(ABC Bourse) - Derrière les chiffres bruts publiés par l’Insee, une réalité saisissante : les inégalités de patrimoine continuent de se creuser. Le Top 1 % voit son patrimoine grimper de plus d’un million d’euros en trois ans.

Le fossé patrimonial s’élargit à nouveau. D’après les dernières données dévoilées mardi par l’Insee, début 2024, les 5 % les plus riches concentrent à eux seuls 34 % du patrimoine brut en France. Un chiffre qui résume à lui seul la dynamique à l’œuvre : la richesse s’accumule, mais pas pour tout le monde.
La moitié des ménages les mieux dotés détient 93 % de l’ensemble du patrimoine. À l’opposé, les 50 % restants doivent se contenter des 7 % qui subsistent. Dans ce contexte, le débat sur la fiscalité des plus aisés, en cours au Parlement, trouve un écho particulier.
Un seuil de 3 millions d’euros pour intégrer le Top 1 %
Début 2024, pour faire partie du club très fermé des 1 % les plus fortunés, il fallait posséder au moins 3,02 millions d’euros de patrimoine brut, soit un million de plus qu’en 2021. Le seuil du Top 5 % s’élève à 1,26 million d’euros, celui du Top 10 % à 857.700 euros, tandis que le patrimoine médian atteint 205.000 euros.
Dans cette photographie détaillée de la richesse, les écarts se révèlent vertigineux. Les 30 % les moins bien lotis possèdent moins de 40.000 euros, et les 10 % les plus modestes disposent de moins de 6.200 euros.
Les chiffres sont clairs, et l’Insee le confirme : "Les inégalités de patrimoine sont en légère hausse depuis 2015".
L’immobilier et les biens professionnels en ligne de mire
L’essentiel du patrimoine brut des Français est constitué d’immobilier (61 %) et de produits financiers (22 %). Une combinaison qui favorise naturellement les plus aisés, mieux armés pour profiter de la hausse des prix de l’immobilier et des marchés.
Pour les plus modestes, la situation est bien différente. Le patrimoine se résume souvent à des comptes courants, des livrets d’épargne et quelques biens matériels. L’Insee observe que "deux sur trois détiennent un Livret A, contre quatre sur cinq pour l'ensemble des ménages".
L’inflation généralisée a toutefois permis à toutes les tranches de revenus d’augmenter leur patrimoine en valeur nominale. "Tous les déciles ont vu le montant de leur patrimoine augmenter en euros courants en lien avec la forte inflation", explique Aurélie Goin, cheffe de la division logement et patrimoine de l’Insee.
Le patrimoine professionnel, une richesse ultra-concentrée
C’est l’un des angles morts les plus révélateurs : les biens professionnels sont à l’origine des plus grandes disparités. "Le patrimoine professionnel est la composante la plus inégalement répartie", souligne l’Insee.
Chez les 1 % les plus aisés, ces actifs représentent 36 % du patrimoine total. Mieux encore, "les 5 % des ménages les mieux dotés en patrimoine professionnel possèdent 95 % de la masse totale de ce type de patrimoine".
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Ce déséquilibre se retrouve également chez certains profils professionnels : agriculteurs en activité, indépendants, commerçants, artisans ou professions libérales dont l’outil de travail constitue la richesse principale.
Enfin, le patrimoine croît logiquement avec l’âge. C’est aux alentours de 60 ans qu’il atteint son pic, avant de se stabiliser puis de décroître à partir de 75 ans, quand les dépenses liées à la vieillesse s’accumulent.
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