajectoire : "Nous faisons ce que nous disons. Les résultats démontrent l'exécution rigoureuse et méthodique de notre feuille de route, qui se déroule comme anticipé".
Il ajoute enfin : "Nous sommes au rendez-vous de ce que nous avions annoncé, nous avons une belle progression de l'Ebitda", avant de conclure sur le positionnement du groupe : "Nous sommes sur le bon marché, la proximité, au bon moment, avec les bonnes marques et les bonnes équipes".
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