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Actualité publiée le 12/05/26 15:13

Crédit immobilier : les banques prêtent davantage malgré la guerre en Iran

(ABC Bourse) - Malgré les tensions géopolitiques et la menace d’une remontée des taux, le crédit immobilier démarre 2026 sur un rythme inattendu. Les banques multiplient les offres pour attirer les emprunteurs.

Le marché immobilier n’avait plus affiché un tel regain depuis des mois. Malgré la guerre en Iran, les craintes sur l’inflation et les tensions sur les marchés financiers, les banques françaises continuent d’ouvrir largement les vannes du crédit immobilier. En mars 2026, la production de nouveaux prêts à l’habitat a atteint 12,6 milliards d’euros hors renégociations, selon les derniers chiffres de la Banque de France.

Le volume de crédits accordés progresse de près de 9 % sur un mois et dépasse aussi les niveaux observés un an plus tôt. Derrière cette reprise, les banques cherchent à reconquérir des clients dans un marché redevenu très concurrentiel, alors que les transactions immobilières repartent aussi à la hausse avec 958.000 ventes dans l’ancien sur douze mois.

Crédit immobilier, les banques accélèrent malgré les tensions internationales

Le début de la guerre en Iran n’a pas stoppé l’élan amorcé depuis plusieurs mois. Après trois années marquées par la flambée des taux provoquée par la guerre en Ukraine en 2022, les établissements bancaires veulent désormais regagner du terrain.

Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, résume cette dynamique : "Ce sont de très bons chiffres, car la reprise était déjà très marquée au premier trimestre 2025, et là, nous sommes encore au-dessus". Elle ajoute : "Cela montre un très bon niveau d'activité en début d'année sur un marché très résilient."

Le redémarrage du marché immobilier ancien joue aussi un rôle clé. Selon les chiffres des notaires, les transactions ont progressé de 11 % sur un an. Les banques profitent de ce retour des acheteurs pour multiplier les offres attractives.

Certaines enseignes limitent volontairement les hausses de taux malgré la remontée de l’OAT française à 10 ans autour de 3,7 % à 3,8 % en avril. En mai, les taux moyens restent relativement contenus avec 3,3 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans selon Vousfinancer et Pretto.

Les prêts bonifiés reviennent pour séduire davantage d’emprunteurs

Pour convaincre les acheteurs, plusieurs banques ont aussi relancé les prêts à taux bonifiés. Ces dispositifs, longtemps réservés aux primo-accédants ou aux logements les mieux classés énergétiquement, s’étendent désormais à davantage de profils.

Sandrine Allonier explique : "Pour ce faire, elles ont limité les hausses de taux, et beaucoup ont ouvert les prêts à taux bonifiés à tous les profils, et non plus seulement aux primo-accédants ou aux très bons diagnostics énergétiques". Puis elle précise : "Sur un marché très incertain, elles estiment qu'il vaut mieux atteindre leurs objectifs le plus rapidement possible."

Le Crédit Agricole propose par exemple un prêt à 2,49 % pouvant représenter jusqu’à 10 % du montant total du crédit, dans la limite de 50.000 euros.

Dans le même temps, la Banque de France indique que le taux moyen des crédits immobiliers atteint 3,08 % toutes durées confondues. Les meilleurs profils restent avantagés, mais les conditions se durcissent légèrement depuis quelques semaines.

Guerre en Iran, inflation et taux d’usure inquiètent déjà le marché

Le principal risque pour les prochains mois reste désormais l’inflation. Si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, la Banque centrale européenne pourrait relever de nouveau ses taux directeurs.

Le courtier Cafpi avertit : "Si la situation perdure, la BCE sera contrainte d'accroître à nouveau ses taux, faisant peser une tension particulière sur le crédit immobilier"

Cette perspective inquiète particulièrement les courtiers à cause du taux d’usure, ce plafond légal au-delà duquel les banques ne peuvent plus prêter. Comme il n’est révisé que tous les trois mois, une remontée trop rapide des taux pourrait bloquer certains dossiers.

Selon Cafpi, jusqu’à 20 % des demandes pourraient être concernées d’ici juin, surtout pour les emprunts courts ou les profils de plus de 45 ans, pénalisés par le coût élevé de l’assurance emprunteur.

Le marché immobilier français évolue donc dans un climat fragile. Le dernier baromètre SeLoger et Meilleurs Agents évoque déjà une "reprise à deux vitesses", avec des écarts de dynamique entre Paris, les zones rurales et le reste du territoire.

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