(ABC Bourse) - Edenred traverse le choc réglementaire mieux que prévu. Le groupe relève ses prévisions pour 2026 après un premier semestre marqué par la progression de son chiffre d’affaires, mais aussi par un recul de son EBITDA et de son résultat net.

Le spécialiste des avantages aux salariés et de la mobilité professionnelle, Edenred, a publié ses comptes le 23 juillet 2026.. Au 30 juin, son revenu total atteignait 1,473 milliard d’euros, soit une hausse de 1,5 % par rapport au premier semestre 2025.
Le groupe français ne sort pourtant pas indemne des nouvelles règles appliquées aux titres-restaurant en Italie et au Brésil. Son EBITDA a reculé de 6 % en données publiées, à 616 millions d’euros, tandis que son résultat net part du groupe a baissé de 9 %, à 214 millions d’euros.
Ces résultats se révèlent malgré tout supérieurs aux attentes d’Edenred. L’entreprise vise désormais une baisse annuelle de son EBITDA comprise entre 7 % et 10 % à données comparables. Elle anticipait jusque-là un repli compris entre 8 % et 12 %.
Edenred s’appuie sur la Mobilité pour amortir le recul des titres-restaurant
Le chiffre d’affaires opérationnel d’Edenred a atteint 1,360 milliard d’euros au premier semestre, en hausse de 1,6 % en données publiées. Une fois écartés les effets des changements de réglementation en Italie et au Brésil, sa progression atteint 8 %.
La principale accélération vient de la Mobilité. Cette activité a généré 373 millions d’euros de chiffre d’affaires opérationnel, en hausse de 11,9 % en données publiées et de 11,1 % à données comparables. Au deuxième trimestre, sa progression publiée a même atteint 17 %.
Edenred profite de la demande pour ses cartes-carburant et ses services destinés aux gestionnaires de flottes. Le déploiement de la recharge électrique en Europe soutient aussi cette activité. En juin, le groupe a signé un accord pour acquérir The Mobility House Solutions, spécialiste allemand des services de recharge pour les entreprises.
Les Avantages aux salariés restent la première activité du groupe, avec 887 millions d’euros de chiffre d’affaires opérationnel. Ce montant recule de 2 % en données publiées. Le plafonnement des commissions versées par les commerçants en Italie et au Brésil, puis l’arrivée de systèmes interopérables au Brésil, ont pesé sur les revenus liés aux titres-restaurant.
Hors effets de ces changements, cette branche affiche une croissance de 7,4 %. Edenred indique aussi avoir signé plus de 10 % de nouveaux clients parmi les petites et moyennes entreprises au cours des six premiers mois de l’année.
Les nouvelles prévisions d’Edenred pour 2026
Edenred prévoit désormais un EBITDA annuel compris entre 1,230 et 1,270 milliard d’euros environ. Cette estimation repose sur l’hypothèse de taux de change moyens au second semestre identiques aux cours observés à la clôture du 30 juin 2026.
Le groupe maintient aussi son objectif de conversion du free cash-flow en EBITDA à au moins 35 %. Au premier semestre, sa marge brute d’autofinancement avant autres charges et produits a atteint 432 millions d’euros, contre 468 millions un an plus tôt.
Son free cash-flow s’établit à -154 millions d’euros. Edenred attribue cette situation à la baisse saisonnière des fonds temporairement détenus pour les utilisateurs et à l’application des nouvelles règles brésiliennes, qui imposent un délai maximal de remboursement des commerçants de 15 jours.
La dette nette a, elle, diminué de près de 600 millions d’euros en un an. Elle atteignait 1,764 milliard d’euros au 30 juin 2026, contre 2,351 milliards à la fin juin 2025, malgré 520 millions d’euros reversés aux actionnaires par les dividendes et les rachats de titres.
S&P Global Ratings a confirmé en juillet la note A- d’Edenred, avec une perspective stable. Le groupe a aussi signé le 22 juillet une nouvelle ligne de crédit de 900 millions d’euros arrivant à échéance en 2031.
Edenred compte maintenant accélérer ses investissements dans les données et l’intelligence artificielle. Le groupe veut utiliser des agents d’IA pour améliorer son processus commercial, relever son taux de conversion de 20 points et réduire ses coûts d’acquisition de clients de plus de 30 %.
Pour 2027 et 2028, l’entreprise conserve une prévision de croissance organique annuelle de l’EBITDA comprise entre 8 % et 12 %. Elle vise aussi un taux annuel de conversion du free cash-flow en EBITDA supérieur ou égal à 65 %, à réglementation et méthode constantes.
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