
Les rendements obligataires évoluent en ordre dispersé vendredi matin dans la zone euro, après le statu quo de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) sur leurs taux cette semaine.
Vers 10h30, le taux du Bund allemand à dix ans cédait 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 3,35%. Le rendement de l'OAT française à dix ans progressait en revanche de 3 points de base, à 4,94%, tandis que celui de son homologue italien gagnait 1 point de base, à 4,49%.
"Cette évolution traduit une inquiétude croissante concernant les finances publiques françaises, mais également une interrogation sur la capacité des Etats les plus endettés à supporter durablement des coûts de financement élevés", commente John Plassard, responsable des investissements chez Cité Gestion.
Cette divergence de trajectoire accentue l'écart de rendement ("spread") à dix ans entre la France et l'Allemagne. Le spread OAT-Bund se tend ainsi d'environ 4 points de base, pour s'établir à 159 points de base. Ce niveau reste proche de ses plus hauts historiques de l'année.
Aux Etats-Unis, le taux du titre du Trésor à dix ans était quasi stable, à 4,94%, après avoir reculé jusqu'à 4,90% en séance jeudi.
Le regain d'appétit pour la dette américaine observé jeudi s'explique par l'inquiétude des investisseurs au sujet de la rentabilité des dépenses massives dans l'intelligence artificielle (IA), explique John Plassard.
"Cette défiance accélère la rotation sectorielle et pousse les investisseurs vers les valeurs refuges, notamment les obligations souveraines américaines", souligne l'expert.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
