
(ABC Bourse) - Eagle Football Group (EFG), maison mère de l’Olympique Lyonnais cotée sur Euronext Paris, sort du silence pour préciser la portée d’un accord clé signé le 7 juillet 2025 avec Ares Capital Corporation et Michele Kang. Le groupe entend lever toute ambiguïté autour de cette « Lettre Accord », conclue dans un contexte de crise financière aiguë et de tensions sur la gouvernance.
Cette mise au point intervient après des « allégations récemment formulées par John Textor au sujet de cette lettre d'accord » et vise à rappeler les engagements pris par les créanciers et l’actionnaire majoritaire Eagle Football Holdings Bidco Limited. En toile de fond, la relégation administrative de l’Olympique Lyonnais en Ligue 2 par la DNCG le 24 juin 2025, finalement annulée après un renforcement financier massif et un changement de direction.
117 millions d’euros mobilisés pour sauver l’OL
Au plus fort de la crise, la DNCG avait décidé de reléguer l’OL en Ligue 2 pour des raisons financières. EFG a alors obtenu un financement supplémentaire de 87 millions d’euros, fourni principalement par les porteurs d’obligations existants et Michele Kang via Eagle Bidco. À ce soutien s’est ajoutée une garantie bancaire de 30 millions d’euros contre-garantie par Mme Michele Kang.
Ce renforcement financier, combiné à un changement rapide de gouvernance avec la démission prochaine de John Textor de ses fonctions de PDG et d’administrateur et la nomination de Michele Kang au poste de PDG d’EFG, a permis de convaincre la DNCG de revenir sur sa décision et de maintenir l’OL en Ligue 1.
La Lettre Accord, conclue dans ce contexte, répondait au besoin de stabilité des parties avant d’engager « des ressources financières et du temps considérables ». Elle s’applique tant que Michele Kang occupe ses fonctions de PDG d’EFG et réaffirme la garantie mise en place.
Des engagements de stabilité jusqu’en 2027
L’accord prévoit plusieurs engagements structurants. Ares et Bidco se sont engagés à ne pas entreprendre de processus de vente concernant EFG ou ses filiales avant le 30 juin 2026, et à ne prendre aucune mesure visant à démettre Michele Kang de ses fonctions de PDG d’EFG avant le 30 juin 2027.
De son côté, Ares s’est engagé à ne prendre, avant le 30 juin 2026, aucune mesure d’exécution concernant les actions d’EFG ou celles de ses filiales susceptibles d’être mises en gage, ni plus largement sur toute garantie détenue sur des actifs liés au groupe.
Pour répondre aux préoccupations sur le manque de transparence entourant la gestion passée, la Lettre Accord a également créé un comité composé d’un administrateur indépendant de Bidco, de Jean-Pierre Conte en tant que membre du conseil d’administration d’EFG, de deux représentants des porteurs d’obligations et de Michele Kang. Ce comité devait être consulté sur certaines dépenses d’investissement, transactions importantes ou décisions stratégiques. Dans la pratique, il n’a jamais été consulté ni n’a approuvé aucune opération et se trouve suspendu depuis la mi-décembre.
EFG précise ne pas être juridiquement partie à la Lettre Accord et ne pas être engagée par ses termes. Le conseil d’administration, composé actuellement d’une majorité d’administrateurs indépendants, conserve son pouvoir décisionnel. Le groupe affirme rester déterminé à œuvrer pour « le succès sur le terrain et la création de valeur à long terme ».
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