
(ABC Bourse) - En 2024, Lydia faisait déjà un pari audacieux en lançant Sumeria, sa propre banque en ligne. Moins d’un an plus tard, l’ambition monte d’un cran : le cofondateur Cyril Chiche annonce une introduction en Bourse dans un horizon de cinq ans, accompagnée d’un développement à l’international et d’un objectif de croissance fulgurante. L’annonce a été faite ce 2 avril, lors d’une conférence organisée par Syrtals Cards, où Lydia a esquissé une feuille de route claire et ambitieuse.
Lancée en 2013 comme une simple application de paiement entre amis, Lydia Solutions veut désormais jouer dans la cour des grands de la fintech européenne. Avec 235 millions d’euros levés, un statut de licorne obtenu dès 2021 et une présence renforcée à Paris, Nantes, Bordeaux et Lyon, l’entreprise française veut faire de Sumeria une véritable alternative bancaire. Objectif : cinq millions de clients en trois ans, avec un agrément bancaire complet et une équipe largement renforcée.
Une stratégie de croissance massive et une IPO à l’horizon
L’introduction en Bourse ne sort pas de nulle part : Lydia y pense depuis longtemps. Ce qui change, c’est la structuration accélérée de son offre autour de Sumeria, pensée comme un acteur bancaire à part entière, et non comme un simple complément de paiement.
« On a tout ça sur la carte : lancement à l'international de Lydia, obtention d'un agrément d'établissement de crédit pour Sumeria (espéré avant la fin de cette année), et IPO, tout ça étant dans cet horizon de cinq ans », a précisé Cyril Chiche lors de son intervention.
Ce calendrier inclut donc trois piliers :
- L’obtention du statut d’établissement de crédit pour Sumeria d’ici fin 2025,
- Le déploiement international, en priorité vers l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne et l’Italie,
- L’introduction en Bourse, qui viendrait couronner cette phase de transformation.
La dernière levée de fonds, en 2021, avait déjà permis à Lydia de franchir le cap symbolique du milliard de dollars de valorisation. À l’époque, l’entreprise évoquait le recrutement de près de 800 nouveaux collaborateurs dans les trois années à venir. Aujourd’hui, selon son site, 250 salariés travaillent déjà sur les quatre sites de l’entreprise en France.
Pourquoi Lydia veut accélérer avec Sumeria
Le lancement de Sumeria en mai 2024 a marqué une rupture. Fini le simple paiement instantané entre amis, place à une banque 100 % mobile, avec une offre pensée pour concurrencer les géants du secteur.
Lydia annonçait alors un plan d’investissement de 100 millions d’euros sur trois ans, avec 400 recrutements prévus et l’objectif de convertir des millions d’utilisateurs de l’appli de paiement en clients bancaires actifs.
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Mais pour Lydia, cette accélération passe d’abord par la crédibilité d’une infrastructure bancaire solide. C’est pourquoi l’agrément d’établissement de crédit est perçu comme une étape cruciale. Il permettra à Sumeria de proposer du crédit, des produits d’épargne, et d’aller chercher les parts de marché jusque-là réservées aux banques traditionnelles.
Une ambition claire : devenir un leader bancaire européen
Si tout se déroule comme prévu, Lydia et sa banque Sumeria pourraient changer de dimension. Avec ses racines françaises et une marque déjà familière pour plus de cinq millions d’utilisateurs, la fintech espère capitaliser sur une image de proximité et de modernité.
L’entrée en Bourse, loin d’être une fin en soi, s’inscrit dans un projet global : devenir l’un des acteurs les plus puissants du secteur bancaire numérique européen.
Ce rêve, Lydia semble plus que jamais prête à le transformer en réalité.
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