
Les rendements obligataires évoluent en ordre dispersé mardi, alors que les cours du pétrole se replient sous l'effet d'un regain d'espoir vis-à-vis des négociations de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.
Vers 12h05, le rendement du Bund allemand à dix ans progressait de 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,16%. Celui de l'OAT française à dix ans cédait un 1 point de base, à 3,79%. De son côté, le taux italien à 10 ans perdait 2 points de base, à 3,91%.
Le rendement de l'obligation du Trésor américain à dix ans grimpe de son côté de près de 2 points de base, à 4,61%.
Donald Trump a affirmé lundi soir que des "négociations sérieuses" étaient en cours avec l'Iran et avaient conduit au report d'une attaque prévue mardi contre le pays. Cependant, les Etats-Unis se tiennent prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'est pas trouvé", a prévenu le président américain sur Truth Social.
Dans ce contexte, les cours du pétrole repartent à la baisse. Le contrat à terme pour livraison en juillet sur le brent cède 2,1%, à 109,76 dollars.
Le repli de l'or noir amoindrit les risques de retour d'une inflation durable qui pousserait les grandes banques centrales à adopter des politiques monétaires plus restrictives. "Les taux ont été étroitement corrélés aux prix du pétrole. Plus les prix du pétrole restent élevés longtemps, plus le risque d'effets de second tour [quand l'augmentation initiale des prix entraîne une augmentation des salaires et des tarifs des entreprises, ndlr] augmente. C'est précisément ce scénario que les banques centrales cherchent à éviter, et leur communication est restée assez "hawkish" [restrictive, ndlr] depuis le début de la guerre", résume dans une note mardi Raphael Olszyna-Marzys, économiste international pour la banque privée suisse J. Safra Sarasin.
"Nous continuons de penser qu'il est dans l'intérêt mutuel des deux parties de rouvrir le détroit [d'Ormuz, ndlr]. Nous anticipons également que les parties parviendront à une forme d'accord dans les prochaines semaines", ajoute l'expert. "Nous continuons donc de prévoir des prix du pétrole compris entre 80 et 90 dollars le baril d'ici la fin de l'année. Les anticipations de marché concernant les hausses de taux nous paraissent excessives, notamment avec trois hausses actuellement intégrées dans les prix pour la BCE [Banque centrale européenne, ndlr] d'ici la fin de l'année. Par conséquent, nous anticipons un certain repli des rendements obligataires une fois les prix de l'énergie en baisse. Cette détente devrait probablement intervenir à la suite d'une forme d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran", précise encore Raphael Olszyna-Marzys.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
