
L'exploitant aéroportuaire Groupe ADP a annoncé mercredi soir des revenus et un résultat net en progression au premier semestre mais est contraint de revoir à la baisse ses objectifs 2026 en raison du prolongement du conflit au Moyen-Orient.
Le groupe a publié un chiffre d'affaires en progression de 1,6% sur les six premiers mois de l'année, à 3,2 milliards d'euros.
L'Ebitda courant ressort à 1,02 milliard d'euros de janvier à juin, en repli de 1% sur un an.
En revanche, le résultat net part du groupe triple (+221,6% sur un an) pour atteindre 312 millions d'euros sur la période.
Les analystes s'attendaient en moyenne à un chiffre d'affaires de 3,1 milliards d'euros, un Ebitda courant de 971 millions d'euros et un résultat net part du groupe de 247 millions d'euros, selon un consensus fourni par Groupe ADP.
Du côté du trafic, les aéroports du groupe ont accueilli 179,2 millions de passagers au cours du premier semestre (+0,2% sur un an), dont 51,6 millions de passagers pour Paris Aéroport (+0,5% sur un an).
"Malgré un environnement géopolitique difficile, le Groupe ADP a enregistré une performance résiliente au 1er semestre 2026", souligne Philippe Pascal, président-directeur général de Groupe ADP, cité dans un communiqué.
+ Accord avec l'Etat et plan d'économies +
Le groupe a par ailleurs annoncé ce mercredi avoir trouvé un accord avec l'Etat sur un projet de contrat de régulation économique (CRE) pour la période 2027-2034. Ce dernier tient compte des recommandations émises par l'Autorité de régulation des transports dans un avis rendu en avril dernier. Cet accord prévoit notamment une hausse des tarifs des redevances plafonnée en moyenne à 2,1 points au-dessus de l'indice des prix à la consommation harmonisé et un programme d'investissements de 8,2 milliards d'euros déployé sur huit ans.
"Face à un environnement opérationnel difficile, le groupe a engagé depuis le 2ème trimestre une série de mesures ciblées d'économies de coûts afin de préserver ses perspectives financières, tout en maintenant ses dépenses et investissements stratégiques", précise également l'entreprise dans le communiqué. "Ces mesures généreront un montant estimé entre 40 millions et 60 millions d'euros d'économies de coûts, essentiellement au second semestre 2026", détaille Groupe ADP.
+ Des objectifs revus à la baisse +
Alors que l'entreprise s'attendait jusqu'à présent à des "perturbations de courte durée" avec la guerre au Moyen-Orient, le prolongement du conflit plombe ses ambitions pour l'exercice en cours. "Le conflit au Moyen-Orient se prolongeant au-delà de la durée initialement anticipée, et les tendances de trafic les plus récentes reflétant un environnement plus incertain pour le transport aérien, le groupe met à jour ses hypothèses" pour 2026, indique ainsi Groupe ADP.
Mi-juillet, le gestionnaire aéroportuaire avait déjà révisé à la baisse ses perspectives de trafic pour Paris Aéroport en 2026, avec une croissance attendue de 0,5%, contre une progression de 1,5% à 2,5% auparavant. Groupe ADP évoque ce mercredi une croissance "autour de 0,5%".
Groupe ADP vise par ailleurs désormais un chiffre d'affaires par passager dans son réseau Extime à Paris (CA/Pax Extime Paris), autrement dit en duty free, dans les boutiques ou encore dans les salons, autour de 32 euros en 2026. Il visait jusqu'ici un chiffre supérieur à 32 euros.
Groupe ADP abaisse sa cible d'Ebitda courant, attendu à entre 2,3 et 2,35 milliards d'euros pour l'exercice en cours. L'entreprise visait précédemment un Ebitda courant supérieur à 2,35 milliards d'euros.
Le ratio de dette financière nette sur Ebitda courant est attendu de son côté autour de 3,8x, contre un ratio inférieur ou égal à 3,7x jusque là. A fin juin, la dette financière nette du groupe atteint 9,05 milliards d'euros, soit un ratio d'endettement de 3,9x l'Ebitda courant.
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