
(Correction: dans une dépêche publiée jeudi 30 juillet à 7h15, il était indiqué par erreur que la cotation récente de SBI Funds Management en Inde devrait se traduire par une contribution de 113 millions d'euros au résultat net. Revoici la dépêche corrigée)
Amundi a enchaîné les records au deuxième trimestre 2026, effaçant certains plus hauts historiques réalisés durant le premier trimestre. La société de gestion du groupe Crédit Agricole a présenté un résultat net ajusté de 431 millions d'euros sur la période, en hausse de 29% sur un an, selon ses résultats publiés jeudi 30 juillet. Du jamais-vu dans l'histoire de l'entreprise, tous trimestres confondus. Le terme de record vaut également pour son résultat net ajusté semestriel qui s'élève à 781 millions d'euros (+22,4% sur un an) ainsi que pour ses encours sous gestion qui ressortent à 2.581 milliards d'euros au 30 juin 2026 (+8% sur le trimestre, +14% sur un an).
Le résultat net part du groupe atteint 409 millions d'euros pour le deuxième trimestre 2026, en repli de 42,8% sur un an. Cette baisse s'explique par la plus-value comptable de 402 millions d'euros enregistrée lors la finalisation de son opération avec Victory Capital au deuxième trimestre 2025.
Pour tous ces indicateurs, comme lors du premier trimestre 2026, Amundi a nettement dépassé les attentes des analystes compilées par Factset. Le consensus prévoyait un résultat net part du groupe de 360 millions d'euros et des encours sous gestion à 2.486 milliards d'euros.
+ Collecte en hausse partout sauf auprès des institutionnels +
Les encours d'Amundi ont d'abord augmenté à la faveur d'une collecte nette de 24,4 milliards d'euros (contre 20,6 milliards attendus par les analystes) durant le trimestre. Celle-ci s'est concrétisée pour la majorité en Asie (+9 milliards) et en Europe du Nord (+8 milliards).
Les actifs moyen-long terme ont engrangé 20,5 milliards d'euros de collecte. La gestion active a collecté 9 milliards d'euros, en particulier sur l'obligataire, et les ETF 12 milliards d'euros. Amundi s'offre au passage le premier semestre de collecte le plus élevé de son histoire, cumulant 56,4 milliards d'euros d'entrées nettes.
En termes de clientèles, sur le deuxième trimestre 2026, la collecte a été tirée par le segment des particuliers (+14,9 milliards), soutenu par l'activité des distributeurs tiers. Les assureurs des groupes Crédit Agricole et Société Générale ont apporté 11 milliards d'euros de nouveaux flux nets et les coentreprises d'Amundi 6 milliards.
Au sujet des coentreprises d'Amundi, la plus-value nette d'impôt de 300 millions d'euros générée par la cotation récente de SBI Funds Management en Inde sera comptabilisée au troisième trimestre 2026.
Seule vraie fausse note du trimestre, le gestionnaire a décaissé 7 milliards d'euros sur la clientèle institutionnelle. Deux facteurs l'expliquent: les rachats des entreprises dans les produits de trésorerie à hauteur de 7 milliards d'euros et des sorties sur deux mandats faiblement margés de 11 milliards d'euros. Il s'agissait de mandats avec l'assureur du groupe bancaire italien UniCredit (-7 milliards) et avec un fonds souverain du Golfe (-4 milliards).
Concernant UniCredit, les sorties nettes totales trimestrielles sont de 5 milliards d'euros et les encours gérés par Amundi pour le groupe italien restent à 75 milliards d'euros grâce à la hausse des marchés.
+ Coefficient d'exploitation sous les 50% +
Pour accroître ses encours, l'entreprise a aussi empoché des gains de marché de 148 milliards d'euros entre fin mars et fin juin 2026 et enregistré un effet devises positif de 5 milliards d'euros. Ses revenus nets ajustés sur le trimestre comme sur le semestre ont atteint des niveaux records, respectivement 933 millions d'euros (+3,4% sur le trimestre, +18% sur un an) et 1,8 milliard d'euros (+13,8% sur un an).
Le gestionnaire d'actifs du Crédit Agricole dépasse là encore de loin les attentes des analystes. La hausse des revenus nets est tirée par les augmentations des commissions de gestion (837 millions d'euros au deuxième trimestre, +16,7% sur un an) et de l'activité technologique (32 millions d'euros, +25,3% sur un an).
Signe de sa bonne rentabilité, Amundi présente un coefficient d'exploitation de 48,9% au deuxième trimestre 2026, parmi les meilleurs du secteur de la gestion d'actifs. Cela représente une amélioration du ratio de 1,6 point de pourcentage sur le trimestre et de 3,9 points sur un an.
La directrice générale d'Amundi, Valérie Baudson, a salué une "performance remarquable" de la société sur le deuxième trimestre et le premier semestre, ajoutant qu'elle restait très confiante dans le modèle diversifié d'Amundi. "Les choix stratégiques que nous avons faits en termes de relais de croissance pour ce plan à moyen-long terme sont les bons. Notre dynamique commerciale, en termes de nombre de clients et d'expertises, va se maintenir", a-t-elle déclaré lors d'un point presse le 29 juillet.
+ Bénéfice par action net au-delà des 2 euros, une première +
Le bénéfice par action net ajusté d'Amundi ressort à plus de 2 euros (2,09 euros) pour la première fois pour un trimestre dans l'histoire de la firme. Le titre a connu une succession récente de plus hauts historiques en Bourse, ayant atteint jusqu'à 90,30 euros en séance, le 20 juillet. Valérie Baudson observe que la perception des analystes et des investisseurs est "particulièrement positive" depuis la présentation du nouveau plan à moyen-long terme en novembre 2025.
Par ailleurs, la directrice générale d'Amundi a un peu détaillé l'utilisation de l'intelligence artificielle au sein de l'entreprise, évoquant pêle-mêle les gains d'efficience pour Amundi Intermédiation, l'augmentation du volume de réponses aux appels d'offres et de la réactivité de la société dans ses réponses aux requêtes des clients. Valérie Baudson a indiqué que plus de 50% des collaborateurs de la société de gestion utilisaient au quotidien la plateforme IA interne mise à disposition depuis septembre 2025. "C'est un très bon résultat au bout de 9-10 mois. Nous menons un certain nombre de projets IA, qui sont non plus à l'échelle d'une équipe mais à l'échelle d'une division", a-t-elle précisé.
-Adrien Paredes-Vanheule, L'Agefi. ed: JDO
Agefi-Dow Jones The financial newswire
