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Actualité publiée le 09/03/26 15:43

Crédit immobilier : les taux repartent à la hausse avec la guerre en Iran

(ABC Bourse) - La reprise du crédit immobilier semblait bien engagée depuis plusieurs mois. Mais un facteur inattendu pourrait rebattre les cartes : la guerre en Iran, qui provoque déjà des tensions sur les marchés financiers et pourrait influencer les taux d’emprunt en France.

Les signaux étaient plutôt encourageants pour le marché immobilier français. Après une année marquée par la chute de la production de crédits et la hausse rapide des taux, les banques espéraient profiter du traditionnel rebond du printemps pour relancer les prêts immobiliers. Mais les dernières données publiées lundi 9 mars par la Banque de France montrent que cette reprise reste fragile.

Selon l’institution, la production de crédits immobiliers hors renégociations a atteint 10,9 milliards d’euros en janvier, contre 12,7 milliards en décembre. Dans le même temps, le taux moyen des crédits immobiliers a légèrement progressé en début d'année pour atteindre 3,17 %, après 3,08 % en décembre, mettant fin à huit mois de stabilité.

Crédit immobilier, les banques misent sur le rebond du printemps

Malgré ce ralentissement ponctuel, les établissements financiers ne comptent pas lever le pied. Le début du printemps correspond traditionnellement à une période dynamique pour les transactions immobilières, et les banques cherchent à capter un maximum d’emprunteurs.

Les courtiers observent d’ailleurs plusieurs ajustements de taux en ce début d’année. Certaines banques ont même déjà procédé à des baisses afin de relancer leur activité commerciale.

Julie Bachet, directrice générale du courtier Vousfinancer, souligne ainsi que "Les baisses de taux de crédits que nous constatons en mars témoignent de la volonté des banques d'accélérer leur développement commercial et d'augmenter leur production de crédits à un moment de l'année durant lequel il y a de nombreuses transactions immobilières".

Même constat du côté d’Empruntis. Caroline Pasquereau, directrice de la communication et du marketing du courtier, indique que "A l'approche du printemps, nous observons des banques particulièrement engagées, avec une volonté affirmée de développer leur production".

La concurrence reste forte entre les établissements financiers pour attirer les emprunteurs, en particulier les primo-accédants, considérés comme plus rentables sur le long terme. Pierre Chapon, cofondateur de Pretto, explique que "chaque banque ajuste sa grille en fonction de ses objectifs commerciaux, de ses volumes et des profils qu'elle souhaite capter".

Depuis le début de l’année 2025, la Banque de France observe d’ailleurs que l’accès au crédit des primo-accédants progresse plus rapidement que les ventes de logements et que l’ensemble des prêts accordés.

Guerre en Iran, un risque de remontée des taux immobiliers

Cette stratégie commerciale pourrait toutefois se heurter à un contexte international de plus en plus incertain. Depuis l’éclatement de la guerre en Iran et l’extension des tensions dans la région, les marchés financiers connaissent un regain d’inquiétude.

La flambée des prix du pétrole et du gaz a ravivé les craintes inflationnistes, poussant les investisseurs à se montrer plus prudents. Résultat : les taux d’emprunt de l’État français se sont brusquement tendus.

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L’OAT à 10 ans, qui sert de référence pour la fixation des taux immobiliers, est passée de 3,30 % le 2 mars à 3,50 % le 9 mars. Quelques mois plus tôt, fin décembre, elle avait déjà dépassé les 3,5 % dans un contexte d’incertitude budgétaire en France.

Si ces tensions se prolongent, elles pourraient rapidement se répercuter sur les conditions d’emprunt proposées par les banques. Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, prévient que "En cas de tensions durables au Moyen-Orient, on pourrait observer quelques hausses des taux de crédits à court ou moyen terme, en lien avec une hausse des prix de certaines matières premières et une répercussion progressive sur les taux d'emprunt d'Etat".

Dans ce contexte, certains ménages pourraient être tentés de repousser leur projet immobilier en attendant davantage de visibilité sur l’évolution des taux et de l’économie.

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