
Les rendements obligataires poursuivent leur progression mardi matin, soutenus par les anticipations de hausses des taux des grandes banques centrales alors que le remontée des prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes.
Vers 9h55, le rendement du Bund allemand à dix ans prenait 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 3,36%. Le Bund allemand évolue à des plus hauts depuis depuis 2011, selon les données de les données de LSEG citées par Dow Jones Newswires.
Le taux de l'OAT française de même échéance montait de 3 points de base, à 4,21%, un niveau inédit depuis 2008. Le taux italien à 10 ans progressait également de 3 points de base, à 4,19%. Aux Etats-Unis, le taux du bon du Trésor à 10 ans gagnait, lui aussi, 3 points de base, à 4,79%.
"Le marché monétaire considère désormais une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) en septembre comme plus probable qu'improbable, ce qui modifie sensiblement le régime de marché après des mois durant lesquels la question portait surtout sur le calendrier des baisses", commente John Plassard, directeur des investissements de Cité Gestion.
En Europe, "le pétrole plus cher, la perspective d'une Fed à nouveau restrictive et les anticipations de hausse [des taux, ndlr] de la Banque centrale européenne (BCE) expliquent cette pression généralisée", ajoute-t-il.
Pour Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM ces hausses reflètent une série de facteurs.
"En premier lieu, il est évident que l'incertitude sur la trajectoire des politiques budgétaires et monétaires joue un rôle important. Les déséquilibres budgétaires, déjà entamés par les crises majeures que nous avons vécues ces dernières années (financière et Covid), et aujourd'hui par de fortes pressions sur les sujets de sécurité ou d'interventionnisme croissant, ne peuvent qu'inquiéter les investisseurs", explique l'expert.
"Du côté des banques centrales, la persistance de niveaux d'inflation élevés, même s'ils sont essentiellement dus au choc énergétique dû à la guerre en Iran, crée des pressions haussières sur les taux directeurs", précise Sebastian Paris Horvitz.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
