(ABC Bourse) - Entre pression fiscale, attentes déçues et perspectives revues à la baisse, FDJ United démarre 2026 sous tension, et les investisseurs commencent à douter.

Le début d’année ne se passe pas comme prévu pour FDJ United. Le groupe voit action chuter de plus de 6% ce 22 avril, tombant à 24,8 euros après la publication de résultats trimestriels en net recul. En cause, un chiffre d’affaires inférieur aux attentes et un environnement réglementaire de plus en plus contraignant.
Au premier trimestre 2026, FDJ United affiche un chiffre d’affaires de 895 millions d’euros, en baisse de 3,2% sur un an. Une performance qui déçoit le marché, d’autant que le consensus Bloomberg tablait sur 930 millions d’euros. Le groupe évoque un contexte "toujours marqué par l'impact des hausses de fiscalité et par le durcissement de certaines régulations des jeux d'argent et de hasard".
Une fiscalité et une régulation qui pèsent sur FDJ United
Le recul du chiffre d’affaires ne doit rien au hasard. FDJ United pointe directement l’impact des nouvelles taxes sur les jeux, qui ont amputé ses revenus de 24 millions d’euros sur le trimestre. Ce facteur, combiné à un durcissement des régulations dans plusieurs marchés, fragilise la dynamique du groupe.
Le secteur des jeux d’argent est particulièrement exposé à ces évolutions réglementaires. Au Royaume-Uni notamment, où FDJ United est présent via sa division OBG, les contraintes se renforcent, compliquant les perspectives de croissance.
Dans ce contexte, la direction a dû revoir ses ambitions pour les mois à venir. La marge d’Ebitda courant pour 2026 est désormais attendue entre 23% et 24%, contre 24,5% précédemment. Autre signal préoccupant, le chiffre d’affaires annuel devrait finalement légèrement reculer, alors qu’une progression était encore envisagée en début d’année.
Des analystes prudents malgré un profil jugé solide
La publication n’a pas convaincu les analystes. Chez Oddo BHF, le constat est clair : les résultats déçoivent, notamment dans la division internationale. Le cabinet reste attentif aux défis au Royaume-Uni, désormais pilotés par Pascal Chaffard.
Ce dernier verra d’ailleurs ses fonctions évoluer avec l’arrivée de Dan Lévy, ancien CFO d’Ipsos, qui prendra ses fonctions à partir du 18 mai. Un changement de gouvernance qui intervient dans un moment stratégique pour le groupe.
Malgré ces turbulences, certains éléments continuent de soutenir le dossier. FDJ United conserve un profil jugé résilient, avec un bilan solide et une capacité à redistribuer régulièrement à ses actionnaires. L’intégration de Kindred, acquise fin 2024, est toujours en cours et pourrait à terme renforcer sa position.
Reste que le marché demeure focalisé sur les risques fiscaux et réglementaires. Ces incertitudes expliquent en partie la décote actuelle du titre, valorisé à 7,8 fois son EBITDA attendu en 2026, soit environ 20% de moins que ses concurrents directs.
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