
La Réserve fédérale (Fed) est restée l'arme au pied mercredi, alors que les progrès réalisés pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient rendent moins urgent le recours à un tour de vis monétaire pour endiguer le retour de l'inflation.
A l'issue de sa première réunion présidée par Kevin Warsh, la banque centrale américaine a décidé à l'unanimité de conserver son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,5% et 3,75%, un niveau jugé neutre ou légèrement restrictif pour l'économie.
Elle se démarque ainsi de la Banque centrale européenne (BCE), qui a pris les devants la semaine dernière en relevant ses taux pour la première fois depuis trois ans.
Le marché avait acté depuis plusieurs semaines déjà le maintien du statu quo, la Fed ayant indiqué qu'elle attendrait d'en savoir plus sur les répercussions de la guerre avec l'Iran pour ajuster sa politique.
Dans les prochains mois, l'institution pourrait toutefois être amenée à se montrer plus ferme contre une inflation qui se maintient au-dessus des 2% par an. La Fed pourrait notamment profiter de la bonne orientation du marché de l'emploi américain, qui semble exclure le risque de récession, pour se concentrer sur la lutte contre l'inflation.
Selon les projections mises à jour mercredi, la moitié des membres de la Fed prévoit à présent un relèvement des taux avant la fin de l'année. L'autre moitié anticipe majoritairement un maintien du statu quo ou, pour un seul des membres, un léger assouplissement.
"Le comité (de politique monétaire) assurera la stabilité des prix", s'est engagée la Fed dans un communiqué. Ce dernier, particulièrement bref, ne comporte plus de "biais accommodant", à savoir l'évocation de possibles nouvelles baisses de taux.
Dans les projections publiées en mars au tout début de la guerre et de la flambée des prix du pétrole, les dirigeants de la Fed penchaient majoritairement pour une légère baisse de taux d'ici à la fin de l'année.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
