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Actualité publiée le 28/10/26 20:30

La Fed maintient ses taux inchangés malgré une inflation élevée et une croissance forte

bourse Cac 40

(Actualisation: déclarations du président de la Fed, estimation de la croissance du PIB américain au troisième trimestre, réaction de marché.)

La Réserve fédérale (Fed) se fait discrète à quelques jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Après avoir relevé ses taux en septembre pour la première fois en trois ans, la banque centrale américaine a maintenu sa politique inchangée mercredi, malgré une inflation persistante qui aurait pu justifier un nouveau tour de vis.

Conformément aux attentes du marché, la Fed a choisi de conserver son principal taux directeur entre 3,75% et 4%, un niveau considéré légèrement restrictif pour l'économie. Deux membres du comité de politique monétaire (FOMC) se sont toutefois prononcés en faveur d'une hausse de taux d'un quart de points lors de cette réunion.

Dans un bref communiqué accompagnant sa décision, la Fed a noté que l'inflation restait "élevée" outre-Atlantique dans un contexte de "forte" croissance de l'économie, soutenue par une consommation résiliente, des investissements soutenus et des gains de productivité importants. En septembre, la Fed avait simplement qualifié la croissance de "solide".

"La croissance économique s'est renforcée" cet été, a déclaré le président de l'institution Kevin Warsh lors d'une conférence de presse. Elle devrait dépasser les 3% au troisième trimestre, a ajouté le dirigeant à la veille de la publication des chiffres du PIB américain.

Dans cette situation, la priorité de la Fed reste la stabilisation des prix, a souligné Kevin Warsh, laissant entendre que la décision de cette semaine ne signifiait pas que l'institution baisserait la garde face à l'inflation.

Concernant les prochaines réunions de la Fed, le banquier central n'a pas donné d'indications sur la probabilité de nouvelles hausses de taux. Il a toutefois annoncé une innovation dans le fonctionnement de la Fed, qui ne prendra plus que sept décisions de politique monétaire l'année prochaine et six en 2028, au lieu de huit par an jusqu'à présent. Les réunions qui ne déboucheront pas sur une décision sur les taux seront consacrées à la stratégie de la Fed en matière de politique monétaire, a-t-il précisé.

En fin de séance, Wall Street limitait ses gains et oscillait autour de l'équilibre après la conférence de presse de Kevin Warsh.

+Stratégie des petits pas+

A moins d'une semaine des élections aux Etats-Unis, la Fed avait peu d'intérêt à s'immiscer dans le calendrier politique, même si elle assure prendre ses décisions uniquement en fonction de l'inflation et de l'emploi. Pour les analystes de Pictet Wealth Management, un relèvement cette semaine aurait eu le double inconvénient de prendre les marchés par surprise et de "mettre à rude épreuve les relations avec Donald Trump".

Pourtant, les facteurs qui avaient poussé la Fed à durcir sa politique face à l'inflation en septembre n'ont pas disparu : la flambée du pétrole et les tarifs douaniers continuent à tirer les prix vers le haut, tandis que le boom de l'IA crée une forte demande pour de nombreux composants. L'indice des prix à la consommation (CPI) a d'ailleurs quelque peu accéléré en septembre et s'inscrit en hausse de 3,7% sur 12 mois. Même en excluant les prix de l'énergie et de l'alimentation, l'inflation se maintient à 2,6%, alors que la Fed cherche à la ramener à 2%.

Cela fait maintenant plus d'un an que la banque centrale attend en vain des progrès sur le front de l'inflation. Mais elle ne semble pas disposée pour autant à relever fortement ses taux. Selon les dernières projections publiées en septembre, ses membres envisagent une hausse d'un quart de point d'ici à la fin de l'année, suivie d'une stabilité ou d'un seul relèvement l'année prochaine.

En restant l'arme au pied cette semaine, la Fed accrédite l'idée que quelques ajustements ponctuels suffiront à stabiliser les prix. "Les signes de surchauffe de l'économie américaine et d'élargissement des pressions inflationnistes demeurent relativement limités", commente Lucas Meric, stratégiste chez Indosuez Wealth Management. "Le reflux de certaines pressions temporaires, notamment celles liées aux tarifs douaniers et à l'IA, pourrait conduire à une trajectoire d'inflation plus rassurante pour la Fed au cours de 2027", ajoute-t-il.

Plusieurs raisons peuvent dissuader la Fed de se montrer trop restrictive. Si l'économie américaine se porte bien en termes de croissance et de consommation, le marché du travail donne des signes de ralentissement, avec seulement 42.000 créations d'emplois en septembre et une légère remontée du chômage à 4,2%.

Par ailleurs, la remontée des taux d'emprunt sur les marchés depuis cet été signifie que les conditions financières sont déjà nettement moins accommodantes : "La hausse des taux devrait exposer la croissance à un vent contraire plus fort au cours des prochains trimestres et au-delà, ce qui devrait atténuer le risque d'une persistance de l'inflation", pointe l'économiste du fonds obligataire PIMCO Tiffany Wilding dans une note parue cette semaine.

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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