(ABC Bourse) - Après le rebond observé en 2025, le marché immobilier ancien montre déjà des signes d’essoufflement. BPCE prévoit un recul des ventes en 2026, dans un contexte marqué par la remontée des taux et une confiance des ménages fragilisée.

Un printemps qui tourne court. Après plusieurs mois de reprise et un regain d’activité observé depuis l’automne 2024, le marché du logement ancien en France perd de son élan. Selon le dernier observatoire présenté par BPCE mardi 2 juin, les ventes commencent à ralentir alors que les conditions économiques se tendent.
Le constat repose sur les données du premier trimestre 2026. Les transactions réalisées en mars ont déjà reculé par rapport à mars 2025, même si elles restent supérieures aux niveaux observés en 2024. Pour la banque, la dynamique favorable enregistrée l’an dernier s’est heurtée à un environnement moins porteur.
Immobilier ancien : les taux d’intérêt remettent la pression sur le marché
BPCE estime que la croissance du marché a connu "un coup d'arrêt" dès la fin de l’année 2025. Ce ralentissement est intervenu avant même que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février, ne pèse sur le moral des ménages et leurs projets immobiliers.
Le conflit pourrait aussi influencer le coût du crédit. BPCE prévoit un taux moyen d’emprunt immobilier à 3,43 % d’ici la fin de l’année, contre 3,22 % à la fin mars et 3,14 % fin 2025.
L’impact du crédit reste décisif sur le marché français. Sur les dix dernières années, 78 % des ventes de logements ont reposé sur un financement bancaire. Bertrand Cartier, économiste du groupe BPCE, rappelle l’effet mécanique de cette hausse des taux : "Une hausse de 1 point de pourcentage des taux d'intérêt s'accompagne d'une baisse de 6 points du taux de recours au crédit".
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À cette pression financière s’ajoutent d’autres signaux moins favorables. BPCE évoque un pouvoir d’achat sous tension et un chômage remonté à 8,1 % à la fin mars.
José Bardaji, directeur des études et prospective du groupe, résume la situation en une formule : "le printemps de l'immobilier résidentiel ancien est désormais derrière nous et le marché va se replier".
BPCE prévoit 890.000 ventes dans l’ancien en 2026
Le groupe bancaire table désormais sur une baisse de 6 % des ventes de logements anciens cette année. Le marché atteindrait 890.000 transactions en 2026, après une forte progression de 13 % en 2025 qui avait porté les ventes à 951.000.
La correction attendue ne concernerait pas vraiment les prix. BPCE prévoit une évolution quasi stable, avec une légère baisse de 0,1 % sur un an.
Le ralentissement devrait toucher une large partie du territoire français, même si les situations locales restent contrastées.
Le marché du neuf ne montre pas davantage de vigueur. Bertrand Cartier le décrit comme "convalescent". Malgré une hausse récente des permis de construire, les promoteurs restent prudents et temporisent avant de lancer de nouvelles opérations.
L’économiste souligne même que "Un certain nombre d'acteurs n'anticipe une sortie de crise qu'à horizon 2028".
Les ventes issues de la promotion immobilière atteindraient 66.000 logements en 2026, contre 65.000 l’an dernier. Le statut du bailleur privé, présenté comme un levier de relance pour l’investissement locatif, pourrait ne produire ses effets qu’à partir de 2027.
Les maisons neuves afficheraient une amélioration plus visible grâce au retour du prêt à taux zéro dans le dispositif d’aide à l’acquisition. BPCE prévoit 70.000 ventes cette année, contre 64.000 en 2025, tout en restant à des niveaux historiquement faibles.
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