
(Actualisation: commentaires d'analystes, citation de la directrice financière)
Si le numéro un mondial du luxe LVMH (propriétaire de L'Agefi) a annoncé lundi soir des résultats semestriels légèrement supérieurs aux attentes, l'amélioration de la performance de sa principale division, "mode & maroquinerie", est jugée encore insuffisante par certains analystes.
Vers 16h05, l'action LVMH perd 0,2% à 465,90 euros après un début de séance en hausse.
Au premier semestre, le résultat opérationnel courant du groupe de luxe a reculé de 4% à 8,7 milliards d'euros, pénalisé par un important impact négatif des changes de 686 millions d'euros. LVMH a enregistré en revanche une marge opérationnelle courante pratiquement inchangée de 22,5% (22,6% un an plus tôt) grâce à "une maîtrise impressionnante des coûts dans toutes les divisions", indique UBS. Le consensus Visible Alpha s'élevait à 21,8%.
Le chiffre d'affaires du groupe a atteint 38,6 milliards d'euros, en croissance interne de 2% sur un an grâce à une accélération au deuxième trimestre. Elle s'est élevée à 3% sur cette période et a même atteint 4%, hors impact du conflit au Moyen-Orient.
La croissance a en particulier été soutenue par la division montres & joaillerie, dont l'activité a bondi de 11% en organique au deuxième trimestre. La joaillerie confirme son statut de catégorie reine dans un marché du luxe, qui est soutenu principalement par la demande de la clientèle ultra-riche. Dévoilés le 15 juillet, les résultats trimestriels de Richemont, propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels, l'ont démontré une nouvelle fois.
+ La mode & maroquinerie renoue avec la croissance +
Lors de la publication de LVMH, tous les yeux des investisseurs étaient tournés vers le vaisseau amiral du groupe, la "mode & maroquinerie", principal pourvoyeur de profits du numéro un mondial du luxe.
Cette division a retrouvé le chemin de la croissance après sept trimestres consécutifs de repli, soutenue par son dynamisme aux Etats-Unis où le secteur du luxe bénéficie d'importants effets de richesse liés à la hausse de Wall Street. Ses ventes ont progressé de 1% sur un an en organique au deuxième trimestre après un repli de 2% au premier trimestre. Les analystes interrogés par Visible Alpha anticipaient cependant en moyenne une croissance plus élevée à 2% entre avril et juin.
La "mode & maroquinerie" a toutefois vu son résultat opérationnel courant reculer de 7% à 6,2 milliards d'euros au premier semestre, mais ce repli trouve son explication dans l'impact négatif des changes.
"Le message que je répète souvent, c'est à savoir que pour le groupe, dès que nous atteindrons une croissance de 3% à 4%, nous commencerons à bénéficier d'un effet de levier opérationnel. Il est donc vrai qu'au premier semestre, nous y sommes parvenus avec un taux inférieur, grâce à un effort supplémentaire en matière de rigueur et de maîtrise des coûts. C'est un excellent résultat, mais cela n'en fait pas une règle", a déclaré la directrice financière de LVMH, Cécile Cabanis, lors de la conférence téléphonique avec les analystes.
Soulignant que le contexte n'était pas si défavorable pour le secteur du luxe étant donné notamment la croissance de Richemont et Zegna, JPMorgan juge que cette publication laisse ouvert le débat sur le retour à une croissance plus satisfaisante pour cette division. Oddo BHF est pour sa part plus optimiste: "La division "mode & maroquinerie" est en mesure de retrouver une croissance annuelle moyenne au-dessus des 5% et dispose du potentiel de levier opérationnel pour viser une croissance de l'Ebit proche des 10%", explique l'analyste.
+ LVMH affiche sa confiance dans ses perspectives +
"Malgré un contexte géopolitique et économique encore incertain, le groupe reste confiant et maintiendra une stratégie centrée sur le renforcement continu de la désirabilité de ses marques", a indiqué LVMH à propos de ses perspectives 2026. Le groupe maintiendra "la plus grande attention à la maîtrise des marges", a par ailleurs déclaré le PDG, Bernard Arnault, cité dans un communiqué.
Pour les analystes de RBC Capital, cette publication est rassurante. "Toutefois, des questions demeurent quant à l'atteinte des prévisions du consensus pour le second semestre 2026, compte tenu d'une base de comparaison de plus en plus difficile (ce qui implique une accélération sous-jacente)", ajoutent-ils.
Ces résultats confirment "notre analyse selon laquelle l'exposition par catégorie continue d'entraîner une forte polarisation: le 'hard luxury' [joaillerie et montres, ndlr] et le prêt-à-porter très haut de gamme (Loro Piana a été citée pour ses performances supérieures à la moyenne) continuent de bénéficier de tendances favorables chez les consommateurs de produits de luxe, tandis que le 'soft luxury' est encore en train de digérer certains excès passés (en matière de prix, de positionnement et de croissance des volumes)", explique JPMorgan.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
