
(ABC Bourse) - Le distributeur français Casino, maison mère de Monoprix, Franprix, Naturalia et Cdiscount, a annoncé lundi 6 juillet 2026 avoir reçu "des propositions fermes" dans le cadre de sa nouvelle restructuration financière.
Passé sous le contrôle de Daniel Kretinsky en 2024 après des années de pertes et de surendettement, le groupe doit rembourser 1,4 milliard d’euros en mars 2027. Les discussions ouvertes depuis novembre entrent désormais dans une phase plus concrète, avec deux scénarios sur la table et une conséquence déjà clairement annoncée : les actionnaires actuels risquent une forte dilution.
Casino face à sa dette de 1,4 milliard d’euros
Casino cherche à réduire largement le mur de dette qui l’attend en mars 2027. Le groupe a reçu deux propositions fermes de restructuration financière : l’une de ses créanciers Term Loan B, l’autre de France Retail Holdings, son actionnaire de référence lié à Daniel Kretinsky.
Ces offres doivent maintenant être examinées par les instances de gouvernance du groupe. Casino prévoit de retenir un projet de modification de son plan de sauvegarde, avant de le soumettre au vote des créanciers concernés. Le dossier devra ensuite passer devant le Tribunal des activités économiques de Paris.
Pour les actionnaires actuels, le message est déjà rude. D’après Casino, les deux scénarios entraîneraient une forte dilution. Autrement dit, leur poids dans le capital pourrait être nettement réduit à l’issue de l’opération, en fonction du projet finalement retenu et des modalités de conversion, d’apport ou d’effacement de dette.
France Retail Holdings et les créanciers TLB au cœur du dossier
Le rôle de France Retail Holdings reste central. La finalisation du nouveau financement bancaire dépend entre autres du maintien de FRH comme actionnaire de contrôle. Cette condition montre à quel point l’équilibre du dossier repose encore sur l’actionnaire de référence, arrivé aux commandes de Casino lors de la précédente restructuration.
En parallèle, Casino a obtenu l’accord de principe de ses banques sur un nouveau dispositif de financement. Il comprend un crédit renouvelable de 601 millions d’euros, le maintien de 740 millions d’euros de financements opérationnels et une ligne de garanties de 175 millions d’euros.
Ces montants doivent donner de l’air au distributeur pendant la suite des négociations. Mais rien n’est encore bouclé. La finalisation reste conditionnée à plusieurs éléments, dont l’approbation des créanciers Term Loan B.
Casino vise une finalisation d’ici fin 2026
Casino table sur une finalisation de sa restructuration d’ici la fin du second semestre 2026. Ce calendrier laisse quelques mois au groupe pour trancher entre les scénarios proposés, obtenir les votes nécessaires et faire valider la modification de son plan de sauvegarde.
Le dossier pèse déjà sur la communication financière du groupe. L’arrêté des comptes 2025 et la publication du Document d’enregistrement universel restent suspendus à l’issue favorable de l’opération.
Pour Casino, l’enjeu dépasse le simple calendrier de remboursement. Le distributeur cherche à stabiliser sa structure financière avant l’échéance de mars 2027, tout en poursuivant son recentrage autour de ses enseignes de proximité et de ses activités déjà engagées dans le plan de redressement.
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