
Les taux longs sont en nette augmentation mercredi matin dans la zone euro après de nouveaux échanges de tirs entre les Etats-Unis et l'Iran.
Vers 10h35, le rendement du Bund allemand à dix ans prenait 3 points de base (0,03 point de pourcentage), à 3,01%, tandis que celui de l'OAT française de même échéance gagnait 5 points de base, à 3,64%. De son côté, le taux italien à dix ans montait de 4 points de base, à 3,74%.
La même tendance s'observe de l'autre côté de l'Atlantique. Le taux de l'obligation à 10 ans du Trésor américain gonflait de 4 points de base, à 4,49%, tandis que celui du titre à 2 ans grapillait 3 points de base, à 4,08%.
L'Iran a tiré dans la nuit de mardi à mercredi des missiles balistiques sur des bases américaines à Bahreïn et au Koweït, tandis que les Etats-Unis ont attaqué un poste de contrôle militaire et tiré sur un pétrolier vide qui, selon eux, tentait de forcer leur blocus. "L'Iran a tiré plusieurs missiles balistiques vers des pays voisins, mais ils ont tous raté leur cible", a écrit mercredi sur X le Commandement central américain. "Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les forces de défense aérienne américaines et bahreïniennes", a-t-il ajouté.
Avant cette nouvelle escalade, les taux étaient déjà à de hauts niveaux. "Les marchés obligataires souverains ont subi une nouvelle vague de tensions en mai, les rendements atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis le début de l'année", soulignent ainsi les stratégistes de Mirabaud dans leur note mensuelle de juin publiée mercredi. "Sur la partie courte de la courbe, la hausse reflète le virage restrictif des banques centrales. Aux Etats-Unis, certains membres du FOMC [le Comité de politique monétaire de la Réserve fédérale, ndlr] envisagent désormais une hausse des taux. En zone euro, les marchés intègrent une probabilité de 85% pour une hausse de 25 points de base en juin", précisent-ils.
"La hausse des taux longs s'explique davantage par une augmentation de la prime à terme et des taux d'intérêt réels. (...) Structurellement, le monde est passé d'une globalisation déflationniste à une fragmentation inflationniste où les rendements obligataires seront structurellement plus élevés", jugent les experts de Mirabaud.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
