
(ABC Bourse) - En avril 2026, les stations-service françaises ont vu leur fréquentation chuter brutalement, sur fond de prix du carburant toujours élevés. Selon les données du Comité professionnel du pétrole, les ventes de carburants ont nettement reculé sur une partie du mois.
Entre le 10 et le 20 avril, la consommation de supercarburants a plongé de 14,5% par rapport à la même période en 2025, tandis que celle du gazole a encore plus fortement décroché, avec une baisse de 18,5%. Une tendance directement liée à la flambée des prix, qui pousse les Français à modifier leurs habitudes de déplacement.
Des prix encore jugés trop élevés malgré un léger recul
La pression sur le budget des automobilistes reste forte, malgré une légère accalmie récente. Les prix ont certes reculé d’environ 16 centimes en deux semaines, après un pic atteint autour du 8 avril, mais cela ne suffit pas à relancer la consommation.
Francis Pousse, président national des distributeurs de carburants chez Mobilians, résume la situation : "Même si les prix ont baissé de 16 centimes depuis deux semaines, ils restent trop chers et inacceptables pour le consommateur. Les gens font des choix - covoiturage, train - et roulent moins".
Ce changement de comportement se traduit concrètement sur le terrain. Moins de trajets en voiture, recours accru aux alternatives comme le train ou le covoiturage, et une attention accrue portée à chaque plein.
Une baisse à relativiser sur l’ensemble du mois d’avril
Si la chute est spectaculaire sur une dizaine de jours, elle apparaît plus modérée à l’échelle du mois. Sur les vingt premiers jours d’avril, la consommation de supercarburants ne recule que de 2,4% par rapport à l’an dernier, tandis que celle du gazole diminue de 13,9%.
Ce décalage s’explique en partie par le comportement des Français en mars. Face à l’annonce de hausses à venir, beaucoup avaient anticipé en faisant des réserves, ce qui avait fait bondir la consommation de supercarburants de 8,3% sur cette période.
En parallèle, les tensions internationales continuent de peser lourdement sur les cours du pétrole. Le Brent évolue au-dessus des 111 dollars, alimenté par les incertitudes autour du détroit d'Ormuz et le conflit opposant les États-Unis à l’Iran.
Dans ce contexte, certaines voix s’inquiètent d’un scénario plus critique. Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a évoqué le risque d’entrer "dans une ère de pénurie énergétique" si la situation perdure.
Une déclaration qui n’a pas manqué de faire réagir le gouvernement. Le ministre de l’Économie a répondu : "Je pense qu'il n'est plus tout à fait dans son rôle quand il inquiète avec la menace d'éventuelles pénuries", tout en assurant que l’exécutif "se prépare à tout".
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