
(ABC Bourse) - Ce mercredi 2 septembre 2026, le géant français du luxe, LVMH, perd 1,5 % en Bourse et glisse à 439 euros, son niveau le plus faible depuis novembre 2020. Le regain des affrontements entre les États-Unis et l’Iran frappe les valeurs cycliques, tandis que la demande reste poussive en Chine.
Le coup de froid dépasse largement le seul cas de LVMH. Distribution, automobile, construction et matériaux subissent aussi la nervosité des marchés. Dans le luxe, les mesures de relance chinoises n’ont pas suffi à réveiller les achats, sur le marché intérieur comme à l’étranger.
LVMH chute en Bourse, mais JP Morgan surveille un signal bien précis
La faiblesse de la confiance des consommateurs pourrait paradoxalement devenir l’un des arguments en faveur du secteur. Les stratégistes de JP Morgan observent qu’une confiance particulièrement dégradée a déjà précédé des périodes plus favorables pour les groupes de consommation.
"Il est intéressant de noter que lorsque la confiance des consommateurs atteint des niveaux très bas, comme c'est le cas récemment, les groupes de consommation ont tendance à surperformer au cours des 12 mois suivants", expliquent les stratégistes de JP Morgan cités par Bloomberg.
Le luxe figure parmi les secteurs qui résistent historiquement le mieux dans ce type de configuration. "Dans l'ensemble, les valeurs cycliques de consommation restent dans la tourmente, entre avertissements sur résultats et prévisions prudentes, mais elles pourraient afficher de meilleures performances à l'avenir", précisent-ils.
Les précédents observés autour de l’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan donnent du poids à cette hypothèse. Après un point bas de cet indicateur, le secteur européen du luxe a surperformé le marché global de 9 % à 12 % en moyenne. JP Morgan recommande donc une surpondération du secteur à l’échelle mondiale.
LVMH affiche une décote de 25 %, mais la demande de luxe ralentit encore
Les données les plus récentes ne dessinent pourtant pas un redressement uniforme. Bank of America constate au contraire une nouvelle perte de vitesse du marché mondial au début du troisième trimestre.
"Les données sectorielles que nous suivons indiquent, sur une base de moyenne pondérée par région, un ralentissement de trois points de pourcentage du marché mondial du luxe au troisième trimestre 2026 (à ce jour) par rapport au deuxième trimestre ; et ce, sans même inclure le mois de septembre, qui constitue la base de comparaison la plus difficile", soulignent les analystes de Bank of America.
Le ralentissement se concentre surtout aux États-Unis, au Japon, en Corée et à Macao, quatre marchés qui figuraient encore parmi les plus vigoureux au deuxième trimestre. Le tourisme au sein de l’Union européenne résiste mieux. Bank of America conserve malgré cette évolution une recommandation à l’achat sur LVMH, Hermès International et Richemont, en anticipant une reprise progressive plutôt qu’un redémarrage régulier de la demande.
Les valorisations ont déjà largement intégré cette période difficile. Le secteur du luxe est revenu près de sa moyenne des dix dernières années, autour de 25 fois les bénéfices prévisionnels. Derrière cette moyenne, les écarts entre groupes sont devenus particulièrement prononcés.
LVMH en fournit l’exemple le plus frappant. Le groupe affiche désormais une décote de 25 % par rapport à ses concurrents, soit son écart de valorisation le plus important observé depuis dix ans. À 439 euros et au plus bas depuis novembre 2020, le numéro un mondial du luxe fait désormais partie des valeurs les moins chères de son industrie.
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