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Actualité publiée le 14/08/17 10:55

Corée du Nord: Pékin suspend ses importations de fer, minerais et fruits de mer


Un touriste regarde la rivière Yalu qui sépare la ville nord-coréenne Sinuiju et la ville frontalière chinoise Dandong (AFP/Archives/NICOLAS ASFOURI)

La Chine, principal soutien de Pyongyang, a annoncé lundi suspendre toutes ses importations de fer, plomb et produits de la mer nord-coréens, en application des nouvelles sanctions onusiennes et sous la pression insistante de Washington.

Cette suspension, applicable à partir de mardi, concerne "toutes les importations de charbon, fer, minerai de fer, plomb, minerai de plomb, et d'animaux aquatiques et produits de la mer en provenance de Corée du Nord", a détaillé le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

C'est la mise en oeuvre de la septième volée de sanctions économiques internationales contre Pyongyang, adoptées le 5 août par le Conseil de sécurité de l'ONU et approuvées par Pékin, membre permanent du Conseil.

Les nouvelles sanctions -- une riposte au tir par Pyongyang de missiles balistiques intercontinentaux -- sont censées priver le pays d'un milliard de dollars de recettes annuelles et de sources cruciales de devises.

Or, la Chine était concernée au premier plan: destinataire l'an dernier de plus de 92% des exportations nord-coréennes, elle apporte un soutien financier vital au régime stalinien.

Peu après le vote à l'ONU, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi avait assuré que son pays allait "appliquer à 100%, complètement et strictement, la nouvelle résolution".

Une façon d'intensifier la pression sur Pyongyang en pleine escalade verbale entre le régime de Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump, qui a promis à Pyongyang "le feu et la colère" sans écarter une éventuelle intervention militaire.

- Pékin 'doit agir davantage' -

Mais parallèlement à cette rhétorique incendiaire, Donald Trump avait également pointé jeudi dernier la responsabilité de Pékin, jugeant que la Chine "devait agir davantage" et redoutant que l'effet des sanctions ne s'avère "limité" faute d'une application consciencieuse.


Le président américain, Donald Trump, a pointé jeudi dernier la responsabilité de Pékin estimant que la Chine devait agir davantage (AFP/Archives/NICHOLAS KAMM)

De son côté, Pékin estime avoir donné des gages de sa bonne volonté: le géant asiatique avait déjà interrompu mi-février ses importations de charbon nord-coréen, suite à de précédentes sanctions onusiennes.

Ce qui avait déjà fait disparaître une source de revenus essentielle pour Pyongyang: en 2016, la Chine avait importé 22,5 millions de tonnes de charbon de son voisin, pour 1,19 milliard de dollars.

En conséquence, le montant total des importations chinoises en provenance de Corée du Nord a reculé de 13,2% sur un an sur l'ensemble du premier semestre 2017, selon les douanes chinoises.

Pour autant, les exportations de la Chine vers le régime de Kim Jong-Un ont elles explosé de 29% sur la même période, et Pékin poursuivait ses achats d'autres produits.

La Chine a ainsi importé en juin pour 46,7 millions de dollars de poissons et crustacés de Corée du Nord. Les achats chinois de minerai de fer nord-coréen s'étaient quant à eux élevés en mai à 13,4 millions de dollars (pour 233.500 tonnes), selon les chiffres les plus récents des douanes.

- Moratoire -

Et le trafic commercial à la frontière entre les deux pays restait récemment extrêmement actif, comme l'avait constaté l'AFP, avec notamment des importations de métaux précieux nord-coréens.

La Chine, qui s'est tenue en retrait face à la récente escalade verbale américano-nord-coréenne, continue par ailleurs de prôner une résolution "par le dialogue" du dossier nord-coréen, renvoyant volontiers dos à dos Washington et Pyongyang.

Elle prône ainsi un double "moratoire": l'arrêt simultané des essais nucléaires et balistiques nord-coréens d'une part et celui des manoeuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud d'autre part.

"Toutes les parties concernées doivent prendre leurs responsabilités (...) et, en suivant la recommandation d'une +double suspension+, mettre fin au cercle vicieux de la situation actuelle", a insisté de nouveau lundi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Et cela, de telle sorte que les négociations puissent être reprises, et qu'une issue puisse être trouvée", a-t-elle ajouté lors d'un point-presse régulier, en référence aux pourparlers à Six (les deux Corée, Japon, Russie, Chine et Etats-Unis). Ceux-ci sont interrompus depuis 2009.

© 2017 AFP

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1 commentaire sur cet article. Participez à la discussion.

Dubaisan
14/08/17 12:33
Le conflit est entre la Chine et les USA et il est très complexe. Actuellement la Chine veut asseoir son influence et étendre sa souveraineté au-delà de ses frontières :
- En mer de Chine du Sud en spoliant les droits des peuples riverains, mais en leur faisant miroiter des milliards de retombées économiques au sein de l'Asean et autres Traités commerciaux type Tafta asiatique qui vont concerner près du tiers de la population mondiale et dont sont exclus les américains.
- Avec l'annexion de territoires stratégiques contestés, avec ou plutôt contre le gré du Bhutan (qui n'a pas son mot à dire), mais surtout contre l'Inde.
- Avec l’OBOR (one Belt one Road), nouvelle route de la Soie qui devrait via les pays d’Asie Centrale et de la Russie, booster le commerce avec l’Europe.
- Ses implantations portuaires au Pakistan, au Moyen Orient en Afrique et en Amérique du Sud, « le chapelet de perles », sont autant de fers de lances qui viennent aiguillonner les USA comme celle du picador épuise le taureau.
Le conflit avec la CDN est donc le moyen pour les USA de rétablir l’équilibre stratégique. Car la CDN dans cette crise a été soutenue par son grand cousin. La Chine jusque-là maîtrisait la dynastie des Kim. Or il semble que le petit dernier que les chinois appellent Jin San Pang (OR le 3em le gros) sur les blogs, est entrain de lui échapper. Pour les USA tant que la CDN n’avait pas montre ses capacités réelles de nuisance, elle ne s’inquiétait pas trop. Maintenant il y a de bonnes raisons pour hausser la voix mais aussi exercer une énorme pression sur la Chine.
Pour les américains, il ne faut pas oublier non plus le récent et très fort ressentiment contre le régime Nord-coréen concernant le décès d’Otto Warmbier, le jeune étudiant incarcéré en CDN. Et puis Kim Jong Un restera aux yeux occidentaux, celui qui a vaporisé son oncle avec un missile, fait exécuter un général assoupi au canon anti aérien et enfin fait tuer son demi-frère à l’aide d’un des plus puissants et mortels neurotoxiques.
Même s’il existe des canaux de contacts directs entre les USA et la CDN (Joseph Yun envoyé spécial des USA pour la CDN et Pak Song II diplomate nord-coréen aux Nations-Unies), il est clair que tant que Washington continuera à faire pression et privilégier le concours de Pékin, rien ne se passera. A la minute ou cela cessera, tout sera possible et très vite.

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