(ABC Bourse) - Les emprunteurs vont devoir composer avec une nouvelle hausse des taux immobiliers en novembre 2026. Sur 15, 20 et 25 ans, les banques revoient leurs conditions de financement. Et pour certains ménages, la facture franchit désormais un seuil particulièrement sensible.

Le crédit immobilier continue de coûter plus cher en France. Après les augmentations de la rentrée, les taux repartent à la hausse en novembre 2026, compliquant les projets d'achat des ménages. Les derniers baromètres des courtiers Pretto, CAFPI et Meilleurtaux confirment cette tendance sur toutes les durées d'emprunt, de 15 à 25 ans.
Cette remontée intervient alors que les banques subissent une pression croissante sur leurs coûts de financement, liée aux tensions sur la dette française. Pour les futurs propriétaires, les conséquences se mesurent directement sur les mensualités, mais aussi sur le montant qu'ils peuvent emprunter. Les écarts entre établissements et profils restent pourtant importants.
Les nouveaux taux sur 15, 20 et 25 ans en novembre 2026
Les chiffres publiés par les principaux courtiers ne laissent guère de place au doute. Chez Pretto, le taux immobilier moyen atteint désormais 3,56 % sur 15 ans, 3,76 % sur 20 ans et 3,85 % sur 25 ans. Selon la durée, la progression par rapport à octobre varie de 0,06 à 0,11 point.
CAFPI constate également une hausse des conditions d'emprunt. Les taux moyens obtenus en octobre s'établissent à 3,40 % sur 15 ans, 3,61 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans. En un mois, ils ont respectivement augmenté de 0,10, 0,10 et 0,17 point.
Les données de Meilleurtaux complètent ce panorama avec des moyennes de 3,58 % sur 15 ans, 3,71 % sur 20 ans et 3,80 % sur 25 ans. Tous ces taux s'entendent hors assurance emprunteur, dont le coût vient s'ajouter aux remboursements.
Mais ces moyennes masquent des différences considérables selon les revenus. D'après Pretto, les ménages disposant de moins de 40 000 euros nets annuels avant impôts empruntent désormais à 4,07 % en moyenne sur 25 ans. Pour ceux qui gagnent entre 40 000 et 80 000 euros, ce taux descend à 3,97 %.
À l'autre extrémité, les foyers dont les revenus dépassent 120 000 euros par an obtiennent un taux moyen de 3,53 % sur 25 ans. L'écart atteint donc 0,54 point entre ces emprunteurs et les ménages aux revenus les plus faibles.
Les dossiers les plus solides peuvent obtenir des conditions encore plus intéressantes. CAFPI fait état de taux attractifs à 3,10 % sur 15 ans, 3,25 % sur 20 ans et 3,45 % sur 25 ans. Chez Meilleurtaux, les excellents profils peuvent viser 3,35 % sur 15 ans et 3,55 % sur 20 ou 25 ans.
Hausse des taux immobiliers : combien allez-vous payer en plus chaque mois ?
Quelques dixièmes de point supplémentaires peuvent sembler négligeables au moment de signer un crédit. Sur plusieurs centaines de milliers d'euros empruntés, leur effet devient pourtant bien réel.
Prenons l'exemple présenté par Pretto d'un prêt immobilier de 250 000 euros sur 20 ans, avec un taux de 3,76 %. La mensualité atteint environ 1 484 euros hors assurance. Avec la dernière augmentation des taux, le ménage concerné doit débourser 13 euros supplémentaires chaque mois, soit un surcoût total de 3 115 euros sur la durée du financement.
Sur 25 ans, l'addition peut être plus élevée. D'après CAFPI, la récente hausse des taux entraîne une augmentation d'environ 23 euros par mois pour un emprunt de 250 000 euros, toujours sans compter l'assurance.
Cette évolution réduit également la surface que les acheteurs peuvent financer. Pour une mensualité de 1 000 euros sur 25 ans, CAFPI estime que le pouvoir d'achat immobilier a reculé de 5,75 m² en un an à Rennes, soit 10,61 % de surface en moins. La perte atteint 4,97 m² à Reims et 3,90 m² à Marseille.
Derrière ces nouveaux barèmes se trouvent les tensions sur les marchés obligataires. Le 21 octobre, l'OAT française à 10 ans, qui représente le taux auquel l'État emprunte sur cette durée, a dépassé 5 % pour la première fois depuis 2002. Cet indicateur influence les conditions de financement proposées par les banques.
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Plusieurs établissements avaient d'ailleurs anticipé la hausse de novembre. Le Crédit Mutuel du Sud-Ouest a augmenté ses barèmes de 0,25 point dès le 19 octobre, suivi du Crédit Agricole Île-de-France, qui a appliqué une hausse de 0,20 point le 21 octobre.
Pierre Chapon, cofondateur de Pretto, explique cette situation : "Les banques ont choisi de défendre leurs volumes dans un marché peu dynamique, plutôt que de gonfler leur marge sur le crédit".
Les courtiers envisagent désormais de nouvelles augmentations d'ici la fin de l'année, avec des taux moyens susceptibles d'atteindre 4 % sur 25 ans. Les banques continuent malgré tout de se disputer les meilleurs dossiers, ce qui laisse une place à la négociation.
Chez Pretto, les clients ayant obtenu une offre de prêt sur 25 ans au cours des 30 derniers jours ont réussi à décrocher, en moyenne, un taux inférieur de 0,18 point au barème initial de leur banque. Une différence qui montre que les conditions proposées au départ ne correspondent pas toujours au taux finalement accordé.
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