
(Actualisation: commentaires de la BOE et d'un économiste, contexte)
(Agefi-Dow Jones)--La Banque d'Angleterre (BOE) a maintenu jeudi le statu quo sur ses taux d'intérêt, comme s'y attendait le marché, alors que la flambée des prix de l'énergie depuis le début du conflit au Moyen-Orient menace de provoquer une nouvelle poussée de l'inflation au Royaume-Uni.
A l'issue de sa réunion de politique monétaire, la BOE a maintenu son taux directeur à 3,75%, soit le niveau auquel elle l'avait abaissé en décembre. Cette décision a été prise à l'unanimité des membres du comité de politique monétaire, a indiqué la banque centrale britannique dans un communiqué.
"La hausse des prix à la consommation sera plus forte à court terme en raison du nouveau choc pour l'économie" provoqué par la guerre au Moyen-Orient, a indiqué la BOE dans son communiqué.
"Le comité de politique monétaire de la BOE est attentif au risque accru de tensions inflationnistes internes par le biais d'effets de second tour sur la fixation des salaires et des prix, risque qui s'accentuera d'autant plus que les prix élevés de l'énergie persisteront", a-t-elle ajouté. "Le comité évalue également les implications pour l'inflation de l'affaiblissement de l'activité économique que la hausse des coûts de l'énergie provoquera probablement", a précisé la BOE.
La banque centrale "se tient prête à agir si nécessaire pour s'assurer que l'inflation reste sur la bonne trajectoire pour atteindre son objectif de 2% à moyen terme", a-t-elle affirmé dans son communiqué.
+ Un "dilemme aigu" +
L'inflation au Royaume-Uni est tombée en janvier à 3% sur un an, contre 3,4% en décembre, mois au cours duquel la hausse des prix à la consommation s'était accélérée pour la première fois depuis juillet 2025.
"Des chocs négatifs sur l'offre sont difficiles à gérer pour les banques centrales car ils font monter l'inflation tout en pesant sur la croissance. Le dilemme est particulièrement aigu pour la BOE actuellement, car la croissance au Royaume-Uni était déjà faible et les anticipations d'inflation moins bien ancrées", soulignait Luke Bartholomew, économiste en chef adjoint chez Aberdeen, en amont de la décision de la BOE. "Nous pensons que la barre est placée très haut pour que la banque centrale se remette à augmenter les taux, mais de nouvelles réductions pourraient être remises à beaucoup plus tard", prévenait-il.
Avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient le 28 février, le marché s'attendait à une réduction de ses taux par la BOE ce mois-ci pour favoriser une reprise de la croissance. La banque centrale britannique avait en effet indiqué, à l'issue de sa réunion du début février, que les risques de persistance d'une inflation élevée avaient diminué, ce qui pourrait la conduire à reprendre son cycle d'assouplissement monétaire.
Mais la guerre au Moyen-Orient a rendu obsolètes les derniers scénarios économiques des banques centrales mondiales et les incite à laisser leur politique monétaire inchangée dans l'immédiat, alors que les répercussions du conflit sur la croissance et l'inflation sont encore difficiles à déterminer.
Mercredi soir, la Réserve fédérale (Fed) américaine a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75% et s'est montrée peu pressée d'assouplir encore sa politique monétaire, compte tenu du risque inflationniste engendré par la flambée des cours du pétrole.
La Banque du Japon, la Banque nationale suisse et la Riksbank, la banque centrale suédoise, ont elles aussi opté pour le statu quo monétaire jeudi.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
